jeudi, 8 décembre 2016|

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Séminaire : le cinéma comme appareil de montage

Ce séminaire se tiendra tous les mardis matins, de 10 à 13h,

à la MSH Paris Nord jusqu’à la fin décembre,

cours de J.L.Déotte et

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Roman Dominguez

Le cinéma est un montage d’appareils

Séminaire semestriel dirigé par Jean-Louis Déotte et Roman Dominguez Licence, ouvert au Master Année 2012-2013 (thème : Politiques de l’image)

Le cinéma : démêlement (résultat ?) de toutes les formes de vision, de tous les rythmes et de tous les temps préformés dans les machines actuelles, de telle sorte que tous les problèmes de l’art actuel ne peuvent trouver leur formulation définitive qu’en corrélation avec le film Walter Benjamin Paris, Capitale du XIXème siècle, trad. J. Lacoste, Paris, Le Cerf, 2002, p.412

De Rancière à Badiou, de Didi-Huberman à Jean-Luc Nancy, de Stanley Cavell à Slavoj !i"ek, semblerait-il que chaque philosophe ait son mot à dire sur le cinéma. Tout se passe comme si le cinéma, par-delà les modes intellectuelles, serait désormais le lieu ou la surface privilégiée pour comprendre, lire et esquisser les signes de notre temps. Comme si le philosophe devrait passer au moins une fois par le crible de l’image en mouvement pour devenir contemporain. On peut dès lors faire l’hypothèse suivante : une pensée qui s’intéresse aux conflits, aux paradoxes et aux différends qui constituent notre époque doit nécessairement revenir au cinéma, même si l’on peut bien assimiler que le cinéma, en tant qu’appareil analogique est désormais concurrencé par d’autres dispositifs plus puissants techniquement et, peut-être, plus performants politiquement. Cet intérêt ne porte pas uniquement sur des questions généalogiques ou archéologiques, même si cela justifiera encore pour longtemps les recherches autour du cinéma, cet appareil du XXème siècle, mieux cet appareil qui serait le XXème siècle en personne. On voudrait souligner une question encore plus pressante : jusqu’à quel point peut-on justifier un type d’analyse de l’appareil cinématographique qui ne se réduise pas aux exigences académiques d’étudier un phénomène historique qui a changé nos modalités de perception mais qui serait - on l’entend partout - en train d’être dépassé ? Ne faudrait-il pas aussi questionner cette notion de « dépassement » souvent utilisée d’une façon trop naïve ? La temporalité que le cinéma a imposée à la perception, celle du montage, est aussi celle de l’anachronisme (la non-coïncidence des temporalités particulières), de la survivance (Warburg) ou de la spectralité (Derrida). C’est que le propre du cinéma serait cette puissance de monter des temporalités qui appartenaient jadis à d’autres appareils (la perspective chez Greenaway et Andersson, la Camera obscura et le musée chez Sokourov, la psychanalyse chez Hitchcock, la photographie chez Ozu et Antonioni). Or, peut-on affirmer si facilement qu’on a déjà dépassé cette temporalité-là qui résume toutes les autres temporalités des appareils modernes ? Est-ce que nous sommes encore plongés dans l’époque du cinéma et du montage ?

Séances tous les mardis de 10h à 13h à la MSH Paris Nord D’octobre à janvier

2 octobre Jean-Louis Déotte

9 et 16 octobre Roman Dominguez : Du western au road movie, une approximation à la question de la vitesse

23 octobre David Lengyel : Bela Tarr et Lévinas

13 novembre Pascal Rousse : Eisenstein, Wenders et le montage

20 novembre Antonio Vallejo : Tarkovski, l’exil, la mémoire

11 et 18 décembre Philippe Chevalier : « Qui pense dans le cinéma ? Retour sur un dictionnaire »

www.mshparisnord.org 4 rue de la Croix Faron, Plaine Saint- Denis, 93210 Saint-Denis tel. 01 55 93 93 00 Plan sur : http://www.mshparisnord.org/acces.htm Pour des renseignements supplémentaires : roman.dominguez club-internet.fr

Bibliographie indicative Balazs, B. L’Esprit du cinéma. Trad. de l’allemand par J.M. Chavy. Paris, Payot, 1977 (Reimp. Payot 2010)

Benjamin, W., « L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique », in Œuvres III, Paris, Gallimard, 2000.

Deleuze, G., Cinéma 1 L’Image-mouvement. Paris, Minuit, 1983. Cinéma 2 L’Image-temps. Paris, Minuit, 1985.

Déotte, J.-L., L’Époque des appareils, Paris, Lignes, 2004. Eisenstein, S. M., Le film : sa forme / son sens. Adapté du russe et de l’américain sous la direction d’Armand Panigel. Paris, Christian Bourgois Éditeur, 1976.

Epstein, J. Écrits sur le cinéma, T. 1 et 2. Paris, Seghers, Coll. « Cinémaclub », 1974-1975.

Godard, J.-L., Ishaghpour, Y. , Archéologie du cinéma et mémoire du siècle. Tours, Farrago, 2000.

Kracauer, S. De Caligari à Hitler. Lausanne, Age d’Homme, 2009. Théorie du film. La rédemption de la réalité matérielle. Paris, Flammarion, 2010

Lyotard, J.-F., « L’Acinéma », in Des dispositifs pulsionnels. Paris, UGE, Coll. « 10/18 », 1973. « Idée d’un film souverain » in Misère de la philosophie. Paris, Galilée, 2000.

Rancière, J., La fable cinématographique. Paris, Seuil, 2001. Les écarts du cinéma, Paris, La Fabrique, 2011.

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Et, une fois par mois, de 14h à 17h,

séminaire d’Alain Naze sur W.Benjamin et l’image politique.

Prochaine séance : le 9 octobre

Actualité de W.Benjamin

Il s’agirait d’un séminaire articulé autour de l’actualité de Walter Benjamin à travers le monde, et qui aurait pour objet de prendre en considération la diversité des approches actuellement réalisées autour de Benjamin, et qui paraissent témoigner d’innovations, notamment méthodologiques, demandant à être interrogées. En effet, à côté des travaux assez traditionnels dans leur forme de l’œuvre de Benjamin, empruntant globalement aux méthodes propres à l’histoire de la philosophie (même si elles ne s’y limitent pas), sont apparues récemment des approches moins académiques, s’emparant du corpus benjaminien sans trop de précautions, en particulier sans s’inquiéter beaucoup d’approches théoriques antérieures. De ce point de vue, des travaux réalisés, non plus seulement en Allemagne et en France, mais aussi en Amérique latine, ou encore en Russie, en Espagne témoignent de telles innovations, et ce serait une des fonctions de ce séminaire que de pouvoir réfléchir à la portée de ces nouvelles approches, en sollicitant la participation d’auteurs oeuvrant en ce sens, et/ou de chercheurs travaillant sur ces travaux et pouvant en effectuer une présentation. Un des objectifs de ce séminaire consisterait à interroger le lien entre la nature des approches d’une œuvre et l’appel souterrain dans cette direction qui semble s’effectuer à partir de l’œuvre elle-même : ce n’est en effet pas un hasard si Benjamin suscite des études de ce type, dont rien de comparable ne semble exister autour de l’œuvre d’autres penseurs contemporains, comme Heidegger par exemple.

Les objets de réflexion de Benjamin sont tellement divers (des Passages parisiens aux jouets, en passant par les histoires pour enfants, la radio, le jeu, la prostitution, etc.) qu’ils semblent opérer un décentrage de l’œuvre, dans le sens où une attention spécifique accordée à telle ou telle dimension de sa réflexion (éventuellement sans considération des autres thèmes de l’œuvre auxquels traditionnellement on la rattachait) donnerait naissance à ce qu’il serait possible d’appeler des pratiques de recépage, permettant à ces éléments de trouver un second sol fécond. Dans ce cas, ce serait toute la puissance germinative de l’œuvre benjaminienne qu’on expérimenterait à travers ce nouveau type de travaux, qu’ils soient consacrés à l’architecture, à l’économie, ou encore à la musique, ou au cinéma, et peut-être surtout lorsque ces approches, certes suscitées par le corpus benjaminien, sembleraient s’en affranchir. En retour, cette interrogation non sans rapport avec la théorie benjaminienne de la traduction : quels effets produisent ces écarts sur l’œuvre elle-même ?

Bibliographie indicative

-  Buck-Morss Susan, Voir le capital. Théorie critique et culture visuelle, trad. Maxime Boidy et Stéphane Roth, Paris, Les Prairies ordinaires, 2010.
-  Collectif (Stéphane Fuzessèry, Philippe Simay dir.), Le choc des métropoles : Simmel, Kracauer, Benjamin, Paris, Editions de l’Eclat, 2008.
-  Collectif (Libero Andreotti dir.), Spielraum : Walter Benjamin et l’architecture, Paris, Editions de La Villette, 2011.
-  Collingwood-Selby Elizabeth, El filo fotogràfico de la historia. Walter Benjamin y el olvido de lo inolvidable, Ediciones Metales pesados, Santiago de Chile, 2009.
-  Gisinger Arno, Konstellation Walter Benjamin en exil 1933-1940, Paris, Trans Photographic Press Editions, 2009.
-  Mari Michele, Tout le fer de la Tour Eiffel, Paris, Seuil, 2005.
-  Matthieussent Brice, Expositions. Pour Walter Benjamin, Paris, Fourbis Direct, 2011.
-  Roche Anne, Exercices sur le tracé des ombres. Walter Benjamin, Paris, Les Editions Chemin de Ronde, 2010.
-  Spiropoulou Angeliki, Virginia Woolf, Modernity and History : Constellations with Walter Benjamin, Palgrave Macmillan, Mar 2010.
-  Stewart Elizabeth, Catastrophe and Survival : Walter Benjamin and Psychoanalysis, Continuum Intl Publishing Grp, May 2012.

 
A propos de Ici et ailleurs
Il s’agirait moins de magnifier la diversité culturelle, d’exalter l’interculturalité, voire de s’émerveiller du métissage culturel en cours dans le contexte de la globalisation que de se poser, sur un mode moins béat, cette simple question : pourquoi est-il si difficile de s’entendre, pourquoi (...)
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