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Istanbul 12 juin 2013

Je vous envoie quelques informations sur les derniers événements en Turquie. Je vous en enverrai d’autres mais pour l’instant tout se passe très vite.

Le mouvement de résistance actuel en Turquie qui a débuté avec le rassemblement pacifique d’un groupe hétérogène composé de quatre vingts organisations et initiatives civiles rassemblées sous le nom Solidarité Taksim ( http://taksimdayanisma.org/ )contre la construction d’un centre commercial dans le parc Gezi à Taksim, dans le centre ville d’Istanbul, a très vite pris la forme d’un soulèvement populaire suite aux décisions autoritaires du gouvernement Turc, aux interventions violentes des policiers contre le peuple. Depuis quinze jours, dans de nombreuses villes en Turquie, les gens sont descendus dans les rues afin de protester contre les conditions de vie devenues intolérables. Le gouvernement Turque, non seulement refuse de voir et d’entendre les demandes* des résistants, de Solidarité Taksim, mais aussi il applique une politique permanente de désinformation par le moyen du contrôle et de la censure de la plupart de la presse et des médias. Il y a quinze jours, lorsque les policiers ont commencé à attaquer les résistants avec les jets d’eau, le gaz lacrymogène et les balles en caoutchouc, l’une des grandes chaines de télévision turque diffusait un documentaire sur la vie des pingouins. La semaine du 3-7 juin, lors de l’absence du premier ministre Erdoğan (visite en Afrique du nord), le vice premier ministre B. Arınç et le président turc A. Gül ont donné des messages plutôt pacifiques en déclarant qu’il n’y aura plus d’interventions policières, que les demandes des gens qui continuent à occuper le parc Gezi seront entendues. Même si leurs déclarations ont relativement stabilisé la situation dans le centre ville d’İstanbul, la lutte entre les policiers et les résistants a continué, s’est même endurcie à Gazi (quartier alevis d’Istanbul), dans d’autres villes et notamment la capitale, à Ankara et à İzmir. Les 5-6 juin dernier, KESK et DISK, les deux grands syndicats du pays ont appelé à une grève générale et ont rassemblé des milliers de personnes a Taksim. Mardi 7 juin, avec le retour d’Erdoğan qui persiste à tenir un discours autoritaire, paternaliste et offensif, l’ambiance s’est de nouveau tendue dans le pays. Le premier ministre refuse d’accepter la réalité, la force massive et décidée qui se dresse contre sa tyrannie, la forme hétérogène, sans chef ni maitre du soulèvement populaire actuel en Turquie. Erdoğan dont l’image est fortement discréditée à la fois dans le pays et sur la scène politique mondiale, essaie de la rectifier en déclarant que les résistants ne sont rien d’autres que des « marginaux », « deux trois pillards alcooliques et obscènes » provoqués par les « forces extérieures ». Depuis son retour, le premier ministre n’a prononcé même pas un seul mot sur les trois morts et l’état de gravité de nombreux blessés. Au contraire, il a félicité vivement les forces de l’ordre et déclaré son regret pour le policier qui est mort en tombant d’un pont. En outre, Erdoğan a récemment fait appel a deux manifestations qui vont avoir lieu le 14 juin à Ankara et le 15 juin à İstanbul afin de rassembler ses électeurs, de faire une démonstration de force contre les résistants au prix de diviser le pays, de semer les graines d’une guerre civile. Tout en détournant et réduisant la situation à un conflit entre les musulmanes et les laïques, après 10 ans de pouvoir, Erdoğan tient encore le discours de victimisation et défend « ses filles en foulard » contre celles qui sont « impures », ses « jeunes hommes dignes et patients » contre ceux qui sont « pillards ». Pendant qu’Erdoğan persistait sur son discours agressif, le président Gül semblait adopter un ton plutôt pacifique et « bienveillant » en déclarant qu’il n’y aura pas d’intervention dans le parc Gezi. Pourtant, les opérations policières extrêmement violentes qui ont continué du mardi 11 juin matin jusqu’au lendemain à Taksim ont bien montré qu’aucune des promesses n’ont été tenues, qu’aucune des demandes de Solidarité Taksim n’ont été prises en considération ni par le président Gül ni par le gouverneur d’İstanbul. Mardi 11 juin matin, pendant que les occupants restaient et attendaient dans le parc d’une manière pacifique, le feu aux poudres est allumé par un provocateur -probablement par un policier en civil- qui a jeté un cocktail molotov sur les policiers. Les médias qui étaient aveugles depuis deux semaines se sont d’un coup réveillées- on ne sait pas par quel miracle !- et ont capté seconde par seconde les images de cet événement. Le gouvernement essaie de détériorer la légitimité de la résistance et ses demandes en la stigmatisant par les actes de violence. Ainsi il produit les motifs qui lui sont nécessaires pour intervenir. Les policiers ont poursuivit leur opérations toute la journée et nuit de 11 juin dans la place Taksim avec les gaz lacrymogène, sont intervenu sur les résistants avec des balles en caoutchouc. Malgré la violence des interventions et la fatigue accumulée depuis des jours les nombreuses personnes qui refusaient de quitter le parc essaient de garder leur sang froid, s’organisaient entre eux pour distribuer la nourriture aux occupants, pour calmer les agitations, pour renvoyer ou neutraliser les bombes du gaz lacrymogènes qui tombaient dans le parc, pour transporter les blessés vers l’infirmerie ou les médecins bénévoles travaillaient sans cesse. Lors de ces événements nous avons assisté à des nombreuses situations intolérables. Les policiers ont jeté des gaz lacrymogènes à l’intérieur de l’infirmerie, parmi les blessés et les médecins, ils ont utilisé les ambulances pour transporter les cartouches de gaz et les policiers. Dans la même journée, plus de quarante avocats qui ont protesté sur la situation sont placés en garde à vue. Aujourd’hui, mercredi 12 juin, après les forts affrontements d’avant-hier, Solidarité Taksim a déclaré que dans ces conditions ou le gouvernement ne tient aucune de ses promesses, ne fait aucun effort pour entendre les demandes, dans ces conditions ou les policiers continuent à appliquer une violence démesurée, il ne peut y avoir aucun négociations, la résistance et l’occupation du parc Gezi continuera. Ils ont fait de nouveaux appels pour un rassemblement massif à 19h., à Taksim dans le parc Gezi. De son coté le premier ministre Erdoğan a annoncé qu’ils vont mettre un terme a ces événements dans 24h. Actuellement il y a une attente très tendue à Taksim.

* Les demandes de Solidarité Taksim

Taksim Gezi Park will not be re-developed under the name of Artillery Barracks or any other project ; an official statement on the cancellation of the current project is made ; the attempts to demolish Ataturk Cultural Centre stop,
- Every responsible agent for the thousands of injured people and three deaths, starting with the Governors and the Police Chiefs of Istanbul, Ankara, Adana and Hatay and everyone who prevented the use of the most basic democratic rights of the people ; who gave orders for violent repression, enforced or implemented these orders are dismissed from their posts The use of tear gas bombs and other similar materials is prohibited,
- Detained citizens who attended the resistance across the country are immediately released and an official statement which declares that there will not be any investigation about them,
- Starting with Taksim and Kizilay squares, all the meeting and demonstration bans effecting all of our squares and public areas and all the de facto blockings are abolished and stopped and barriers to freedom of expression are removed.

 
A propos de Ici et ailleurs
Il s’agirait moins de magnifier la diversité culturelle, d’exalter l’interculturalité, voire de s’émerveiller du métissage culturel en cours dans le contexte de la globalisation que de se poser, sur un mode moins béat, cette simple question : pourquoi est-il si difficile de s’entendre, pourquoi (...)
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