mardi, 6 décembre 2016|

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Atelier de philosophie plébéienne Samedi 15 octobre 2016

Gîte Le Closet Fertans (17-19 gde rue, 25330)

Atelier de philosophie plébéienne 2015-2016 Atelier... cela veut dire un essai d’abandon de l’autorité du maître et de la posture d’élève au profit d’une tentative de production en commun.

Centre de Réflexion et de Documentation sur les Philosophies Plébéiennes de l’association « Voyons où la philo mène... »

9h-11h30 « Pour une politique plébéienne » Alain Brossat (Philosophe)

On peut identifier les deux pôles d’une politique ou plutôt de la constellation des politiques plébéiennes : le soulèvement et la défection. L’une et l’autre constituent des modalités non pas opposées mais symétriques et en tension de la résistance que la plèbe ou « le plébéien » opposent à la propension naturelle du pouvoir (des pouvoirs) à augmenter leur puissance, et donc à accroître leurs prises sur les sujets dominés, soumis ou gouvernés. Je placerai l’accent dans cet exposé sur l’ensemble des gestes et des conduites qui exposent une autre économie de l’action politique que celle qui consiste, traditionnellement, à composer une force pour l’opposer à une autre, opposer un discours-programme à un autre, présenter une « alternative » à l’existant – bref à présenter ses titres, en tant que gouverné, à occuper la place, d’une façon ou d’une autre, des gouvernants actuels. Une politique plébéienne ne consisterait pas alors à opposer un pouvoir ou une force naissants à un autre pouvoir mais à travailler activement à entraver la possibilité même de l’exercice d’un pouvoir d’emprise sur les vivants. Il s’agirait dès lors de se rendre insaisissable plutôt que de « rendre coup pour coup ».

11h30 Apéro + Repas

14h-15h30 « Une nouvelle langue pour la désertion » Luca Salza (Université Lille 3 Sciences Humaines et Sociales)

Les avant-gardes nous ont enseigné la nécessité de ne rien dire sur la Grande Guerre. Toute représentation, même la plus réaliste et surtout la plus engagée, perpétue l’état de guerre, la fascination que nous pouvons sentir pour elle. Les écrivains combattants qui veulent « montrer » la « réalité » de la guerre demeurent dans la langue et les langages, la culture, les modes de pensée, qui ont produit et déterminé ce monde (si on accepte le postulat que la guerre est avant tout un problème linguistique). Pour sortir de la machine de guerre il ne suffit alors pas de parler des cas de désertion, il faut inventer plutôt une nouvelle langue. Il faut cesser d’être « pohète », comme le disait Jacques Vaché, abandonner la littérature même, effacer toute la tradition : « l’art est une sottise ». Que reste-t-il après ce travail de nettoyage, de mise à mort de la littérature ? Une écriture monstrueuse, comme celle de Dada, et déjà avant eux, comme celle de Folengo, avec ses soldats vagabonds inventant une langue ni latine ni vulgaire ni italienne ni rien du tout. Une langue barbaresque, le grammelot de Dario Fo, tous les mots et les silences du monde, mélangés et prononcés par ceux qui, normalement, ne parlent pas. Une langue que l’on pourrait définir plébéienne, comme celle utilisée dans les tranchées de la Grande Guerre (et étudiée par Léo Spitzer). (Il n’est pas nécessaire de connaître les auteurs pour suivre l’intervention)

15h45-17h30 Film « La Servante (Hanyo) » de Kim Ki-Young

17h45 « Une servante de rêve : autour du film La Servante (Hanyo) de Kim Ki-Young » Orgest Azizaj (traducteur et philosophe)

Une famille bourgeoise coréenne vient d’emménager dans une nouvelle grande maison. Le père, qui enseigne la musique dans une usine pour femmes, accepte d’accueillir une jeune servante venue de province, afin de soulager son épouse fatiguée. Mais l’attitude ambiguë de ce jeune animal sexué qui semble être fait pour tout sauf pour servir, va vite introduire un trouble généralisé dans la famille, et finir par… Réalisé en 1960, trois ans avant The Servant de Losey et Les Abysses de Papatakis (libre adaptation des Bonnes de Genet), ce huis-clos hallucinant et halluciné, qui a la rigueur vénéneuse de Renoir (Journal d’une femme de chambre) et une inventivité de visuelle digne de Welles, complique le schéma hégélien de la « dialectique du maître et du serviteur » en y ajoutant la dimension nettement sexuelle et en le projetant dans l’espace de la famille. C’est un film foncièrement politique aussi, fondateur du nouveau cinéma coréen d’après-guerre, et réalisé à la faveur d’un bref déverrouillage de la censure politique en 1960. L’occasion, pour l’auteur, d’explorer et d’exp(l)oser, dans ce petit laboratoire familial, tout un inconscient géopolitique de la nation. La présentation tentera de tracer quelques pistes de lecture pour mieux ouvrir l’espace de la discussion commune autour de ces images obsessives.

19h15 Apéro puis repas

Tarif de la journée (interventions + repas midi) : 15 €. Repas du soir : 10 €. Nuitée du samedi : 20 € Week-end complet (avec repas et nuitée du vendredi soir) : 70 € Réduction pour chômeur et étudiant.

Possibilité de transport depuis les gares de Besançon le vendredi (maximum 20h) avec retour le dimanche.

Inscription et renseignements : crdpp25 gmail.com ou Philippe Roy 06 51 38 43 45

 
A propos de Ici et ailleurs
Il s’agirait moins de magnifier la diversité culturelle, d’exalter l’interculturalité, voire de s’émerveiller du métissage culturel en cours dans le contexte de la globalisation que de se poser, sur un mode moins béat, cette simple question : pourquoi est-il si difficile de s’entendre, pourquoi (...)
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