mardi, 6 décembre 2016|

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colloque Guy Hocquenghem fév 2008

Dans ce colloque (qui prendrait plutôt la forme de journées d’études de forme variable, destinées à faire ouverture sur un public plus vaste que le simple milieu universitaire), nous aimerions en premier lieu ressaisir la figure d’un intellectuel intervenant , tel que l’actualité s’en est amplement perdue : Hocquenghem était un homme d’idées (féru de théorie marxiste comme de psychanalyse, curieux de tout, à l’affût des vents nouveaux dans la philosophie contemporaine, lecteur avisé de ses « aînés » au département de philosophie de Paris 8) comme il était homme d’action – un penseur et un militant (engagé à l’extrême gauche) d’un seul tenant. Par ailleurs, il s’agirait de montrer comment, dans son parcours sur les bords mouvants d’une certaine philosophie universitaire, l’expérience personnelle, les choix d’existence constituent le matériau même de l’élaboration philosophique. On identifiera là toute la part – déterminante – de l’œuvre consacrée à la question homosexuelle, question ouvrant aussi bien sur la psychanalyse (désir et identité), que sur la philosophie de la culture (normes, répression, tolérance) ou bien les questions éthiques et esthétique (ordonner une existence à l’être-gay ou bien l’être-gay et le souci de soi). Sur ce point, il conviendra de montrer à quel point Guy Hocquenghem, souvent épaulé par René Schérer, travailla et agit en pionnier – aussi bien lorsqu’il publiait des livres comme Le désir homosexuel (1972), le N° de la revue Recherches consacré à l’enfance (1977) que lorsqu’il « passait aux aveux » dans les colonnes du Nouvel Observateur en pionnier du coming out ou bien publiait, avec Jean-Louis Bory, ce livre-apostrophe au titre ironique : Comment nous appelez-vous, déjà ? Ces hommes que l’on dit homosexuels (1977). Ces textes viennent nous rappeler de manière salutaire que si les normes et sensibilités ont connu en quelques décennies de fortes évolutions concernant les questions de genre(s) et d’orientation sexuelle, la façon dont se sont engagés et, davantage, personnellement exposés, des acteurs des « minorités » alors réprouvées comme Hocquenghem a contribué à activer ces mutations. Le courage et l’indifférence au préjugé s’associent ici étroitement à une pratique vive de la philosophie. Pour autant, les travaux, recherches et engagements de notre ancien collègue ne sauraient être réduits à cette seule dimension de la « question gay ». C’est en précurseur aussi, voyant loin vers l’avant, qu’Hocquenghem entreprit dans les années 1970 de rompre des lances contre les préjugés raciaux et la xénophobie ou l’autochtonisme – en publiant par exemple La beauté du métis, - en un temps où l’éloge du « métissage » n’était pas encore entré dans les stratégies commerciales. Comme Deleuze et Guattari, Hocquenghem était habité par la grâce du moment exceptionnel que constituait le topos 68 dont il s’attachait à défendre l’intelligence contre le retour de Bêtise annoncé – une position qui s’énonce dans deux livres notamment – L’Après-mai des faunes et cette sorte de testament politique rageur intitulé Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary club. Ce qui étonne aujourd’hui et qui sera également inscrit au programme de ces journées est le trait polymorphe de la figure intellectuelle ici « revisitée » : enseignant en philosophie et fondateur du FHAR, cinéaste occasionnel et journaliste, notamment à Libération, romancier… Il s’agira d’essayer de saisir la façon dont s’organisent les agencements entre ces différentes pratiques et leurs évolutions – notamment la façon dont, de façon toujours plus marquée, Guy Hocquenghem se consacre à l’écriture romanesque à la fin de sa vie, dont s’établit la diagonale qui le conduit de la philosophie à la littérature. Alors même que le travail de Guy Hocquenghem est pris en considération à l’étranger, notamment aux Etats-Unis (Bill Marshall : Guy Hocquenghem – Beyons Gay Identity), son œuvre apparaît amplement délaissée en France, la plupart de ses ouvrages n’étant pas disponibles et sa contribution décisive à l’apparition des études de genre, notamment, étant systématiquement sous-évaluée. Ce colloque se donne donc pour vocation de faire revenir cette présence si forte et si troublante dans notre actualité.

Parmi les intervenants annoncés : René Schérer, Alain Naze, Stéphane Nadaud, Daniel Bensaïd (philosophes), Didier Eribon, Bill Marshall (journalistes, philosophes), Gabriel Matzneff (écrivain), Jean-Gabriel Périot, Lionel Soukaz , Joany Hoquenghem, Alessandro Avellis (cinéastes) , Jean Le Bitoux (journaliste).

 
A propos de Ici et ailleurs
Il s’agirait moins de magnifier la diversité culturelle, d’exalter l’interculturalité, voire de s’émerveiller du métissage culturel en cours dans le contexte de la globalisation que de se poser, sur un mode moins béat, cette simple question : pourquoi est-il si difficile de s’entendre, pourquoi (...)
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