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CONVERGENCE NBIC : mythe, réalité ou potentialité ?

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Pôle risque Maison de la Recherche en Sciences Humaines Association internationale des sociologues de langue française (AISLF) – GT 09, biologie et destins de l’humain

Toute réflexion sur l’homme et la société doit inclure les enjeux du croisement qui s’amorce entre l’informatique – qui a déjà révolutionné nos existences – et les sciences du vivant, les sciences cognitives et les nanotechnologies, processus que l’on résume sous l’appellation NBIC (nano-bio-info-cogno). L’investissement massif injecté dans cette dynamique, notamment outre-Atlantique et, désormais, en Asie, témoigne des attentes bien réelles que manifestent les acteurs économiques (multinationales), mais aussi politiques (Etats), à l’égard de la dernière utopie technique. D’un point de vue technique et épistémologique, qu’est-ce que ces technologies, qu’est-ce que ces sciences, ont en commun ? C’est que sciences du vivant et informatique cheminent de concert depuis plus de quarante ans (enjeux du décryptage de l’ADN), informatique et sciences cognitives également (dans la robotique par exemple), ou encore le développement de l’internet, de l’intelligence artificielle ou de la biométrie fait-il appel à ces croisements disciplinaires qui sont pour une part déjà effectifs, et pour une autre à venir. Il semble évident que la multiplication de ces connexions, le foisonnement de ces articulations, vont engendrer un élargissement considérable des possibles, des possibilités techniques d’intervenir sur les logiques et les éléments fondamentaux constitutifs de l’humain et du monde, mais aussi un renforcement de la technostructure.

Cette accélération des échanges, clé du « développement » et porteuse d’espoirs économiques et sociaux pour les uns est également, depuis une quinzaine d’année, l’objet de toutes les critiques et les appels à la prudence. Jusqu’à quel stade les disciplines peuvent – doivent – elles raisonnablement converger ? Le propre des technologies actuelles n’est pas seulement de mettre la Nature à notre service, mais, bien aussi, d’agir sur et dans la Nature, en y déclenchant des processus irréversibles qui, sans l’homme, ne seraient jamais venus à l’existence. Philosophiquement, l’ambition cartésienne de se rendre "comme maître et possesseur de la Nature" ne suffit donc plus à caractériser notre rapport technique à la Nature. Nous avons commencé à le refaire : cette Nature artificielle, loin que nous la "possédions", sera d’autant plus notre créature qu’elle échappera à notre emprise. L’ambition de ces rencontres est de retracer la généalogie de cette tentation de la « perte de contrôle », jusqu’à la "convergence" visée aujourd’hui entre les nanotechnologies, les biotechnologies, les technologies de l’information et les sciences cognitives.

A l’échelle sociétale, et parmi bien des questions épistémologiques émergentes des plus stimulantes, la question de savoir de quelles potentialités de transformation de l’homme et de la société se pose, tant aux citoyens, à la fois inquiets et pleins d’espoirs à l’égard du progrès technique, qu’au politique, responsable des choix technologiques ou encore au chercheur, acteur premier du développement. Même si les horizons lointains de cette grande mutation qui s’inaugure – le rêve utopique, pourtant bien réel, des transhumanistes – peuvent apparaître à tort aux yeux du grand public comme relevant de la science-fiction, de nombreux faits sociaux (pratiques, produits) attestent de l’existence bien concrète du processus : les nano-produits ont envahi le marché de manière extrêmement discrète (matériaux, peinture, vêtements, alimentation), l’informatique devient « ambiante » , un nombre croissant d’objets échangeant des informations jusqu’aux futures puces « RFID » qui concrétiseront la société « ubique » en faisant communiquer indifféremment des êtres vivants et des objets inanimés, rendant cette frontière de plus en plus floue. La médecine connaît aussi une telle révolution dans son rapport à ses fondamentaux que sont le corps et la santé : on relève un usage déjà massif des psychotropes (prozac, ritaline chez 10% des élèves américains) visant à augmenter les capacités de l’humain pendant que la demande en chirurgie plastique (l’utopie du corps) explose à raison de 18 millions d’interventions par an et que les pratique d’eugénisme « socialement acceptables » se banalisent. Quand finit-on d’aider le corps pour commencer à l’augmenter ? Quels sont les enjeux d’une détermination sociale de l’individu par son profil génétique alors que partout fleurissent les « test ADN » ?

Qu’il s’agisse des transformations fondamentales de l’homme ou de la société, du corps individuel ou du corps social (ces notions devenant, du coup, obsolètes), on est en droit de se demander par quels moyens les citoyens, qui désirent non seulement être entendus sur les désirs et leurs craintes, mais aussi de manière croissante être associés aux processus de décision qui les –nous – concernent directement dans la vie quotidienne trouveront les moyens d’exercer leur compétence ? Forts de l’expérience des OGM, et plus récemment du débat tendu sur les nanotechnologies, vers quelle forme de « mise en démocratie » de la question allons-nous ? Quelles nouvelles formes d’expertises pluridisciplinaires, de partage des connaissances, de réflexions communes, pourraient être mises en place à une échelle territorialisée telle que la région ? La problématique des risques (calculables), enfin, est-elle adaptée à l’évaluation normative des technologies avancées ? Quels pourraient être les fondements d’une nouvelle éthique qui aurait pour ambition minimale de nous permettre de penser ce que nous faisons.

Pour aborder toutes ces question en Région, parce qu’elles doivent trouver une expression territorialisée, le Pôle risque de la MRSH et l’Association Internationale des Sociologues de Langue Française (GT 09) proposent d’organiser un colloque de deux jours où se croiseront des intervenants régionaux, nationaux et internationaux, issus de toutes les disciplines concernées et mixant sciences humaines, sciences de la vie, sciences cognitives, nanosciences et sciences de l’information.

Responsable scientifique : Frédérick Lemarchand, sociologue.

Organisation des journées.

Mardi 28 mai 2013 : « Changer l’humain » ?

9h – Accueil des participants.

9h30 – Conférence introductive par Bernadette Bensaude-Vincent, philosophe des sciences, CETCOPRA/Sorbonne. Alain Manrique, CYCERON (imagerie bio-médicale) Emmanuel Babin, chirurgien cervico-facial et Dr. en sociologie, CHU Caen Gilles-Eric Séralini, biologiste, co-directeur du Pôle Risques/MRSH Jacky Leneveu & Mireille Mary Laville (Pôle risques), Les nouvelles perspectives de la mémétique : de la modélisation cognitive à la modélisation connexionniste de l’architecture neuronale. Louise Vandelac, sociologue UQAM, Dir. Institut des sciences de l’environnement Emilie Gaillard, juriste en droit des générations futures Patrick Vassort, sociologue, STAPS

Soirée : Projection-débat pour le grand public de : « Un monde sans humains » (2012) de Ph. Borrel. 96 mn (au cinéma Lux) en présence du réalisateur. Depuis une quinzaine d’années, l’accélération du progrès technique a permis de réaliser des prouesses impensables. Refaire marcher des personnes amputées grâce à une prothèse bionique ou passer un entretien professionnel face à un robot ne relève plus de la science fiction. La technologie est partout. Elle régit nos rapports sociaux et va s’immiscer jusque dans nos corps. Mais jusqu’où laisserons-nous encore aller nos machines ? C’est cette question récurrente, à l’origine de nombreuses oeuvres utopiques, que pose ici Philippe Borrel.

Mercredi 29 mai 2013 : « Changer la société » ?

Christophe Rosenberger, ENSICAEN Gaël Dias, Greyc/ENSICAEN Christian Dufour, GANIL (nanotechnologies) à confirmer Dominique Pécaud, Sociologue, Dir. Institut de l’homme et de la Technique, Ecole polytechnique de Nantes Hervé Le Crosnier, chercheur en informatique Greyc, penseur des sociétés numériques Alain Kaufmann, biologiste et sociologue, directeur de l’interface Sciences-Société, Université de Lausanne

 
A propos de Ici et ailleurs
Il s’agirait moins de magnifier la diversité culturelle, d’exalter l’interculturalité, voire de s’émerveiller du métissage culturel en cours dans le contexte de la globalisation que de se poser, sur un mode moins béat, cette simple question : pourquoi est-il si difficile de s’entendre, pourquoi (...)
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