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Séminaire Techniques du cinéma, politiques par le cinéma ? Deuxième année

Troisième séance Lundi, 31 janvier 2011, de 15h à 18h Pour cette troisième séance, animée par Roman Dominguez, nous aurons la participation de deux doctorants de l’Université Paris 8, Javiera Medina et Adolfo Vera, dont les recherches concernent le statut de l’image cinématographique à l’égard de sa fonction politique : d’une part la résistance de l’image « sans qualité » (Medina) ; et d’autre, la fonction « témoin » de l’image à l’époque de sa modulation spectrale (Vera).

Il s’agit de deux approches qui par des voies diverses, peuvent nous aider à penser qu’est-ce qu’une politique de l’archive et de l’image aujourd’hui. Voici les résumés de ces deux interventions : Esthétique de la résistance : Photographie & dictature Javiera Medina Doctorante, allocataire de recherche, Université Paris 8 Une esthétique de la résistance considèrerait non seulement les images d’une résistance au passé, à l’effacement, à l’oubli, mais aussi une résistance de la part du spectateur aux images elles-mêmes. Il se trouve que certaines images destinées à l’archive photographique ne sont pas accessibles d’emblée, car elles n’ont pas, pour ainsi dire, une « place », ce sont des images « sans qualité ». Alors, le cinéma documentaire peut être compris comme une alternative du lieu de monstration de ce type d’images. Car le documentaire permet commenter et mettre en rapport les images : les unes avec les autres, mais aussi celles-ci avec d’autres éléments tels que la voix et le son. Les outils du cinéma ouvrent de nouvelles voies de réflexion par l’image. Des dispositifs tels que le found footage, permettent au réalisateur d’explorer de problématiques essentielles à l’image. C’est le cas de 48, de Susana de Sousa Dias (Grand Prix du Festival Cinéma du réel 2009), qui part de photos d’identité et de témoignages des prisonniers politiques de la dictature de Salazar au Portugal. Le dispositif choisi par la réalisatrice, d’une synthèse extrême, permet au spectateur un approche temporel de ce qui peuvent être 48 ans de dictature politique. L’« apparition » filmique du témoin Doctorant, Université Paris 8, MSH Paris Nord Nul ne s’en doute, aujourd’hui, qu’une politique du témoignage doit nécessairement considérer l’image produite techniquement comme l’un des phénomènes les plus marquants à partir desquels, et à la suite de toutes les expériences de violence extrême subies par nos sociétés, se configure une certaine « époque du témoin ». Cependant, les discussions autour de la « valeur de vérité » des images techniques (photographiques, cinématographiques, numériques) se sont multipliées et l’on aurait du mal, de nos jours, à les attribuer, tout simplement, un caractère de certitude comme celui qu’on exige, à tort peut-être, des énoncés de connaissance (dont les énoncés qui appartiennent à la « science historique »). Il s’agirait plutôt d’essayer de redéfinir, à la suite de Lyotard (Le différend, Minuit, 1983), les phrases de témoignage comme appartenant à un tout autre type d’énoncés qui seraient « en souffrance de leur événement ». Cela concerne le statut de l’expérience dans nos sociétés du post-désastre. Après la violence extrême subie par les sociétés un peu partout dans le monde au XXème siècle et jusqu’aujourd’hui, avec les milliers des fantômes (les disparus) transformés en des véritables trous noirs par où la sociabilité se vide chaque jour de sens et qui définissent nos pactes sociaux comme autant des mensonges de la gouvernementalité (Foucault), c’est la possibilité de s’adresser à l’expérience elle-même qui a été touchée et, si l’on ose le dire, l’expérience se trouve « spectralisée ». Cela implique que de nos jours l’expérience est moins capable d’organiser sa propre temporalité, d’établir avec précision « c’est qui s’est passé » ou de se porter comme garant des acquis qui permettraient son « émancipation ». L’expérience du témoin apparaît donc comme celle qui définit, de la manière la plus précise, la spectralité : cette expérience, comme le disait aussi Lyotard, s’exprime par des phrases qui ne possèdent pas de déictiques, qui ne peuvent donc pas assurer un lieu et un temps précis de l’événement qu’elles signalent comme « déjà arrivé » - et l’événement ne finit donc jamais d’arriver puisque, à vrai dire, car il n’a pas été inscrit comme le véritable acquis d’une expérience quelconque. Il s’agira dans notre exposé de considérer quelques exemples de l’« apparition cinématographique » du témoin. La spectralité, qui depuis toujours a été signalée comme propre à l’image cinématographique, ne fonctionne-t-elle pas comme une surface privilégiée pour l’inscription fantomatique de l’expérience du témoin ? Cette inscription-là (qui est bien celle de la trace selon Derrida) ne nous obligerait-elle pas à redéfinir la « valeur de vérité » des images propres au « cinéma documentaire » ? À partir d’analyses d’extraits de quelques films qui mettent en situation l’apparaître du témoin, comme Shoah (1985) de Claude Lanzmann, S21 (2004) de Rithy Panh, La flaca Alejandra (1994) et Calle Santa Fé (2007) de Carmen Castillo ou Nostalgie de la lumière (2010) de Patricio Guzman, nous tâcherons de montrer comment cette apparition (spectrale puisque non régulée par une référence limpide aux « faits ») indique une certaine « anamnèse des corps » (Emmanuelle Alloa) dont les gestes, les silences et les doutes communiquent, au-delà de toute « communication », une nouvelle détermination de l’arrivée de l’événement, là où celui-ci n’est plus assuré par une vérité objective quelconque. Vos propositions de participation seront les bienvenues Les séances se tiendront à la MSH Paris Nord. www.mshparisnord.org Calendrier des séances (lundis de 15h à 18h) 31 janvier 2011, salle B Les séances du deuxième semestre seront communiquées durant février. Adolfo Vera Pour des renseignements supplémentaires roman.dominguez club-internet.fr adolfovera27 gmail.com Pour se rendre à la MSH Paris Nord 4 rue de la Croix Faron, Plaine Saint Denis, 93210 Saint-Denis Plan sur http://www.mshparisnord.org/acces.htm

 
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Il s’agirait moins de magnifier la diversité culturelle, d’exalter l’interculturalité, voire de s’émerveiller du métissage culturel en cours dans le contexte de la globalisation que de se poser, sur un mode moins béat, cette simple question : pourquoi est-il si difficile de s’entendre, pourquoi (...)
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