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Séminaire Techniques du cinéma, politiques par le cinéma ? Deuxième année

Lundi, 10 janvier décembre 2011, de 15h à 18h

Pour cette deuxième séance, animé par Adolfo Vera et Roman Dominguez, nous aurons la participation de Martine Bubb, docteur en philosophie de l’Université Paris 8 et chercheuse rattachée à la MSH Paris Nord et à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Nantes, ainsi que la projection-débat du film Le Chaos créatif, 1er round (2008), en présence du réalisateur franco-libanais Hassan Zbib.

Voici les résumés de ces deux interventions : Camera obscura et cinéma, de la spectralité Martine Bubb, MSH Paris-Nord, Chercheuse invitée à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Nantes

Si la camera obscura est souvent perçue comme un objet technique appartenant à la préhistoire de la photographie et du cinéma, elle n’est pourtant pas réductible à la logique de ces appareils, même si des liens très forts peuvent exister, en particulier sur le rapport à la fantasmagorie. Le cinéma, grâce au montage, permet d’articuler des temporalités diverses, hétérogènes, alors que l’expérience propre à la camera obscura est celle d’une durée continue, sans coupure, puisque la déliaison entre captation et projection n’a pas lieu. Il faudrait ici distinguer cinéma et salle de cinéma, celle-ci induisant un absorbement très proche de celui qu’on éprouve dans une chambre noire où l’on est comme happé, hypnotisé par l’image mouvante et colorée qui nous emporte dans le flux d’un éternel présent. On relèvera que la camera obscura s’expose de façon littérale dans certains films (par exemple dans Une question de vie et de mort, 1946, de Michaël Powell et Emeric Pressburger), le phénomène physique- optique étant représenté – ce qui montre la puissance de l’appareil cinématographique à intégrer et réinterpréter les appareils antérieurs selon des modalités toujours diverses. La projection lumineuse renversée est donnée à voir, mais cette présence est loin d’être anecdotique, dans le sens où elle trouve un écho parmi les problématiques plus générales du film, sur la disparition, les états intermédiaires et le passage d’un univers « réel » à un autre, plus obscur, imaginé comme celui qui nous attend après la mort... Pour comprendre ce rapport camera obscura et cinéma, on reviendra sur le film Je t’aime je t’aime (1968) d’Alain Resnais, qui, même s’il ne montre pas de camera obscura à proprement parler, concentre de nombreuses questions propres à ces deux appareils (en particulier par sa construction déchronologique qui accorde toute sa place au montage, ce qui en fait un film très « cinématographique », exposant sa technique), tout en reposant sur une temporalité éclatée, typique de la cure psychanalytique. La camera obscura s’avère être ici un modèle d’analyse filmique pertinent, dans la mesure où elle implique une définition du temps et du sujet (non-sujet ?) qui correspond particulièrement bien au cinéma d’Alain Resnais et à ce film précisément, qu’elle travaillerait de façon à la fois explicite, par la présence de la sphère, et plus souterraine, en le « contaminant » à travers les notions d’absorbement, de fantasme, de spectralité.... A partir de cette question essentielle de la spectralité, qui concerne autant la camera obscura que le cinéma, on s’aperçoit comment certaines « techniques du cinéma » font politique, le film Je t’aime je t’aime renvoyant aussi à notre époque lazaréenne, marquée par le phénomène de la disparition (J.L Déotte, A. Brossat). Ce nouveau régime de l’art, disparitionniste, et non plus esthétique au sens de J. Rancière, révèle qu’il y a de l’irréductible : des spectres qui n’en finissent pas de hanter l’histoire. Et Alain Resnais a su diagnostiquer, mieux sans doute qu’aucun autre cinéaste, l’époque, « l’air du temps » de ce monde moderne hanté par le souvenir des camps et peuplé d’individus rescapés condamnés à l’errance.

Le Chaos créatif, 1er round d’Hassan Zbib Documentaire franco-libanais en couleur, 2008 Durée : 1 h 06 Au lendemain de l’arrêt de la guerre au Liban en juillet 2006, le réalisateur qui vit à Paris, retourne dans son village natal au sud du Liban où il retrouve sa mère et les habitants du village, à moitié détruit. Le film est un carnet de route au cours duquel il restitue les témoignages sur la destruction, la reconstruction, la survie, les cycles de la vie, le destin, la religion et la récolte des olives. En somme, une plongée dans une communauté blessée mais bien vivante, celle de sa propre famille.

Bio-Filmographie d’Hassan Zbib

1 – REALISATION 2008 : "LE CHAOS CREATIF", documentaire, 66mn, sélectionné aux festivals « Documentaire Sur Grand Ecran » (Paris), Amiens, « Documenta Madrid », Galway (Irlande) et « IranDocFest », parmi d’autres. 2005 : "MON AMI IMAD", fiction de 12 mn, sélectionné aux festivals de Pantin ‘coté court’ et au festival d’Oberhausen 1999-2000 : "COMMENT T’EXPLIQUER, MERE ?", fiction de 18mn, en 35mm, produit par Olivier Delahaye, sélectionné aux festivals : Clermont Ferrand, Angers, Vue sur les Docs à Marseille, Rotterdam, Tétouan, Texas. Primé par le CNC (Prime à la qualité) 1995 : "SPECIAL LIBAN", reportage de 18mn, diffusé sur M6 dans Culture Pub 1994 : "IN GOD WE TRUST", obtention d’une aide pour un projet de film documentaire. SCAM 1992 : "CHADJARIAN, MAITRE DE LA MUSIQUE PERSANE" concert à l’Olympia 1991 : "LA ROUTE DE DAMAS", obtention d’une aide à l’écriture et au développement pour ce film.

Diplômé (Maîtrise) en Etudes d’Art Dramatique de l’Université Libanaise, Faculté des Beaux-Arts, je suis venu à Paris en 1987 où j’ai accompli un cycle d’études audiovisuelles polyvalentes d’une période de 2 ans au sein de l’ESEC (Ecole Supérieure d’Etudes Cinématographiques) ainsi qu’un stage de théâtre et d’expression corporelle d’une durée de 6 mois à l’atelier de Jacques LeCoq. J’ai exercé depuis 1988, date à laquelle j’ai commencé mes études, le métier de JRI (Journaliste Reporter d’Images, pour le compte de TF1, La 5, CBS, NHK, VISNEWS. (Free lance), journaliste radio, (RFI, RMC Moyen Orient et Radio Orient, ainsi que le métier de traducteur et adaptateur d’œuvres audiovisuelles (sous-titrage de films français en anglais et vice versa) J’ai également participé, en temps qu’assistant à la production, régisseur général et assistant réalisateur à l’élaboration et la réalisation de nombreux projets audiovisuels (documentaires, reportages télé, courts et longs métrages cinéma). un projet de film documentaire. CNC (Centre National de la Cinématographie) 1990 : "LABYRINTHE", vidéogramme, 8mn. (réalisation et cadrage image) 1986 : "ASHOURA", documentaire vidéo, 52 mn diffusé sur la TSR (Télévision Suisse Romande).

2 - ASSISTANT A LA REALISATION ET A LA PRODUCTION 1994 : "LIBAN, BOUT A BOUT", documentaire de création de Olga Nakkas, 52mn, 16mm, diffusé sur France 3, Planète câble, Télévision australienne (directeur de production et assistant réalisateur) 1992 : "LA GUERRE DU GOLFE ET APRES", série de 5 courts métrages, diffusé sur Channel Four 1991 : "LE COMPLOT", téléfilm américain de Niels Hollander, tourné à Paris 1990 : "HORS LA VIE", long métrage fiction de Maroun Bagdadi, primé au festival de Cannes, 1989 : "MESSAGES DE TEMPS D’EXIL", documentaire de création de Borhane Alaouié, 52mn, 16mm, tourné à Paris et Bruxelles. Diffusé sur la RTBF (assistant à la réalisation) 1985 : "MESSAGES DE TEMPS DE GUERRE", documentaire de création de Borhane Alaouié, 52mn, 16mm, tourné à Beyrouth. Diffusé sur la RTBF (assistant à la réalisation 1984 : "GAZL-EL-BANAT", long métrage fiction de Jocelyne Saab, tourné au Liban, 1982 : "LE FAUSSAIRE", long métrage fiction de Volker Schlöndorff, tourné au Liban et en Allemagne, sélectionné à Cannes, distribution mondiale (stagiaire à la régie)

Vos propositions de participation seront les bienvenues Les séances se tiendront à la MSH Paris Nord. www.mshparisnord.org

Calendrier des séances (lundis de 15h à 18h) 10 janvier 2011, salle B 31 janvier 2011, salle B

Pour des renseignements supplémentaires roman.dominguez club-internet.fr adolfovera27 gmail.com Pour se rendre à la MSH Paris Nord 4 rue de la Croix Faron, Plaine Saint Denis, 93210 Saint-Denis Plan sur http://www.mshparisnord.org/acces.htm

 
A propos de Ici et ailleurs
Il s’agirait moins de magnifier la diversité culturelle, d’exalter l’interculturalité, voire de s’émerveiller du métissage culturel en cours dans le contexte de la globalisation que de se poser, sur un mode moins béat, cette simple question : pourquoi est-il si difficile de s’entendre, pourquoi (...)
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