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	<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>Ateliers de philosophie pl&#233;b&#233;ienne 2013-2014</title>
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		<description>Ferme Courbet de Flagey (25) Ateliers... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun Centre de Documentation et de R&#233;flexion sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes Ouvert &#224; tous et gratuit &quot;Nous nous interrogerons, &#224; l'occasion de ce colloque, sur les possibilit&#233;s de pratiques de la philosophie qui ne soient soumises ni aux conditions de la distinction acad&#233;mique, ni &#224; celles des industries du loisir. Nous nous y (...)

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&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;44. Agenda&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L150xH133/arton318-4dbd6.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='133' class='spip_logos' style='height:133px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Ferme Courbet de Flagey (25)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ateliers&lt;/strong&gt;... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Centre de Documentation et de R&#233;flexion sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ouvert &#224; tous et gratuit&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Nous nous interrogerons, &#224; l'occasion de ce colloque, sur les possibilit&#233;s de pratiques de la philosophie qui ne soient soumises ni aux conditions de la distinction acad&#233;mique, ni &#224; celles des industries du loisir. Nous nous y demanderons dans quelle mesure la philosophie a la capacit&#233; d'op&#233;rer ces d&#233;placements destin&#233;s &#224; ce qu'elle change de position dans le monde, de locuteur, &#224; ce qu'elle adopte des gestes in&#233;dits. Nous exp&#233;rimentons, dans cet esprit, un autre point de vue de la philosophie : celui du pl&#233;b&#233;ien qui, tirant argument de l'&#233;galit&#233; des intelligences, vient faire entendre une voix discordante dans les espaces immunis&#233;s de la philosophie&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le programme des stages se trouve dans le d&#233;pliant ci-dessous :&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_161 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/IMG/pdf/Depliant_ateliers_4.pdf&quot; title='PDF - 866.7 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 866.7 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Argumentaire</title>
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		<dc:date>2013-06-18T20:52:25Z</dc:date>
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		<description>Projet &#171; Critique et autonomie &#187; Dans une conf&#233;rence qu'il prononce devant la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de philosophie en 1978, intitul&#233;e &#171; Qu'est-ce que la critique ? &#187;, Michel Foucault d&#233;finit celle-ci comme une attitude avant tout. Elle ne se confond pas avec la d&#233;nonciation ou le d&#233;nigrement de l'objet sp&#233;cifique auquel elle s'applique ou de l'&#233;tat des choses en g&#233;n&#233;ral, elle se tient toujours au plus pr&#232;s de la question kantienne des conditions de possibilit&#233;. Simplement, dans l'esprit de Foucault, elle ne se (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Projet &#171; Critique et autonomie &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans une conf&#233;rence qu'il prononce devant la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de philosophie en 1978, intitul&#233;e &#171; Qu'est-ce que la critique ? &#187;, Michel Foucault d&#233;finit celle-ci comme une attitude avant tout. Elle ne se confond pas avec la d&#233;nonciation ou le d&#233;nigrement de l'objet sp&#233;cifique auquel elle s'applique ou de l'&#233;tat des choses en g&#233;n&#233;ral, elle se tient toujours au plus pr&#232;s de la question kantienne des conditions de possibilit&#233;. Simplement, dans l'esprit de Foucault, elle ne se cantonne pas &#224; l'enjeu de la connaissance ; elle s'int&#233;resse tout autant aux conditions de possibilit&#233; de l'exercice du pouvoir, de l'&#233;tablissement de relations r&#233;gl&#233;es entre savoir et pouvoir dans la production de singularit&#233;s historiques et culturelles (la maladie mentale, la d&#233;linquance, la vie sexuelle...). Elle est donc un regard jet&#233; sur des objets peuplant le champ d'immanence de notre pr&#233;sent, visant &#224; rep&#233;rer ce qui &#224; la fois en pr&#233;sente le caract&#232;re d'&#233;vidence et les fragilit&#233;s, les conditions d' &#171; impermanence &#187;. Le regard critique, c'est ce qui permet de saisir la diff&#233;rence entre des conditions de possibilit&#233; et des n&#233;cessit&#233;s inexorables ; entre &#171; ce qui va de soi &#187; et ce dont l'acceptation s'est impos&#233; - mais dont un examen g&#233;n&#233;alogique attentif permet d'envisager une disparition possible (la prison, le dispositif de sexualit&#233; moderne, la maladie mentale dans ses rapports au pouvoir psychiatrique...).
La critique, donc, sans pr&#233;tendre l&#233;gif&#233;rer, est un d&#233;fi permanent lanc&#233; &#224; ce qui est ; elle est, &#224; ce titre, dit Foucault, directement articul&#233;e sur la transformation. Elle est encore, insiste-t-il dans un autre texte, l'activit&#233; d'un sujet qui s'interroge sans rel&#226;che sur &#171; la criticabilit&#233; des choses &#187;. Le fondement kantien de cette approche est tout &#224; fait manifeste : Foucault a en t&#234;te ce texte de Kant (R&#233;ponse &#224; la question &#171; Qu'est-ce que les Lumi&#232;res &#187; ?) dans laquelle ce dernier met en relation le mouvement de l'Aufkl&#228;rung avec l'enjeu d'une sortie de l'humanit&#233; hors de l'&#233;tat de minorit&#233; dans lequel elle a &#233;t&#233; maintenue jusqu'alors. Ce saut en direction d'un nouvel &#233;tat de majorit&#233; est la condition pour que les humains acc&#232;dent &#224; ce que l'on pourrait appeler la disposition critique. Celle-ci n'est pas synonyme d'insubordination, insiste Kant, mais plut&#244;t de d&#233;sassujettissement &#224; l'autorit&#233; ; le sujet majeur va &#171; d&#233;couvrir le principe de l'autonomie &#187;, ses pens&#233;es et opinions cessent d'&#234;tre soumises au traditionnel ob&#233;issez ! .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment autour de la relation qui s'&#233;tablit entre attitude critique et autonomie que nous aimerions r&#233;fl&#233;chir &#224; l'occasion de ce colloque. Foucault montre bien comment, dans le contexte des Lumi&#232;res, l'attitude critique prend son essor dans l'espace variable qui s'&#233;tend entre soumission inconditionnelle au souverain, principe d'ob&#233;issance aveugle (h&#233;t&#233;ronomie) et refus d'&#234;tre conduit ou gouvern&#233;. La critique peut donc &#234;tre aussi d&#233;finie comme une &#233;poque ou un pr&#233;sent continu&#233;, celui dans lequel deviennent critiquables les syst&#232;mes de rationalit&#233; eux-m&#234;mes, non moins que les formes de pouvoir les mieux l&#233;gitim&#233;es. Pour Foucault, la question des Lumi&#232;res se pose pour nous moins en termes d'h&#233;ritage que de capacit&#233; sans cesse r&#233;it&#233;r&#233;e &#224; poser toutes sortes de questions &#224; propos de l' &#171; acceptabilit&#233; &#187; des syst&#232;mes (des positivit&#233;s) dont sont tributaires nos existences. Au fond, la question de la critique revient sans fin vers celle de l'autonomie dans la mesure m&#234;me o&#249; elle porte les sujets eux-m&#234;mes &#224; faire retour sur ce qui les gouverne (formes de gouvernement, mais aussi bien r&#233;gimes de v&#233;rit&#233;...), sur la fa&#231;on dont ils sont gouvern&#233;s, sur leur aspiration &#224; l'&#234;tre moins, autrement &#8211; voire pas du tout. Du coup, la critique va inclure dans son champ l'activit&#233; critique permanente du sujet sur lui-m&#234;me aussi et ouvrir le champ de la fameuse ontologie de nous-m&#234;mes dont le dernier Foucault &#233;labore le motif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Loin de se limiter &#224; explorer la position foucaldienne, ce colloque devrait permettre, en prenant &#233;ventuellement cette approche comme point de d&#233;part, de multiplier les lignes d'approche (probl&#233;matisation) des relations et interactions entre critique et autonomie. Ceci, aussi bien dans la dimension &#233;thique que politique ou, tout simplement, comme enjeu d'une philosophie de l'existence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Discussion autour du livre d'Alain Brossat Les serviteurs sont fatigu&#233;s (les ma&#238;tres aussi)</title>
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		<dc:date>2013-06-09T13:17:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Naze</dc:creator>



		<description>Le nouveau livre d'Alain Brossat peut &#234;tre envisag&#233; comme la reprise et le prolongement d'une r&#233;flexion entam&#233;e nagu&#232;re, quant &#224; la relation ma&#238;tre/serviteur, dans le cadre d'un pr&#233;c&#233;dent ouvrage, Le serviteur et son ma&#238;tre. Essai sur le sentiment pl&#233;b&#233;ien . Nous aurons l'occasion d'&#233;voquer les modifications d'inflexion entre ces deux moments, dont on pourrait dire qu'ils mettent en sc&#232;ne deux &#233;poques bien diff&#233;rentes de ce rapport. C'est qu'Alain Brossat envisage en effet le rapport ma&#238;tre/serviteur, comme un (...)

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L136xH150/arton316-64394.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='136' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:136px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le nouveau livre d'Alain Brossat peut &#234;tre envisag&#233; comme la reprise et le prolongement d'une r&#233;flexion entam&#233;e nagu&#232;re, quant &#224; la relation ma&#238;tre/serviteur, dans le cadre d'un pr&#233;c&#233;dent ouvrage, L&lt;i&gt;e serviteur et son ma&#238;tre. Essai sur le sentiment pl&#233;b&#233;ien&lt;/i&gt; . Nous aurons l'occasion d'&#233;voquer les modifications d'inflexion entre ces deux moments, dont on pourrait dire qu'ils mettent en sc&#232;ne deux &#233;poques bien diff&#233;rentes de ce rapport. C'est qu'Alain Brossat envisage en effet le rapport ma&#238;tre/serviteur, comme un &#171; invariant &#187;, en tant que &#171; principe d'intelligibilit&#233; &#187; , qui, traversant des types de rapports diversement identifi&#233;s, constituerait leur commun, &lt;i&gt;malgr&#233; tout,&lt;/i&gt; c'est-&#224;-dire lors m&#234;me qu'on n'identifierait pas, &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, ce commun. Autrement dit, si le rapport ma&#238;tre/serviteur est bien de l'ordre de &lt;i&gt;l'imm&#233;morial&lt;/i&gt;, il ne manque de s'insinuer, &#233;galement, dans les rapports entre capitalistes et prol&#233;taires, quand bien m&#234;me la pens&#233;e marxiste consid&#233;rerait le rapport ma&#238;tre/serviteur comme d&#233;pass&#233; pour l'essentiel dans le cadre de la modernit&#233;. A n&#233;gliger cette dimension d'imm&#233;morial, r&#233;tif &#224; toute substantialisation dans un type de rapports sociaux d&#233;termin&#233;s, le risque alors serait &#233;vident d'ouvrir la voie &#224; une sorte de Grand R&#233;cit de l'&#233;mancipation des opprim&#233;s &#224; partir de la figure du prol&#233;taire, en faisant passer par pertes et profits les luttes pl&#233;b&#233;iennes du serviteur ingouvernable. Qu'on songe seulement &#224; la violence de Marx &#224; l'&#233;gard du &lt;i&gt;Lumpenproletariat&lt;/i&gt;. Or, &#224; insister sur le caract&#232;re &lt;i&gt;imm&#233;morial&lt;/i&gt; du rapport ma&#238;tre/serviteur, le nouveau livre d'Alain Brossat laisse entendre qu'un &lt;i&gt;petit r&#233;cit&lt;/i&gt;, t&#234;tu, ne cesse pourtant de s'inscrire dans les marges de l'Histoire &#8211; petite musique pl&#233;b&#233;ienne que l'orchestration dialectique de l'histoire tend &#224; &#233;touffer, mais qui parvient pourtant &#224; percer, par intermittences, dans notre modernit&#233;, et selon des modalit&#233;s diff&#233;renci&#233;es. Et c'est bien l&#224; l'objectif affirm&#233; de ce livre : &#171; Tenter de discerner la fa&#231;on dont l'immense continent perdu de la lutte qui oppose le ma&#238;tre au serviteur affleure constamment, dans le moderne et le contemporain sous le vocabulaire fossilis&#233; de la lutte des classes, dans les failles du discours h&#233;g&#233;monique de la coh&#233;sion sociale [...] &#187; . Or, une telle attention est celle que requi&#232;rent les surgissements inopin&#233;s, intempestifs de la pl&#232;be elle-m&#234;me &#8211; dont on pourrait alors dire que, pour surgir &#233;ventuellement dans le cadre d'un rapport de classes de type capitaliste, elle le d&#233;borde cependant, dans la mesure m&#234;me o&#249; dans cet affrontement il en va d'une actualisation du rapport ma&#238;tre/serviteur. Cette n&#233;cessit&#233; de discerner ce qui fait signe, dans notre pr&#233;sent, vers ce rapport imm&#233;morial, c'est ce qui conduira l'auteur &#224; rapprocher, dans une certaine mesure (c'est-&#224;-dire aussi &#224; op&#233;rer les diff&#233;renciations n&#233;cessaires) la figure de &lt;i&gt;l'&#233;meute&lt;/i&gt; de celle de &lt;i&gt;l'argumentation&lt;/i&gt;, cette derni&#232;re dont les personnages de Figaro et de Jacques (le fataliste) avaient alors permis de cerner les contours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Que l'&#233;meute soit aujourd'hui devenue le th&#233;&#226;tre de l'irruption, sur la sc&#232;ne publique, d'une voix discordante, brisant le consensus, &#233;chappant aux conditions du &#171; dialogue social &#187;, c'est pourtant ce qui doit se penser dans un rapport de continuit&#233; &#8211; certes paradoxal, contrari&#233; &#8211; avec l'ancienne capacit&#233; du pl&#233;b&#233;ien &#224; faire triompher sa cause au moyen de l'argumentation. C'est que le fond de la cause d&#233;fendue reste le m&#234;me, celui de l'affirmation d'une &#171; appartenance au commun &#187;, celui qu'Alain Brossat &#233;non&#231;ait ainsi dans &lt;i&gt;Le serviteur et son ma&#238;tre&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire lorsqu'il envisageait l'inscription du pl&#233;b&#233;ien sur le terrain, non de la bataille, mais de la parole : &#171; Le jeu du pl&#233;b&#233;ien est tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment celui qui consiste &#224; mettre en place un dispositif strat&#233;gique dans lequel l'&#233;galit&#233;, le principe d'&#233;quivalence universelle de tout humain avec tout autre sera pr&#233;sent&#233; comme cela m&#234;me qui est l'objet du litige, cela m&#234;me qui fait l'objet d'un d&#233;ni et d'un refoulement obstin&#233; de la part des ma&#238;tres &#187; . Se situant alors sur le terrain de la parole, le pl&#233;b&#233;ien (Figaro chez Beaumarchais, Jacques, chez Diderot) participe bien alors des formes de pacification propres au processus de d&#233;mocratisation moderne, mais comme un p&#244;le de r&#233;sistance, dans le cadre d'une relation ma&#238;tre/serviteur sans cesse en cours de recomposition, &#224; la mani&#232;re d'une &#171; r&#233;serve de l&#233;gitimit&#233; in&#233;puisable &#187; . Sur cette base de la ma&#238;trise de la langue, il suffira alors &#224; un serviteur de parler et raisonner (comme tout &#234;tre humain en a la capacit&#233;) &#171; pour brouiller la relation imm&#233;moriale &#8211; en apparaissant comme ma&#238;tre de la langue face &#224; un ma&#238;tre emprunt&#233; &#187; . Or, cette r&#233;tivit&#233;, cette ingouvernabilit&#233; vont devoir se red&#233;finir, lorsqu'aux &#171; &#233;changes verbaux &#187; du &lt;i&gt;Mariage de Figaro&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Jacques le fataliste&lt;/i&gt; vont se substituer, comme c'est le cas aujourd'hui, &#171; le dispositif g&#233;n&#233;ral de la communication &#187; . D&#232;s lors, en effet, les enjeux de cette lutte imm&#233;moriale entre le ma&#238;tre et le serviteur vont devenir confus, rendant ainsi impossible une ma&#238;trise pl&#233;b&#233;ienne sur le terrain du langage. Comme l'indique Alain Brossat, &#171; la &#8220;communication&#8221; est ce qui permet &#224; la langue des ma&#238;tres de reprendre barre continuellement sur les dispositions, les pens&#233;es, les paroles et les gestes des serviteurs en les enveloppant dans des fa&#231;ons de dire, des syntagmes brevet&#233;s, des r&#233;gimes de r&#233;partition du vrai et du faux, des formules &#8220;correctes&#8221;, des &#8220;&#233;l&#233;ments de langage&#8221; - bref tout un r&#233;gime d'infiltration et d'emmaillotage de leurs modes de pens&#233;e et d'agir destin&#233;s &#224; produire une sorte de maximum de conformit&#233; discursive et donc de &lt;i&gt;docilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; . La pacification d&#233;mocratique prend alors la forme du &#171; consensus anomique &#187; , ce qui signifie alors que l'entente entre serviteurs et ma&#238;tres se d&#233;place sur le terrain de l'impens&#233; &#8211; cet accord est au fond extorqu&#233; &#224; travers les syntagmes faussement descriptifs par lesquels r&#232;gnent les ma&#238;tres, en ce qu'&#224; les employer, f&#251;t-ce dans une intention critique, on en reproduit n&#233;cessairement la logique ali&#233;nante : &#171; la crise &#187;, &#171; le terrorisme &#187;, &#171; le dialogue social &#187;, &#171; les flux migratoires &#187;, &#171; la s&#233;curit&#233; &#187;, etc . On comprend que la parole ne peut plus d&#232;s lors constituer, pour les pl&#233;b&#233;iens, le moyen d'une affirmation du principe d'&#233;galit&#233; selon lequel un homme vaut un homme : &#171; Les pl&#233;b&#233;iens d'aujourd'hui sont &#233;cartel&#233;s entre les idiomes qui les enferment, les &#233;pinglent, les d&#233;valorisent, les ethnicisent ou les folklorisent (le langue des cit&#233;s) et la parole standard de la &#8220;communication&#8221; - le sabir du pouvoir et des &#233;lites mis en partage par les m&#233;dias&#8221; . Dans ces conditions, on comprend bien que ce sont d&#232;s lors les corps qui, dans leur surgissement, viennent exhiber l'insupportable, et non plus le langage qui vient le pr&#233;senter &#8211; &#224; ce moment, &#8220;l'&#233;meute se substitue &#224; l'altercation&#8221; . Que toutefois, &#224; travers le langage et l'argumentation, jadis, et au moyen de l'&#233;meute, aujourd'hui, on ait bien &#224; faire au &lt;i&gt;pl&#233;b&#233;ien&lt;/i&gt;, aux prises avec son ou ses ma&#238;tre(s), c'est notamment ce qu'indique le fait que, dans les deux cas, il ne s'agit pas pour le serviteur de se transformer en ma&#238;tre &#8211; il ne veut pas le pouvoir, mais il cherche seulement &#224; faire entendre son appartenance au commun. On se trouve bien ici, par cons&#233;quent, face au &lt;i&gt;pl&#233;b&#233;ien&lt;/i&gt;, qui ne s'identifie nullement au prol&#233;tariat, qui ne se sent investit d'aucune t&#226;che historique &#8211; ce qu'Alain Brossat indique de cette mani&#232;re : &#171; [Le pl&#233;b&#233;ien] &#233;nonce avec nettet&#233;, parfois v&#233;h&#233;mence, ce qui ne peut plus durer, mais son &#233;nergie ne s'investit pas dans un de ces ambitieux programmes de destruction/r&#233;&#233;dification que l'on a vu prosp&#233;rer aux XIXe et XXe si&#232;cles. Il aspire &#224; l'autonomie, &#224; la reconnaissance de son int&#233;grit&#233; (comme personne humaine), il n'est pas en marche vers la conqu&#234;te du pouvoir &#187; . En ce qui concerne notre temps pr&#233;sent, on dira que &lt;i&gt;l'&#233;meute&lt;/i&gt; n'est pas davantage la recherche d'une prise de pouvoir, et qu'ainsi elle maintient la violence pl&#233;b&#233;ienne &#224; l'&#233;cart de toute tentative qui chercherait &#224; op&#233;rer une captation allant dans ce sens - mais il est vrai que les choses ont bien chang&#233; et qu'en passant du langage &#224; l'&#233;meute, la &#171; condition ensoleill&#233;e du serviteur &#187; a laiss&#233; place &#224; un &#171; corps souffrant &#187; C'est qu'entretemps, la &lt;i&gt;distance&lt;/i&gt; entre le serviteur et son ma&#238;tre s'est accrue comme jamais, ne serait-ce qu'&#224; travers le fait de ne plus partager une langue commune. Des corps souffrants se substituent par cons&#233;quent &#224; cette forme d'all&#233;gresse du serviteur, qui, sans m&#234;me recourir &#224; la violence vive, &lt;i&gt;d&#233;faisait&lt;/i&gt; les pr&#233;tentions imm&#233;moriales du ma&#238;tre, ou, comme l'&#233;crit l'auteur, &#171; &lt;i&gt;&#233;vid[ait]&lt;/i&gt; la ma&#238;trise en mettant les rieurs de son c&#244;t&#233; &#187; . La figure du pl&#233;b&#233;ien est par cons&#233;quent toujours pr&#233;sente dans celle de l'&#233;meutier, mais c'est son inefficacit&#233; &#224; enrayer le pouvoir de ma&#238;trise qui nous frappe. La r&#233;volte de la servante, humili&#233;e dans la suite 2806 du Sofitel de New York, ne trouve pas m&#234;me &#224; se dire sur le terrain de la justice institutionnelle &#8211; le m&#233;pris infini avec lequel DSK traite cette femme de m&#233;nage, noire, migrante d'un pays africain, se trouve redoubl&#233;e par l'impossibilit&#233; de porter le &lt;i&gt;litige&lt;/i&gt; sur la place publique. Comme le souligne Alain Brossat : &#171; A ce m&#233;pris ne peut r&#233;pondre qu'une fureur et une rage dont les moyens d'expression non violents dans les espaces publics sont &#224; peu pr&#232;s nuls &#187; . S'il est une t&#226;che urgente pour notre pr&#233;sent, par cons&#233;quent, ce serait bien celle qui consisterait &#224; trouver les moyens de faire d&#233;jouer les effets de pouvoir qui r&#233;duisent la pl&#232;be &#224; l'impuissance. Non pas pour que cette pl&#232;be endosse un projet de domination (car alors elle se nierait comme pl&#232;be, en se substantialisant), mais pour qu'elle d&#233;veloppe de nouveaux moyens d'enrayer les processus de pouvoir produisant de l'humiliation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Prolongeant cette r&#233;f&#233;rence &#224; &#171; l'affaire DSK &#187;, et pour ouvrir la discussion, on peut se pencher un instant sur la question du rapport ma&#238;tre/serviteur susceptible de traverser, de mani&#232;re sp&#233;cifique, la relation hommes/femmes. Il ne peut s'agir en cela, bien &#233;videmment, de r&#233;duire le rapport hommes/femmes &#224; une question de &#171; rapports de sexes &#187; calqu&#233;s sur le mod&#232;le des rapports de classes dans le cadre de la th&#233;orie marxienne. Autrement dit, si les relations entre les hommes et les femmes sont susceptibles, partiellement, et selon des occurrences toujours singuli&#232;res, d'&#234;tre consid&#233;r&#233;es &#224; partir de cet imm&#233;morial qu'est le rapport ma&#238;tre/serviteur, c'est pr&#233;cis&#233;ment parce que &#171; la &#187; femme, dans ce rapport, ne saurait &#234;tre assimil&#233;e, sans autre forme de proc&#232;s &#224; &#171; la prol&#233;taire du prol&#233;taire &#187;. Disant cela, je pense en particulier aux situations dans lesquelles r&#232;gne une forme d'&#233;galit&#233; sociale &#224; l'int&#233;rieur d'un couple homme/femme, sans cependant emp&#234;cher l'&#233;mergence d'une figure de la conjugalit&#233; comme domesticit&#233;, irr&#233;ductible cependant au rapport bourgeois/prol&#233;taire &#8211; la r&#233;partition des t&#226;ches domestiques au sein de ce couple, par exemple, pourra fort bien reproduire les modalit&#233;s imm&#233;moriales de la division sexuelle du travail. Dans ces conditions, et en en restant &#224; l'exemple de DSK, l'attitude de l'agresseur se trouverait surd&#233;termin&#233;e en ceci que son m&#233;pris social &#224; l'&#233;gard de la femme de chambre Nafissatou Diallo se trouverait redoubl&#233; par le fait qu'il s'agit d'une femme &#8211; en cela, il y aurait une modalit&#233; sp&#233;cifique du rapport ma&#238;tre/serviteur qui trouverait l'occasion de s'actualiser, dans le cadre de certaines formes de rapports hommes/femmes. C'est en ce sens, me semble-t-il, qu'on peut saisir la remarque d'Alain Brossat, selon laquelle les figures f&#233;minines prises par le personnage du serviteur (&#171; la bonne, la servante, la domestique &#187;) nous enseignent que &#171; les enjeux du genre sont ici [&#8230;] cruciaux &#187; . Plus pr&#233;cis&#233;ment, lorsqu'il est question de &#171; l'enjeu [de] la pr&#233;dation sexuelle &#187;, la question du genre est &#233;voqu&#233;e dans ce livre en lien avec celle de la sexuation, et non pas en lieu et place de cette derni&#232;re : &#171; Ce n'est pas seulement ici [la question de] la &lt;i&gt;sexuation&lt;/i&gt; de la relation qui est en jeu, mais aussi celle du genre &#8211; le masculin comme composante de la ma&#238;trise et le f&#233;minin comme accompagnement de la subalternit&#233; [...] &#187; . Cet &#233;cart entre sexe et genre est donc bien ouvert par cette remarque, mais il me semblerait int&#233;ressant d'envisager un renversement d'accent dans la relation, en soulignant alors plut&#244;t que dans &#171; l'affaire du Sofitel &#187;, ce n'est pas seulement une question de genre qui est en jeu, mais aussi une question de sexuation (et pour &#233;viter tout risque d'essentialisation &#224; cet &#233;gard, pr&#233;cisons : les dites femmes et les dits hommes). Autrement dit, que le rapport homme/femme, sur le mode du rapport imm&#233;morial ma&#238;tre/serviteur ait suffisamment &#233;t&#233; pens&#233; sous l'angle de la sexuation, pour devoir laisser &#224; pr&#233;sent la premi&#232;re place &#224; un questionnement sur le genre (entendu &#224; partir de l'opposition masculin/f&#233;minin renvoyant &#224; l'opposition ma&#238;trise/subalternit&#233;), cela ne me semble pas aller de soi. En effet, le rapport de sexuation a bien souvent &#233;t&#233; plut&#244;t consid&#233;r&#233; selon l'axe des &#171; rapports de sexes &#187;, eux-m&#234;mes envisag&#233;s sur le mod&#232;le des &#171; rapports de classes &#187;, et par ailleurs, le mod&#232;le d'&#233;mancipation, pour les femmes, a surtout &#233;t&#233; celui d'une &#233;galisation des conditions selon un principe universaliste, o&#249; l'universel, de fait, s'identifiait, pour l'essentiel du moins, au masculin. C'est par exemple le fait, pour les femmes, de travailler en dehors de l'espace domestique (&#224; l'image de ce que faisaient g&#233;n&#233;ralement les hommes) qui fut valoris&#233;, et si, en effet, c'&#233;tait bien l&#224; pour elles le moyen d'acqu&#233;rir, notamment, une forme d'autonomie financi&#232;re, ce fut aussi souvent ce qui entra&#238;na pour les femmes la n&#233;cessit&#233; de fournir une double journ&#233;e de travail. Par ailleurs, cette valorisation du travail des femmes hors du milieu domestique n'a pas manqu&#233; d'entra&#238;ner un jugement n&#233;gatif &#224; l'&#233;gard des &#171; femmes au foyer &#187;, au b&#233;n&#233;fice d'une nouvelle normativit&#233;, comme si elles &#233;taient n&#233;cessairement les tenantes d'un mod&#232;le archa&#239;que, heureusement d&#233;pass&#233; par les progr&#232;s de l'&#233;mancipation f&#233;minine. C'est le Grand R&#233;cit, l&#224; encore, qui menace d'&#233;touffer les petits r&#233;cits o&#249; peut-&#234;tre, pourtant, se dirait quelque chose d'essentiel des modalit&#233;s par lesquelles les femmes, dans le rapport ma&#238;tre/serviteur qui affleure au sein des relations hommes/femmes, inventent des moyens pour enrayer le pouvoir du ma&#238;tre. Les strat&#233;gies que les femmes, dans leurs rapports aux hommes, peuvent &#234;tre amen&#233;es &#224; utiliser pour subvertir le rapport ma&#238;tre/serviteur ne sont pas sans rapport avec les jeux d'argumentation que Figaro pouvait utiliser, si elles ne se confondent pas avec eux cependant &#8211; et, en cela, la figure de la pl&#232;be qui se d&#233;gage ici rev&#234;t des traits incontestablement sexu&#233;s, vers lesquels feraient signe ces mots de Pasolini, malgr&#233; leur dimension provocatrice : &#171; Il est vrai que pendant des si&#232;cles, la femme a &#233;t&#233; exclue de la vie civile, des professions, de la politique. Mais en m&#234;me temps elle a joui de tous les privil&#232;ges que l'amour de l'homme lui donnait : elle a v&#233;cu l'exp&#233;rience extraordinaire d'&#234;tre servante et reine, esclave et ange. L'esclavage n'est pas une situation pire que la libert&#233;, elle peut au contraire &#234;tre merveilleuse &#187; . Bien s&#251;r, l'esclavage est &#224; entendre ici dans un sens m&#233;taphorique, la figure d&#233;sign&#233;e &#224; travers ces mots &#233;tant bien plut&#244;t celle des femmes comme servantes des hommes. Dans ces conditions, les mots de Pasolini indiqueraient les possibilit&#233;s de gestes discr&#232;tement subversifs dont cette figure de la servante serait riche &#8211; elle qui, &#224; aucun moment n'envisage l'acquisition d'une position de ma&#238;trise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la relation entre Julien Sorel et Madame de R&#234;nal, est plac&#233;e par Alain Brossat dans un rapport d'opposition avec celle que Marx entretenait avec sa bonne, et qui le conduisit &#224; lui faire un enfant, c'est que cette opposition met bien en &#233;vidence une sp&#233;cificit&#233; &lt;i&gt;sexuelle&lt;/i&gt;, une dissym&#233;trie, &#224; travers laquelle un amour &#233;galisateur des conditions s'av&#232;re possible entre Madame de R&#234;nal et Julien, qui occupe pourtant &#224; ce moment-l&#224; une position &#233;quivalente &#224; celle du serviteur, alors que la seconde forme de relation, entre Marx et sa domestique, ne peut &#234;tre que de pr&#233;dateur &#224; proie. Certes, mais en revanche, l'inscription de cette dissym&#233;trie sexu&#233;e au sein d'une in&#233;galit&#233; des conditions sociales, dans les deux cas, me semble emp&#234;cher de penser la relation imm&#233;moriale ma&#238;tre/serviteur (au-del&#224; de la relation empirique ma&#238;tre/servante, donc) comme susceptible de s'incarner, sous certaines conditions, dans le cadre des relations hommes/femmes en tant que tel, ind&#233;pendamment de la question du statut social. La t&#226;che qui me semble encore &#224; effectuer, de ce point de vue, serait celle consistant &#224; isoler la relation sexu&#233;e pour en &#233;tudier les formes sp&#233;cifiques que la relation ma&#238;tre/serviteur peut y prendre, en venant s'y incarner, avec les gestes de contre-conduites, eux-m&#234;mes sp&#233;cifiques, qui en d&#233;couleraient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Pour finir, j'aimerais &#233;voquer un extrait d'un r&#233;cit tir&#233; du livre d'Afdhere Jama, intitul&#233; &lt;i&gt;Citoyens interdits. Les minorit&#233;s sexuelles dans les pays musulmans,&lt;/i&gt; pour ce qu'il indique des strat&#233;gies que certaines femmes sont conduites &#224; d&#233;ployer, dans le cadre d'un rapport ma&#238;tre/serviteur, s'inscrivant ici dans le cadre des valeurs propres au patriarcat &#8211; gestes de contre-conduites qui, toutes sp&#233;cifiques qu'elles soient, me semblent faire &#233;cho aux strat&#233;gies langagi&#232;res de Figaro ou de Jacques, le personnage du roman de Diderot, mais aussi aux &#233;meutes contemporaines, pour les &lt;i&gt;corps souffrants&lt;/i&gt; que, parfois, ces strat&#233;gies conduisent &#224; jeter dans la lutte. Il s'agit en l'occurrence de l'histoire de Fatma, femme libanaise attir&#233;e sexuellement par les femmes : &#171; Quand elle eut dix-sept ans, son p&#232;re la maria &#224; un homme qui avait plus de deux fois son &#226;ge. Elle ne fut pas forc&#233;e mais elle se sentit contrainte par sa culture. &#8220;Ce fut une situation tr&#232;s difficile &#224; accepter au d&#233;but parce que je savais que j'&#233;tais lesbienne, dit-elle avec des larmes dans les yeux. Je ne pensais pas que cela poserait probl&#232;me. Je pensais &#8220;Je peux toujours faire semblant&#8221;. Apr&#232;s tout, je connaissais toutes ces femmes dans ma famille qui n'&#233;taient pas satisfaites sexuellement&#8221;. Pour Fatma, le mariage pouvait s'av&#233;rer &#234;tre une chance en soi. &#8220;Pour la premi&#232;re fois, j'allais obtenir une forme de libert&#233; dans ma vie, dit-elle. J'avais imagin&#233; pendant si longtemps une vie loin de mon p&#232;re. Et m&#234;me si j'&#233;tais lesbienne, je savais que la seule porte de sortie serait le mariage. Je sais que cela semble contradictoire mais en r&#233;alit&#233;, c'est la v&#233;rit&#233;. J'ai donc accept&#233; le mariage dans l'intention d'avoir enfin une vie loin de ma famille&#8221; &#187; .&lt;/p&gt; &lt;p&gt; L'id&#233;e d'introduire le principe explicatif constitu&#233; par le rapport ma&#238;tre/serviteur dans l'analyse des rapports hommes/femmes ne doit pas nous conduire &#224; identifier les hommes, en tant que tels, &#224; des oppresseurs visant &#224; soumettre les femmes, bien &#233;videmment. Il s'agit seulement d'indiquer un imm&#233;morial propre au rapport hommes/femmes qui n'est pas sans consoner avec l'imm&#233;morial rapport ma&#238;tre/serviteur. Ce qui n'exclut pas, de mani&#232;re tout aussi &#233;vidente, qu'il y ait des hommes n'ayant aucune intention d'entretenir un rapport de domination &#224; l'&#233;gard des femmes. Malgr&#233; tout, cela n'emp&#234;che pas, structurellement, que chacun de ces rapports imm&#233;moriaux parvienne &#224; se frayer un passage, &lt;i&gt;nolens volens&lt;/i&gt;. Il me semble que privil&#233;gier en cela une analyse en termes de genre, de pr&#233;f&#233;rence &#224; une analyse en termes de sexuation, ce serait prendre le risque de dissoudre les modalit&#233;s sexu&#233;es de l'imm&#233;morial rapport ma&#238;tre/serviteur dans les modalit&#233;s socio-&#233;conomiques de cet imm&#233;morial, et ainsi courir le risque de manquer le renforcement de la dissym&#233;trie entre le ma&#238;tre et le serviteur, lorsque ce dernier est identifi&#233; comme une femme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>FOUCAULT ET LA G&#201;NEALOGIE DES SEXES</title>
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		<description>FOUCAULT ET LA G&#201;NEALOGIE DES SEXES Rosa Mar&#237;a Rodr&#237;guez Magda Comment aborder l'&#339;uvre d'un auteur qui ne voulait pas &#234;tre un auteur, qui reniait la notion d'&#339;uvre, et en plus dans une recherche sur un sujet qui d'ailleurs il ne s'occupa trop ? Probablement de la m&#234;me fa&#231;on dont il parlait des autres : &#171; Les gens que j'aime, je pr&#233;f&#232;re les utiliser&#8230;, les d&#233;former, les faire geindre et protester &#187;. Il s'agit d'utiliser des textes, des intuitions et de les appliquer en amplifiant leur premier champ (...)

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;FOUCAULT ET LA G&#201;NEALOGIE DES SEXES&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Rosa Mar&#237;a Rodr&#237;guez Magda&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment aborder l'&#339;uvre d'un auteur qui ne voulait pas &#234;tre un auteur, qui reniait la notion d'&#339;uvre, et en plus dans une recherche sur un sujet qui d'ailleurs il ne s'occupa trop ? Probablement de la m&#234;me fa&#231;on dont il parlait des autres : &#171; Les gens que j'aime, je pr&#233;f&#232;re les utiliser&#8230;, les d&#233;former, les faire geindre et protester &#187;. Il s'agit d'utiliser des textes, des intuitions et de les appliquer en amplifiant leur premier champ d'exp&#233;rimentation, de contraindre des engrenages et des structures pour retourner la th&#233;orie sur elle-m&#234;me ou jusqu'au point sans retour de sa diss&#233;mination. Faire circuler les suggestions, appliquer les m&#233;thodologies &#224; des objets qui en principe resteront en dehors de leur horizon, forcer les interpr&#233;tations jusqu'&#224; leur contradiction ou leur saut qualitatif, capables ainsi de clarifier d'autres perspectives. Pour ce faire, la fid&#233;lit&#233; n'est qu'une premi&#232;re &#233;tape qui se r&#233;sout dans un nouveau prisme cr&#233;atif. Qu'est ce que j'ai voulu faire avec ce livre ? Il s'agit de relire Foucault, tout en partant d'une hypoth&#232;se simple : les sexes sont, du moins, au nombre de deux. Comment les th&#232;mes trait&#233;s dans ses textes : pouvoir, v&#233;rit&#233;, subjectivation, technologie du moi, etc. affectent-ils &#224; la g&#233;n&#233;alogie de la femme comme sujet/objet de d&#233;sir, &#224; l'identit&#233; de genre f&#233;minine ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences &#224; la femme dans chacune des &#233;tapes de la pens&#233;e foucauldienne :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Les r&#233;f&#233;rences &#224; la femme ne sont pas abondantes dans l'&#339;uvre foucaldienne et il ne s'agit pas non plus d'effectuer une r&#233;vision exhaustive et anecdotique. La figure f&#233;minine est pr&#233;sente dans deux des textes de Foucault : Herculine Barbin dite Alexina B.*, s'occupant du th&#232;me du vrai sexe dans un cas d'hermaphrodisme avec une &#233;ducation f&#233;minine, et faisant r&#233;f&#233;rence au milieu familial dans Le d&#233;sordre des familles. On peut aussi trouver des r&#233;f&#233;rences &#224; la sorci&#232;re comme figure qui pr&#233;c&#232;de celle de l'hyst&#233;rique. Dans divers entretiens des ann&#233;es soixante-dix, les femmes, comme les fous, les ch&#244;meurs, etc., sont cit&#233;es comme un secteur p&#233;riph&#233;rique du pouvoir, dans ce qu'il appela la marge ou la pl&#232;be. Plus sp&#233;cialement, Foucault inclut le f&#233;minisme dans ce qu'il appelle les &#171; luttes transversales &#187;, en &#233;tablissant aussi les ressemblances et les diff&#233;rences entre les mouvements de lib&#233;ration de la femme et les mouvements homosexuels. C'est dans La volont&#233; de savoir que le th&#232;me de la femme n'est plus ponctuel ou p&#233;riph&#233;rique. Foucault situe la caract&#233;risation pathologique de la femme nerveuse, l'&#233;pouse frigide, la m&#232;re indiff&#233;rente&#8230; au sein de la famille victorienne. Il y &#233;tude la socialisation des conduites procr&#233;atrices et c'est &#224; partir de cette &#233;poque que le concept d'une &#171; biopolitique de la population &#187; se profile. Dans son premier plan de l'histoire de la sexualit&#233; est annonc&#233; comme tome IV : La femme, la m&#232;re et l'hyst&#233;rique, qui aurait d&#233;velopp&#233; les th&#232;mes qui s'annon&#231;aient dans la Volont&#233; de savoir. En termes g&#233;n&#233;raux, les deux derniers tomes de l'histoire de la sexualit&#233; repr&#233;sentent une inflexion consid&#233;rable dans la perspective o&#249; Foucault se situe. Jusqu'&#224; ce moment la, le philosophe est proche des ph&#233;nom&#232;nes qu'il analyse, mais ils sont vus de l'ext&#233;rieur. Bien que g&#233;n&#233;ralement Foucault ne s'occupe pas des femmes, sa perspective est &#233;pist&#233;mologiquement valable pour la recherche f&#233;ministe : Foucault attaque l'essentialisme, &#8211; mais, si l'homme est une invention r&#233;cente, la femme devient &#224; plus forte raison une fabrication subsidiaire-, il d&#233;crit la gen&#232;se disciplinaire des sciences humaines (en ouvrant la voie au d&#233;veloppement de la critique des m&#233;canismes de pouvoir et la volont&#233; de domination sp&#233;cifiques du regard m&#233;dical, &#224; l'anthropologie, &#224; la psychologie&#8230; sur la femme) ; il d&#233;nonce la relation pouvoir/savoir avec ses proc&#233;d&#233;s d'exclusion et de contr&#244;le, en d&#233;voilant la volont&#233; de v&#233;rit&#233; &#8211;en brisant l'objectivit&#233; scientifique, tous ces &#233;l&#233;ments rendent possible le d&#233;veloppement f&#233;ministe qui met en &#233;vidence le caract&#232;re androcentrique du savoir-, et, g&#233;n&#233;ralement, sa constante analyse des strat&#233;gies du pouvoir admet un prolongement de ses domaines de recherche, en incluant des divers m&#233;canismes du pouvoir patriarcal. Foucault, en se situant dans la r&#233;sistance face &#224; l'intol&#233;rable du pouvoir, d&#233;fend un lieu &#233;pist&#233;mologique susceptible d'&#234;tre occup&#233; par tous ceux qui se pensent aussi eux-m&#234;mes comme r&#233;sistance, et donc propice &#224; la d&#233;construction f&#233;ministe, tout du moins dans le sens que Derrida donna &#224; ce mot dans les ann&#233;es soixante-dix. Le probl&#232;me r&#233;siderait dans le fait que, pendant les premi&#232;res p&#233;riodes de la pens&#233;e foucauldienne, toute consolidation d'une identit&#233; forte comme sujet r&#233;sistant est &#233;vit&#233;e, toute d&#233;finition provient du pouvoir et elle en est suspecte, toute lib&#233;ration ne fait rien d'autre que suivre l'ordre normalisateur, et cela a une grande importance pour les collectifs auxquels le statut de sujet n'a pas &#233;t&#233; reconnu, que ce soit &#233;pist&#233;mologiquement ou politiquement, et pour ceux auxquels le fait d'y renoncer d&#232;s le d&#233;part dans leur lutte pour la reconnaissance semble peut-&#234;tre pr&#233;mature et dangereux. D'autre c&#244;t&#233;, l'appropriation f&#233;ministe des tomes deux et trois de L'histoire de la sexualit&#233; et des textes de sa derni&#232;re p&#233;riode implique une r&#233;vision encore plus critique, puisqu'il ne dit rien contre le pouvoir &#8211;il &#233;vite ainsi tous ceux qui en ont &#233;t&#233; exclus- il parle plut&#244;t du sujet d&#233;tenteur du savoir, en assumant pr&#233;cis&#233;ment son androcentrisme comme g&#233;n&#233;rateur de toute une culture et une &#233;thique. Ici, le point de vue change radicalement. Il ne s'agit plus de l'objectivisation et de la normalisation de l'&#234;tre humain, mais des techniques du sujet et de la subjectivation, et pour cela l'auteur nous renvoie &#224; une &#233;poque, &#224; certaines cultures o&#249; le paradigme de la &#171; ma&#238;trise de soi &#187; et l'exercice de la &#171; pratique de la libert&#233; &#187; est nettement viril : celui qui peut &#234;tre ma&#238;tre de soi-m&#234;me parce qu'il domine d'autres personnes est l'homme, adulte, blanc, citoyen de plein droit. Il semble curieux que lorsqu'il est fait allusion &#224; la position du sujet, qui, comme nous l'avons vu, &#233;tait absente de ses textes ant&#233;rieurs, la femme est exclue de ce processus. Dans le premier tome de L'histoire de la sexualit&#233;, le sujet n'existe pas ind&#233;pendamment de l'instance ext&#233;rieure normalisatrice, c'est pourquoi toute tentative de lib&#233;ration sexuelle est vaine. En revanche, dans les tomes deux et trois, nous nous situons &#224; l'int&#233;rieur du sujet, encore en formation, pour observer les &#171; techniques de soi &#187; qui vont forger, d'abord comme des pratiques de libert&#233;, une esth&#233;tique de l'existence, puis plus tard, dans la ma&#238;trise de soi, une &#233;thique de la temp&#233;rance, et finalement, dans les variations de l'examen de conscience chr&#233;tien, une recherche de la v&#233;rit&#233;. Et m&#234;me si Foucault ne pr&#233;tend pas extrapoler le mod&#232;le grec ou l'&#233;thique sto&#239;cienne comme un mod&#232;le &#224; r&#233;cup&#233;rer dans notre pr&#233;sent , il se laisse tout de m&#234;me aller &#224; une sorte de fascination, qui l'emp&#234;che d'appliquer &#224; ces deux mod&#232;les l'analyse critique des relations de pouvoir avec laquelle il diss&#232;que d'autres &#233;poques .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une critique de genre :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Dans mon livre, je n'ai voulu pas me limiter &#224; signaler la manifestation des tournures sexistes ou androcentriques pr&#233;sentes dans l'&#339;uvre de Foucault. J'ai tent&#233; de faire un Analyse extensive : appliquer ses d&#233;couvertes, sa m&#233;thodologie ou les crit&#232;res de sa pens&#233;e &#224; l'analyse de genre, en d&#233;veloppant divers moments : critique (rejeter les &#233;l&#233;ments androcentriques), d&#233;constructif (analyser sa gen&#232;se), reconstructif (composer un nouveau mod&#232;le sans mauvaises tournures) et prospectif (l'utiliser pour classer ou pour r&#233;pondre &#224; diverses questions en suspens). J'ai tent&#233; de clarifier les questions suivantes :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1.	Que dit Foucault sur la femme ?
2.	Quels traits androcentriques cachent ses affirmations ?
3.	Comment le f&#233;minisme a-t-il lu les textes foucaldiens ?
4.	Comment peuvent s'appliquer ses d&#233;couvertes &#224; la recherche sur le genre, principalement dans la r&#233;vocation de l'essentialisme et dans la th&#233;matisation de concepts comme : corps/chair, plaisir/d&#233;sir, identit&#233; de genre, sujet, v&#233;rit&#233;, g&#233;n&#233;alogie, insurrection des savoirs soumis, etc ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans une perspective de genre, la philosophie foucaldienne peut apporter des &#233;l&#233;ments pour la r&#233;flexion dans divers domaines. J'ai pr&#233;tendu &#233;valuer les suivants :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Est-ce que sa vision &#171; arch&#233;ologique &#187; et ses concepts annexes sont utilisables pour une histoire des femmes ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Est-elle compatible avec sa critique de l'humanisme ? Quelles cons&#233;quences, quels horizons et quelles questions en suspens laisse ouvertes la &#171; mort de l'homme &#187; pour la th&#233;orie f&#233;ministe ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Que veut la pens&#233;e f&#233;ministe d'une th&#233;orie du pouvoir et de la r&#233;sistance ? L'analyse foucaldienne du pouvoir et sa conceptualisation du f&#233;minisme comme &#171; lutte transversale &#187; satisfont-elles la n&#233;cessit&#233; de ce dernier (le f&#233;minisme) de se constituer comme une lutte antipatriarcale ? L'analyse de la microphysique du pouvoir et de la soci&#233;t&#233; disciplinaire nous apportent-elles suffisamment d'&#233;l&#233;ments pour une th&#233;orie f&#233;ministe critique ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Que souhaite la pens&#233;e f&#233;ministe d'une th&#233;orie du discours ? Les relations pouvoir/savoir nous offrent-elles des m&#233;canismes pour d&#233;monter lal&#233;gitimation des discours patriarcaux ? La construction d'une &#171; g&#233;n&#233;alogie des figures de l'h&#233;t&#233;ronomie &#187; est-elle possible ? Et une th&#233;orie de la subjectivation et de l'identit&#233; sexuel ? Est-ce qu'&#224; partir des notions de &#171; g&#233;n&#233;alogie &#187; et de &#171; subjectivation &#187; foucaldiennes peut se r&#233;aliser : 1) une d&#233;-construction de la subjectivit&#233; sexuelle constitu&#233;e, en analysant ses effets d'individuation et d'int&#233;riorisation de l'h&#233;t&#233;rod&#233;signation ; 2) on peut r&#233;aliser la reconstruction d'une subjectivit&#233; sexuelle-politique en dehors de l'androcentrisme ?, et 3) on peut r&#233;aliser une prospective de la possibilit&#233; de nouvelles subjectivit&#233;s de genre ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, je ne peux pas maintenant r&#233;sumer la r&#233;ponse &#224; tous c&#233;ttes questions. Il faut lire le livre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lectures f&#233;ministes de Foucault :&lt;/p&gt; &lt;p&gt; C'est dans le cadre d'une &#233;thique de la transgression et de l'invention de nous-m&#234;mes que la pens&#233;e de Foucault peut se connecter avec les aspirations du f&#233;minisme, dans l'exp&#233;rimentation de nouveaux modes d'action o&#249; les transformations sp&#233;cifiques de ces trente derni&#232;res ann&#233;es ont boulevers&#233; certaines inerties, notamment les relations avec l'autorit&#233;, les relations entre les sexes, la perception du pathologique, etc. Reconstruire, inventer, peut-&#234;tre abandonner la propre identit&#233; est un projet s&#233;rieux, et pr&#233;cis&#233;ment pour les femmes dans le m&#234;me sens dont se r&#233;clamait Foucault.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Nous aimerions souligner de fa&#231;on pr&#233;alable les champs de recherche o&#249; Foucault et le f&#233;minisme pourraient converger. Le f&#233;minisme et Foucault identifient tous les deux le corps comme centre d'exercice du pouvoir, lieu o&#249; s'obtient la docilit&#233; et o&#249; se constitue la subjectivit&#233;. Tous les deux s'occupent des op&#233;rations du pouvoir intimes et locales. De plus, ils montrent comment l'exercice global du pouvoir de l'Etat cache et se minimise souvent ces strat&#233;gies microphysiques. Tous les deux font ressortir l'importance du discours &#224; l'heure de souligner les discours h&#233;g&#233;moniques et d'exclure de sa v&#233;rit&#233; les voix marginales. Et ils critiquent tous les deux la fa&#231;on dont l'humanisme occidental a privil&#233;gi&#233; l'exp&#233;rience d'une &#233;lite masculine dans sa proclamation d'&#233;nonc&#233;s universels autour de la v&#233;rit&#233;, de la libert&#233; et de la nature humaine Si une des contributions les plus importantes de Foucault est sa th&#233;matisation de la relation pouvoir/savoir et sa tentative de faire ressortir &#171; l'&#233;conomie politique de la v&#233;rit&#233; &#187;, ceci nous ouvre un grand champ de &#171; soup&#231;on &#187; face &#224; l'h&#233;ritage &#233;pist&#233;mologique occidental. Il faut descendre jusqu'&#224; la gen&#232;se des sciences humaines et m&#233;dicales et jusqu'&#224; la gestation de la conscience moderne du corps et du sexe, mais du corps et du sexe diff&#233;renci&#233; : masculin, f&#233;minin, hommosexuel, lesbiene, transexuel&#8230;et sa m&#233;dicalisation diverse. Dans le cas de les femmes les traitements m&#233;dicaux et scientifiques de l'hyst&#233;rie f&#233;minine, de la st&#233;rilit&#233; et de la capacit&#233; de reproduction, anorexie, boulimie&#8230; D'autre part, on peut pas analyser l'importance de la notion de &#171; biopouvoir &#187; sans consid&#233;rer la perspective de genre. La recherche f&#233;ministe a document&#233; la &#171; m&#233;dicalisation &#187; du corps des femmes ; l'abus physique des femmes, depuis leur mise au b&#251;cher jusqu'au viol et &#224; la mutilation du corps f&#233;minin en fonction de la beaut&#233; sont seulement quelques-unes des formes gr&#226;ce auxquelles les f&#233;ministes ont identifi&#233; le corps des femmes comme la concr&#233;tisation du pouvoir masculin. L'absence de tous ces faits met en &#233;vidence des lacunes dans les g&#233;n&#233;alogies foucaldiennes qui pr&#233;tendent d&#233;tailler les op&#233;rations du pouvoir disciplinaire sur les corps, et qui laissent en suspens des th&#232;mes comme : la grossesse, l'avortement, le contr&#244;le de la natalit&#233;, l'anorexie, la boulimie, la chirurgie cosm&#233;tique, ou le traitement du cancer du sein et de l'ut&#233;rus.
La somme des visions f&#233;ministes et foucaldiennes amplifieront le d&#233;bat sur l'in&#233;gale &#233;tude binaire et gnos&#233;ologique : homme/femme, esprit/corps, &#226;me/mati&#232;re, etc. et elles &#233;tendraient la critique de l'humanisme occidental &#224; son versant androcentrique .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	CONCLUSION&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Tout au long de les pages de mon livre, j'essay&#233; de r&#233;capituler les points fondamentaux de la pens&#233;e foucaldienne concernant l'arch&#233;ologie, la notion de sujet, les relations de pouvoir/savoir, l'histoire de la sexualit&#233;, l'&#233;thique, etc. Dans chaque chapitre, je les ai confront&#233;s aux diverses r&#233;flexions f&#233;ministes &#224; cet &#233;gard, en dessinant des zones fructueuses de rencontre, en bouleversant quelques fois les hypoth&#232;ses. Je n'ai pas voulu tracer un trajet unidirectionnel, mais relier et percer les n&#339;uds d'un r&#233;seau multiple o&#249; il fallait quelques fois &#233;claircir des confusions et &#224; d'autres moments continuer d'ordonner. Foucault a beaucoup &#224; apporter &#224; la pens&#233;e f&#233;ministe, car si celle-ci souhaite devenir ma&#238;tre de sa tradition et de sa parole, elle doit reconstruire sa pr&#233;sence/absence de mani&#232;re arch&#233;ologique, r&#233;aliser une g&#233;n&#233;alogie effective de la diff&#233;rence sexuelle qui situe cette derni&#232;re comme un axe de base de la recherche et de la production th&#233;oriques, d&#233;fricher l'analytique du pouvoir qui conditionne les relations entre les sexes, contribuer en fin de compte &#224; une nouvelle reformulation &#233;thique bas&#233;e sur l'autonomie. Mais la pens&#233;e foucaldienne peut &#233;galement profiter de son croisement avec le f&#233;minisme. Tout au long de la pr&#233;sente &#233;tude, on constate la rupture entre un premier et un dernier Foucault. Les brillantes analyses du pouvoir nous offraient le corollaire d'un sujet, construit, un peu passif, presque mourant ; ses paris &#233;thiques post&#233;rieurs dessinaient les pratiques de libert&#233; dans un certain oubli des strat&#233;gies de contr&#244;le ; j'ai tent&#233; de compl&#233;ter ces deux moments avec leur application aux d&#233;veloppements du sexe/genre. Mais je ne voudrais pas conclure sans avancer une th&#232;se, risqu&#233;e, mais qui peut renverser les interpr&#233;tations &#224; l'usage de l'ensemble de son &#339;uvre : c'est l'introduction de la notion de genre, du concept de diff&#233;rence sexuelle, qui peut &#233;tablir un passage de coh&#233;rence entre les deux extr&#234;mes. L'inclusion du concept de diff&#233;rence sexuelle compl&#232;te et nuance la configuration et la recherche du sujet autonome de l'&#233;thique &#224; laquelle pr&#233;tend le dernier Foucault, en incorporant, &#224; partir de sa propre mat&#233;rialit&#233; et g&#233;n&#233;alogie, les d&#233;couvertes de son analytique du pouvoir. Un sujet &#233;thique sexu&#233; ne peut cesser de manifester les trames de pouvoir/savoir inscrites dans sa production culturelle, les proc&#233;d&#233;s de normalisation qui ont pr&#233;sid&#233; la relation entre les sexes, les strat&#233;gies de contr&#244;le qui ont l&#233;gitim&#233; la volont&#233; de v&#233;rit&#233; des dispositifs de sexualit&#233;, la structuration des param&#232;tres d'activit&#233;/passivit&#233; qui ont conditionn&#233; l'identification et l'h&#233;g&#233;monie des sexes &#171; v&#233;ritables &#187;. La notion de genre octroie la mat&#233;rialit&#233;, l'arch&#233;ologie perdue &#224; un processus de subjectivation qui d'une autre mani&#232;re appara&#238;t comme faussement neutre et superficiellement autonome. C'est la notion de diff&#233;rence sexuelle qui nous permet d'incorporer &#224; l'&#233;thique de la libert&#233; la m&#233;moire des strat&#233;gies de pouvoir qui ont configur&#233; la production d'un sujet sexu&#233;, et qui, &#224; partir de cette sexuation, s'appr&#234;te &#224; construire une nouvelle et plus grande subjectivit&#233;. C'est &#224; partir de cette perspective que nous pouvons reprendre les interrogations avec lesquelles j'ai commenc&#233; cette pr&#233;sentation : Que peut-on faire avec un auteur qui ne voulait pas &#234;tre un auteur ? Avec une &#339;uvre qui ne voulait pas en &#234;tre une ? Avec une critique destructrice qui ne construisit jamais son option ? Avec un des plus grands analystes des strat&#233;gies de pouvoir et qui cependant conclut sa vie en pariant pour une &#233;thique de la libert&#233; ? Ne pas &#234;tre mesquins tout du moins. Utiliser les routes avec lesquelles il passa au crible mille aventures entre les mots et les choses. D&#233;velopper ses cartographies sur la domination. Assumer le d&#233;fi esth&#233;tique d'une ontologie du pr&#233;sent et de nous-m&#234;mes, hommes et femmes, qui poursuit encore le fantasme de la libert&#233; quand tous les visages humains ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; effac&#233;s. Mer&#231;i&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Rosa Mar&#237;a Rodr&#237;guez Magda &lt;a href='http://www.rodriguezmagda.com/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.rodriguezmagda.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Paris, 25 mai 2013, Salon L'Harmattan, Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le manifeste de la pl&#232;be A propos du livre d'Alain Brossat &#171; Les serviteurs sont fatigu&#233;s (les ma&#238;tres aussi) &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Roy</dc:creator>



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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le livre d'Alain Brossat &#233;nonce une th&#232;se forte : une intuition fondamentale de la politique est la division entre ma&#238;tres et serviteurs (16), elle est un fond immuable (14), elle est m&#234;me peut-&#234;tre un fondement de la politique (16). C'est un invariant, une sorte d'atome relationnel de pouvoir que l'on retrouve associ&#233; &#224; d'autres formes de pouvoir (peut-on dire &#224; toutes les formes ?). Cette relation entre ma&#238;tres et serviteurs est ce qui ne varie pas dans ce qui varie. Ce concept d'atome relationnel pouvant aussi &#234;tre entendu au sens o&#249; elle est une relation qui se suffit du nombre minimal d'&#233;l&#233;ments propres &#224; une relation, c'est-&#224;-dire deux, ici un ma&#238;tre et un serviteur. C'est une th&#232;se forte car elle se place sur le terrain d'une autre th&#232;se forte, bien connue, avec laquelle le livre entre en discussion, la th&#232;se de Marx, qui est que l'invariant est la lutte des classes. Marx ne faisant de la division entre ma&#238;tres et serviteurs qu'une des figures historiques de cette lutte, &lt;i&gt;s&#233;parant&lt;/i&gt; m&#234;me avec m&#233;pris les serviteurs, le &lt;i&gt;Lumpenproletariat&lt;/i&gt; et le noble prol&#233;tariat. L'approche de Marx n'&#233;tant pas atomique mais plut&#244;t molaire puisqu'elle envisage les choses sous l'angle de collectifs, des classes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais c'est aussi deux conceptions diff&#233;rentes de l'histoire, pour Marx le temps est orient&#233;, la lutte entre bourgeoisie et prol&#233;tariat devant d&#233;boucher sur le communisme, pour Alain Brossat, la relation entre ma&#238;tre et serviteur a l'air de se dire d'un temps qui ne passe pas, toujours l&#224;, avec des d&#233;ploiements diff&#233;rents, des figures, des intensifications diff&#233;rentes aussi. L'acteur qui peut contrarier la relation n'est pas le prol&#233;tariat mais la pl&#232;be qui, pour Alain Brossat, a toujours quelque chose du serviteur, m&#234;me chez celui qui ne sert pas, en tant que le pl&#233;b&#233;ien est trait&#233; comme le serviteur, ce pourquoi le voleur peut &#234;tre identifi&#233; &#224; un serviteur r&#233;volt&#233; (16). Seulement, la pl&#232;be ne contrarie pas cette relation parce qu'elle pointerait son t&#233;lescope vers l'avenir mais par pure r&#233;tivit&#233;, par des contre-conduites, des &#233;meutes, son projet est de sortir sur place de sa condition de minorit&#233;, de subalterne. Si bien que &#171; Les serviteurs sont fatigu&#233;s &#187; peut tr&#232;s bien &#234;tre consid&#233;r&#233; comme concurren&#231;ant &#171; Le manifeste du parti communiste &#187; en tant qu'il serait &#171; Le manifeste de la pl&#232;be &#187;.
En &#233;voquant les contre-conduites et parlant de la pl&#232;be, Alain Brossat nous introduit aussi sur le terrain d'une autre th&#232;se forte, celle de Foucault. Ne serait-ce en effet pas la gouvernementalit&#233; qui serait cet invariant du pouvoir dont il parle ? Identifie-t-il gouvernementalit&#233; et relation entre ma&#238;tres et serviteurs ? Eh bien non, comme l'&#233;crit cat&#233;goriquement Alain Brossat &#171; le ma&#238;tre n'est pas le &#171; gouvernant &#187; du serviteur, celui-ci n'est pas un gouvern&#233; &#187;(34), Foucault n'a pas &#233;t&#233; sensible &#224; cette relation ma&#238;tre/serviteur alors m&#234;me qu'il &#233;voque la pl&#232;be. On peut donc d&#232;s maintenant mesurer l'immense d&#233;fi, bien relev&#233;, de ce petit livre : proposer une th&#232;se plus forte que celles de Marx et de Foucault. Ce n'est donc pas un livre modeste. Il faut &#234;tre l'homme le plus orgueilleux du monde pour &#233;crire un livre pareil, formule qui est de ce pl&#233;b&#233;ien d&#233;clar&#233; qu'est Gustave Courbet sur lequel Alain Brossat a beaucoup travaill&#233; il y a peu, ce n'est pas &#233;tonnant...Il est un philosophe pl&#233;b&#233;ien, certes, qui ne le clame pas mais qui ne le cache pas non plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais pourquoi cette relation entre ma&#238;tre et serviteur constitue-t-elle l'ar&#232;ne de notre combat actuel ? C'est ce que je vais essayer de discuter &#224; pr&#233;sent. Il faut tout d'abord qu'une chose soit bien claire. Alain Brossat ne soutient pas qu'il n'y pas de lutte de classes, ni de gouvernementalit&#233;, il soutient simplement qu'avec ces deux relations de pouvoir on ne pointe pas une division plus fondamentale. Pourquoi la relation de division entre ma&#238;tres et serviteurs est plus fondamentale ? C'est donc la question. Tout d'abord regardons de pr&#232;s les faits. Est-ce que comme Marx le pense, nous sommes pass&#233;s &#224; une &#233;poque qui a laiss&#233; derri&#232;re elle le rapport ma&#238;tre/serviteur ? Loin de l&#224;, l'affaire DSK est l&#224; pour le rappeler, mais surtout &#171; les serviteurs sont red&#233;ploy&#233;s notamment dans toute une &#233;conomie des services subalternes o&#249; leur condition est des plus pr&#233;caires, ils s'activent sur les friches instables du salariat statutaire, ils sont la cat&#233;gorie la plus d&#233;favoris&#233;e des &#171; hommes &#224; tout faire &#187; de l'&#233;conomie n&#233;o-lib&#233;rale. Nulle surprise que, dans les conditions actuelles, ces cat&#233;gories se soient &#171; racialis&#233;es &#187; et proviennent en proportion importante des anciennes colonies et des pays pauvres &#187; (50-51) Mais peut-&#234;tre dira-t-on que ce n'est plus de serviteurs dont il est ici question mais bien de travailleurs salari&#233;s propres &#224; cette figure du capitalisme qu'est cette &#233;conomie subalterne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pointer ici quelque chose qui me para&#238;t essentiel. Je l'ai dit en commen&#231;ant, la relation ma&#238;tre/serviteur est un atome que l'on retrouve associ&#233; &#224; d'autres formes de pouvoir. Ici cet atome relationnel se compose avec la relation du capitaliste et du salari&#233;. Comme l'&#233;crit Alain &#171; tout se passe au fond comme si chacune de ces relations tendait &#224; &#171; surd&#233;terminer &#187; l'autre. &#187; (40). Il est donc difficile de consid&#233;rer isol&#233;ment la relation ma&#238;tre/serviteur. Au point qu'&#224; la fin du livre, Alain Brossat insiste pour dire que &#171; tant de choses conspirent, dans notre pr&#233;sent, &#224; rabattre &#224; nouveau l'histoire du travailleur sur celle du serviteur et &#224; rendre indistincts les deux mondes de vie que Marx avait si vivement dissoci&#233;s ! &#187;(61). Ici il ne s'agit pas de dire que ces salari&#233;s font des travaux de serviteurs mais que ces travailleurs sont trait&#233;s comme le sont les serviteurs, ils appartiennent &#224; un &lt;i&gt;m&#234;me monde de vie&lt;/i&gt;. Tout se joue donc dans ce concept de &#171; monde de vie &#187; dont nous ne comprendrons la pertinence qu'apr&#232;s avoir abord&#233; d'autres questions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Insistons d&#233;j&#224; sur un point important. Cette association de la relation ma&#238;tre/serviteur &#224; d'autres formes de pouvoir n'est pas pour elle accidentelle mais bien essentielle. Car il para&#238;t impossible de consid&#233;rer isol&#233;ment cette relation ma&#238;tre/serviteur en dehors d'autres r&#233;gimes de pouvoir. M&#234;me les mots &#171; ma&#238;tres &#187; et &#171; serviteurs &#187; font r&#233;f&#233;rence &#224; un pouvoir de souverainet&#233;, de f&#233;odalit&#233;, d'ancien r&#233;gime. En quoi on peut critiquer le choix des termes par Alain Brossat de &#171; ma&#238;tres &#187; et de &#171; serviteurs &#187; en tant qu'ils sont attach&#233;s &#224; un certain r&#233;gime. Une secr&#233;taire servant son chef d'entreprise ne vous prendra pas au s&#233;rieux si vous lui dites que son chef est un ma&#238;tre et qu'elle est son serviteur, pourtant personne ne peut nier que c'est l&#224; aussi une figure de cet atome relationnel ma&#238;tre/serviteur. Pour se d&#233;gager de cette seule figure ma&#238;tre/serviteur Alain Brossat propose d'une part de parler parfois simplement de relation de subalternit&#233; qui, on va le voir, est tr&#232;s importante car elle induit une hi&#233;rarchie dont on explicitera plus loin le type. N&#233;anmoins cette d&#233;nomination poss&#232;de l'inconv&#233;nient de ne plus exprimer l'id&#233;e de servir. Ce pourquoi, d'autre part, on peut penser qu'il serait plus pertinent de dire qu'il y a tout simplement celui qui sert et celui qui est servi. Alain Brossat le fait par endroits. Cela a en effet le m&#233;rite de resserrer cette relation sur ce qu'elle a de plus sp&#233;cifique et qu'il va appeler &#171; le geste de servir &#187;. &#171; Quel que soit le r&#233;gime de pouvoir (pouvoir de souverainet&#233;, pouvoir moderne comme pastorat du vivant) dans lequel on se situe [un] invariant se rep&#232;re ais&#233;ment tant il est massif : &lt;i&gt;est un &#171; ma&#238;tre &#187; celui qui est servi.&lt;/i&gt; Le geste de servir, dans son sens traditionnel (&#234;tre au service de...) produit dans l'instant un partage (un clivage) entre servants et servis qui, &#224; d&#233;faut de co&#239;ncider exactement avec la partition dominants/domin&#233;s n'en d&#233;finit pas moins une forme de r&#233;partition in&#233;gale et asym&#233;trique entre le subalterne et celui qu'il sert. &#187; (33) On penserait donc tenir, avec ce geste de servir, l'atome relationnel de pouvoir, nous rendant maintenant capable de le contempler isol&#233;ment, extrait de tous les autres r&#233;gimes de pouvoir. D&#232;s que le geste de servir s'effectue il impliquerait donc dans son diagramme propre deux places pour s'effectuer : celle du servi et celle de celui qui sert, et donc une relation propre de pouvoir. Le geste, comme tout geste est relationnel, il unit ce qu'il s&#233;pare, le un se divise en deux mais en restant cause immanente du &#171; deux &#187;, cause qui s'implique dans ses effets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, cela ne peut pas non plus nous convenir, pourquoi ? Car si je m'en tiens au seul geste de servir, vais-je me consid&#233;rer comme un ma&#238;tre si quelqu'un me sert ? Par exemple suis-je un ma&#238;tre si quelqu'un me sert mon repas et qu'il veut le faire pour me faire plaisir ? Ou encore suis-je un ma&#238;tre si quelqu'un a un fort d&#233;sir de m'aider &#224; enlever ma chemise ? Par ailleurs, il est des cas aussi o&#249; nous ne supportons pas qu'on nous aide, que l'on nous serve, non pas parce que nous ne voulons pas &#234;tre un ma&#238;tre mais parce que cela nous indique que nous ne sommes plus capable de le faire tout seul. Ou alors on peut se sentir esclave de quelqu'un que l'on doit servir parce qu'il est handicap&#233;, cependant cela ne fait pas du handicap&#233; un ma&#238;tre. N'est-ce pas ce doute au sujet d'un lien direct entre geste de servir et ma&#238;tre/serviteurs qui incite Alain Brossat a &#233;crire &#171; ma&#238;tre &#187; entre guillemets dans la phrase que je viens de citer ? Le geste de servir n'est donc un geste de pouvoir que quand il est annex&#233; &#224; un autre geste de pouvoir (souverainet&#233;, pastoralit&#233;, capitalisme etc.). Ce pourquoi Alain Brossat continue en &#233;voquant le &#171; partage entre une minorit&#233; de servis (patriciens, riches, dirigeants, poss&#233;dants, &#171; couches sup&#233;rieures &#187; etc. et une majorit&#233; de servants [on le voit, il se r&#233;f&#232;re bien &#224; d'autres r&#233;gimes de pouvoir] &#187; (33) Et je crois que cela va dans le sens de la th&#232;se d&#233;fendue par l'auteur. N'est-ce pas parce que ce geste de servir est subordonn&#233;, annex&#233; &#224; d'autres gestes de pouvoir, qu'il peut &#234;tre retrouv&#233; partout ?
Si bien qu'il faut aborder le nouveau probl&#232;me suivant : quelle fonction peut donc bien avoir le geste de servir pour &#234;tre si all&#232;grement annex&#233; par les autres gestes de pouvoir ? Or, nous ne pourrons le savoir si nous nous int&#233;ressons non pas au geste de servir comme &lt;i&gt;relation de pouvoir&lt;/i&gt; mais au geste de servir tout court. Il est toujours tr&#232;s instructif de pratiquer l'analytique du geste.
Ouvrons alors l'espace de l'analyse de ce geste par cette premi&#232;re d&#233;finition. On pourrait dire que nous avons tous un univers gestuel de base qui nous permet de nous conserver, ou qui renvoie &#224; des plaisirs individuels qui se satisfont en &#233;tant seul. C'est un univers gestuel dont nous sommes le centre, qui se rapporte &#224; nous. On dira alors que quelqu'un nous sert, nous rend service quand il effectue un des gestes de notre univers gestuel. On me donne &#224; manger, on me lave, on m'habille etc. Il y a de tr&#232;s belles pages d'Alain Brossat &#224; ce sujet, &#233;voquant le XIXe si&#232;cle il &#233;crit :&#171; Innombrables sont les gestes, actions, mouvements dont il est exclu que les ma&#238;tres puissent les effectuer sans recourir au serviteur, en dehors de la disponibilit&#233; de celui-ci. On peut en &#233;num&#233;rer quelques unes : se lever, se coucher, s'habiller, se restaurer (s'approvisionner, cuisiner, servir &#224; table, desservir...), se chausser, se laver, entretenir sa garde-robe, laver ses v&#234;tements, &#233;vacuer ses excr&#233;ments, s'occuper de son int&#233;rieur, ranger, balayer, veiller &#224; ses enfants, les &#233;duquer, se d&#233;placer, adresser des messages &#224; ses amis ou relations, recevoir ses proches, etc. &#187; (28-29). Le geste de servir consiste donc &#224; effectuer un ou plusieurs gestes de l'univers gestuel de quelqu'un. Or cela devient un geste de pouvoir quand &lt;i&gt;annex&#233; &#224; un autre&lt;/i&gt; il r&#233;serve, sous la contrainte qu'impose le geste de pouvoir auquel il est annex&#233; (souverainet&#233;, salariat par exemple), la place de servir &#224; certaines personnes et d'&#234;tre servis &#224; d'autres. Ces contraintes &#233;tant donc ici celles de l'h&#233;r&#233;dit&#233; sociale (baron et serf) et la peur d'&#234;tre r&#233;prim&#233; si l'on sort de son rang ou la contrainte de l'argent pour gagner sa vie. On ne rend plus service, on est au service. Annex&#233;, le geste de servir devient geste d'&#234;tre au service.
Je reviens alors &#224; ma question, quelle fonction a le geste de servir dans un r&#233;gime de pouvoir ?
Eh bien, je crois qu'il a essentiellement pour fonction de distinguer non pas deux modes de vies, mais deux vies, deux mondes de vie, comme on distingue des esp&#232;ces (motif sur lequel Alain Brossat revient souvent dans ses livres). Bien plus, ce geste de servir a comme fonction de hi&#233;rarchiser ces deux vies pour que l'une vaille plus que l'autre. Car il devient alors &lt;i&gt;manifeste&lt;/i&gt; qu'une esp&#232;ce doit s'occuper de l'autre, doit la servir, celle-ci doit passer avant lui, comme le dit puissamment Alain &#171; le serviteur ne &lt;i&gt;s'appartient pas &lt;/i&gt; &#187; (34) et ce pourquoi il y a pour le serviteur &#171; &lt;i&gt; honte &#224; servir &#187;&lt;/i&gt;. La g&#233;n&#233;rosit&#233; de rendre service se d&#233;grade en honte d'&#234;tre au service. Le geste de servir quand il est serti dans un autre geste de pouvoir n'a donc pas pour fonction principale une sorte d'assistance technique, facilitant et rendant moins p&#233;nible la vie des ma&#238;tres, m&#234;me s'il le fait, mais surtout de distinguer de qui l'univers gestuel est le plus important. Le geste d'&#234;tre au service est sous l'horizon d'un geste virtuel de s&#233;paration des mondes de vie, auquel Marx n'&#233;chappe pas quand il &#233;voque le &lt;i&gt;Lumpenproletariat&lt;/i&gt;. C'est un marquage du pouvoir par les gestes en ce sens qu'il montre vers qui sont tourn&#233;s les gestes d'un autre, au point m&#234;me que ce dernier va m&#234;me faire des gestes que le servi ni personne ne pourrait faire seul (comme le la&#231;age du corset dans le dos), ses gestes augmentent les possibilit&#233;s du servi. Mais insistons encore, ce n'est pas ce geste d'&#234;tre au service qui est la cause des divisions propres &#224; chaque r&#233;gime de pouvoir. La distinction entre le souverain et ses sujets peut se faire par la violence brutale, par le pr&#233;l&#232;vement sur les biens et la vie des sujets. La distinction entre le bourgeois et le prol&#233;taire se fait avant tout par la possession du capital et des moyens de production. Le geste de s&#233;paration propre au geste d'&#234;tre au service vient &lt;i&gt;leur donner la main&lt;/i&gt; pour s&#233;parer les vies de ceux que les r&#233;gimes de pouvoir distinguent. D'un c&#244;t&#233; il y aura alors &#171; les &#171; vrais humains &#187; riches en droits et [de l'autre] une sous-humanit&#233; d&#233;grad&#233;e, des pauvres en droits &#187; (58). Les serviteurs sont comme les esclaves pour Aristote : d'une autre esp&#232;ce que celle proprement humaine. On ne s'&#233;tonnera pas non plus qu'il y ait aussi une sacralisation des faits et gestes des dominants. Puisque leurs gestes valent plus, on sera attentifs, &#224; leur petits gestes, &#224; leurs petites habitudes. On comprend pourquoi cette relation est plus fondamentale que celle du salariat. Car dans ce cas le capitaliste poss&#232;de des gestes de l'autre qui ne sont pas n&#233;cessairement destin&#233;s &#224; effectuer ses gestes priv&#233;s, qui ne sont pas n&#233;cessairement des gestes de son univers gestuel. Cette relation salariale manifeste donc moins la hi&#233;rarchisation des vies. Or si le capitaliste ne le fait pas avec les travailleurs qu'il emploie, il le fait cependant avec certains : ses assistants, collaborateurs, secr&#233;taires, propres &#224; son univers gestuel dans l'entreprise. On objectera que cela est n&#233;cessaire pour le d&#233;charger. Or, si tel &#233;tait le but, il faudrait alors se demander pourquoi cela pose ensuite bien moins de probl&#232;mes que cela soit l'assistant, la secr&#233;taire qui soient surcharg&#233;s...On soulignera enfin qu'il n'est pas sans avoir un personnel de maison, de gardiennage, ou sans fr&#233;quenter des lieux o&#249; il y a ce genre de personnel (bureau, h&#244;tel, lieu de vacance) qui par l&#224; m&#234;me renvoie &#224; ses yeux et aux yeux des autres &#224; cette distinction des vies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi compris, si le geste de servir a comme fonction de s&#233;parer et hi&#233;rarchiser des vies, &#224; &lt;i&gt;subalterniser&lt;/i&gt;, on peut alors comprendre ce qu'Alain Brossat met en lumi&#232;re dans le devenir actuel de la relation ma&#238;tre/serviteur dans le dernier quart de son livre. Car avant notre &#233;poque, le ma&#238;tre pouvait tout de m&#234;me devenir trop d&#233;pendant du serviteur, d'autant plus qu'il &#233;tait dans une proximit&#233; spatiale, et cela n'&#233;tait pas sans lui poser des inconv&#233;nients pour &#233;tablir sa supr&#233;matie. Bien plus, le geste de servir en tant qu'il r&#233;duit la ma&#238;trise technique du ma&#238;tre n'est peut-&#234;tre pas la meilleure fa&#231;on pour asseoir sa hi&#233;rarchie (comme Hegel l'a bien vu dans sa fameuse dialectique du ma&#238;tre et de l'esclave). Le dernier quart du livre para&#238;tra cependant assez d&#233;routant. Car alors qu'il &#233;tait uniquement question jusque l&#224; du geste de servir (ou plut&#244;t du geste d'&#234;tre au service), il va &#234;tre question d'appareils techniques, de gestes nouveaux qui ne sont pas tous en rapport avec le geste de servir. En effet Alain Brossat &#233;voque le t&#233;l&#233;phone portable, la t&#233;l&#233; couleur haute d&#233;finition, le 4X4 etc. Le geste de servir ne dispara&#238;t pas, puisque je l'ai dit au d&#233;but il y a bien toute une &#233;conomie des services subalternes, mais les gestes appareill&#233;s augmentent, qui sont plus ceux li&#233;s &#224; la communication. N'a-t-on alors pas perdu le fil du propos ? Pas compl&#232;tement, car on se rend compte qu'Alain Brossat veut revenir sur ce qui au fond compte le plus dans cette affaire, distinguer des vies dans un r&#233;gime de pouvoir qui est ici le r&#233;gime n&#233;olib&#233;ral et de la gouvernementalit&#233; des vivants. Comment s'effectue actuellement cette distinction ? Eh bien, on pourrait dire qu'un m&#234;me univers gestuel non plus &#233;l&#233;mentaire, vital mais &lt;i&gt;social&lt;/i&gt; doit &#234;tre accessible &#224; tout le monde. Les nouveaux dispositifs techniques &#171; ont la particularit&#233; de modeler l'existence des serviteurs sur celle des ma&#238;tres, de cr&#233;er les conditions d'un mim&#233;tisme g&#233;n&#233;ral selon lequel, les premiers, au lieu de d&#233;velopper et approfondir leur diff&#233;rence d'avec les seconds, vont sans cesse les imiter davantage dans tous leurs faits et gestes, grands et petits, refermant sur eux-m&#234;mes le pi&#232;ge de la d&#233;pendance par imitation &#187; (46). Il y a une immersion dans la gestualit&#233; des ma&#238;tres. Les serviteurs ne sont plus asservis aux gestes priv&#233;s, individuels, vitaux du ma&#238;tre mais &#224; leur univers gestuel social et aussi &#224; leur langage, leur mode de penser et d'agir. &#171; Cette production du consensus anomique qui est l'une des conditions du gouvernement r&#233;gulier des vivants &#187; (52)
Si bien que si l'on veut raccorder cela avec ce qui a &#233;t&#233; dit auparavant, ce qui importait dans le geste d'&#234;tre au service n'&#233;tait pas tant de servir mais d'&#234;tre asservi &#224; des gestes des autres. Le geste d'&#234;tre au service est au fond une esp&#232;ce du genre du&lt;i&gt; geste d'asservir&lt;/i&gt; &#224; des gestes venant d'autres. Par exemple, nous sommes asservis au geste d'utiliser notre portable (derni&#232;re g&#233;n&#233;ration), c'est l'imitation plus que son utilit&#233; qui pr&#233;domine. Asservis &#224; ce geste nous nous subjectivons ou plut&#244;t nous sommes assujettis. L'invariant serait-il donc plut&#244;t le geste d'asservir &#224; des gestes venant d'autres que l'on retrouverait donc aussi au c&#339;ur de la gouvernementalit&#233; du vivant ? En tout cas le geste de servir ne fait plus seul l'affaire. Il y a, dans ce livre, un certain boug&#233; au sujet de l'invariant qui peut poser probl&#232;me &#224; la premi&#232;re lecture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voyons enfin si cet asservissement gestuel reconduit aussi cette distinction entre les vies ? Selon Alain Brossat cette distinction est maintenant marqu&#233;e spatialement : &#233;loignement et isolation des ma&#238;tres. Les nouveaux ma&#238;tres ont constitu&#233; &#171; des sorte d'isolats surprot&#233;g&#233;s et sur&#233;quip&#233;s dont l'&#233;quivalent topologique se retrouve dans ces &lt;i&gt;gated communities&lt;/i&gt; o&#249; s'enferment &#224; triple tour les nouveaux patriciens et o&#249; ils construisent des formes d'autarcies fond&#233;es, avant tout, sur la volont&#233; de se s&#233;parer du grand nombre, de la pl&#232;be, du tout venant &#187; (49) &#171; Tout se passe, selon le nouveau r&#233;gime sous lequel est inscrit [la relation entre ma&#238;tre et serviteurs], comme si les uns et les autres vivaient sur des plan&#232;tes diff&#233;rentes &#187; (50) Sur leur plan&#232;te les ma&#238;tres ont cependant encore leurs serviteurs traditionnels : &#171; vigiles, gardiens, jardiniers, femmes de m&#233;nage et toute l'arm&#233;e innombrable de personnels de service qui s'activent en ces lieux coup&#233;s du tissu social et urbain ordinaire pour le confort et la s&#233;curit&#233; des ma&#238;tres &#187; (49). On retrouve donc bien des esp&#232;ces sociales, des mondes de vie. Mais il y en a plus que deux maintenant, car entre ces extr&#234;mes que sont celles des ma&#238;tres et des serviteurs, il y a toutes les r&#233;partitions, compartimentations, propres au geste de tri du biopouvoir n&#233;o-lib&#233;ral actuel. On aurait le geste d'&#234;tre au service entre les extr&#234;mes et celui d'asservir au centre. Mais les asservis, les classes moyennes, &#233;tant donn&#233; qu'ils baignent dans l'univers gestuel, communicationnel, des ma&#238;tres se sentent plus proches d'eux que des serviteurs et de tout ceux qui sont trait&#233;s comme des serviteurs, loin de leur monde de vie. Ces classes moyennes faisant de plus en plus usage d'emplois de services, les rendant &#224; leur &#233;chelle comparables aux ma&#238;tres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est la nouvelle configuration dans laquelle op&#232;re conjointement ces invariants que sont les geste de servir et d'asservir dans un r&#233;gime mixte qui est &#224; la fois la r&#233;activation de l'ancien r&#233;gime, le r&#233;gime de gouvernementalit&#233; du vivant et le r&#233;gime capitaliste n&#233;o-lib&#233;ral. Mais c'est dire encore une fois que ce geste de servir ne peut pas &#234;tre seulement caract&#233;ris&#233; par la relation ma&#238;tre/serviteur puisqu'il traverse ici trois r&#233;gimes qui s'interp&#233;n&#232;trent. C'est un geste qui n'existe, comme geste de pouvoir, que comme une fonction des autres. Sa fonction principale est non pas de diviser mais d'inscrire des divisions de pouvoir en les hi&#233;rarchisant. Elle polarise le champ du pouvoir, valorisant un monde de vie et d&#233;valorisant l'autre. Elle dualise le champ. Sans cette hi&#233;rarchisation gestuelle des vies, il pourrait appara&#238;tre trop nettement aux yeux de tous qu'il n'y a pas de raison que certains soient du bon c&#244;t&#233; de la division et pas les autres. Elle a pour fonction de &lt;i&gt;rendre naturelles&lt;/i&gt; les divisions de toutes sortes de pouvoir. D'o&#249; le paradoxe que cela peut inspirer. La division n'est accept&#233;e (pas par tous) que parce qu'elle trouve son mode de manifestation qui la rend acceptable (tel ici le naturel des esp&#232;ces, des mondes de vie). On n'a pas des serviteurs parce qu'on est riche mais c'est pour rendre naturelle sa richesse que l'on a des serviteurs. &#171; Nos gestes valent plus que les autres &#187;, voil&#224; ce qui s'exhibent par les relations gestuelles m&#234;mes. Ces relations gestuelles s'expriment, sous le seuil de la conscience, sans m&#234;me que nous le voulions ou pas, nous en sommes les somnambules. Elles se montrent, elles s'imitent, elles se propagent. Un pouvoir qui dure n'est donc pas un pouvoir qui se cache mais qui se montre. Un premier asservissement gestuel op&#232;re d&#233;j&#224; par le regard. Je vois cet homme qui appelle son chauffeur, j'int&#232;gre la dualit&#233; des mondes, je ne me conduirai pas de la m&#234;me fa&#231;on avec chacun d'eux, je vois quelqu'un qui fait usage d'un nouveau gadget communicationnel et je le veux, j'int&#232;gre qu'il y a un autre monde auquel je vais me conformer. Tout ce que je vois n'est donc pas sans esquisser des conduites futures, je suis polaris&#233; et je deviens alors moi aussi un propagateur, un somnambule.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le manifeste d'Alain Brossat a donc au fond pour r&#244;le de rendre manifeste ce qui se manifeste. On &#233;crit un manifeste de la pl&#232;be pour que les manifest&#233;s deviennent manifestants, transmutation du manifeste. Car il est difficile d'arriver &#224; voir ce qui nous cr&#232;ve les yeux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Huiti&#232;me rencontre : &quot;malaise dans le genre&quot;</title>
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		<description>L'association &#8220;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne...&#8221; organise une huiti&#232;me rencontre les vendredi 21 juin au soir, samedi 22 et dimanche 23 juin 2013 au g&#238;te de Hautepierre-le-Ch&#226;telet (25) (1 rue du m&#251;rot) Argumentaire : L'&#233;mergence de la notion de genre est le r&#233;sultat, sur le plan th&#233;orique et pratique, de transformations profondes dans la soci&#233;t&#233;, du point de vue des identit&#233;s, des rapports entre les sexes, de l'ordre familial, des sexualit&#233;s, des techniques de procr&#233;ation, etc. Que la remise en cause (...)

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&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique31" rel="directory"&gt;47. Association &quot;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&quot;&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton288-3d0c7.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='113' class='spip_logos' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'association &#8220;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne...&#8221; organise une huiti&#232;me rencontre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;les &lt;strong&gt;vendredi 21 juin au soir, samedi 22 et dimanche 23 juin 2013&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;au g&#238;te de Hautepierre-le-Ch&#226;telet (25) (1 rue du m&#251;rot)&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Argumentaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;mergence de la notion de genre est le r&#233;sultat, sur le plan th&#233;orique et pratique, de transformations profondes dans la soci&#233;t&#233;, du point de vue des identit&#233;s, des rapports entre les sexes, de l'ordre familial, des sexualit&#233;s, des techniques de procr&#233;ation, etc. Que la remise en cause des fronti&#232;res entre sexes, genres, sexualit&#233;s, r&#244;les paternel et maternel, longtemps jug&#233;es immuables selon des crit&#232;res biologiques et/ou anthropologiques et/ou symboliques se soit appuy&#233;e sur les &#233;vidences v&#233;cues de la variabilit&#233;, de fait, des formes de conduites sexuelles, d'organisation familiale et sociale (au point d'ent&#233;riner l&#233;galement cet &#233;tat de fait &#224; travers le &#171; mariage pour tous &#187;), mais aussi de pratiques du corps, cela n'emp&#234;che pas qu'on ait &#224; se poser la question des effets, multiples et parfois contradictoires, de ces bouleversements. Qu'on pense la r&#233;alit&#233; &#224; travers le prisme des rapports de genre, plut&#244;t qu'&#224; travers celui des rapports de sexe, quelle influence cela a-t-il sur ces derniers, mais aussi sur les rapports de classe, qui les traversent, les uns et les autres ? La notion de genre est-elle de nature &#224; mettre en rapport ces autres formes de rapports, au point de dessiner des lignes de fuite, par lesquelles les oppositions binaires fileraient, se red&#233;finissant dans le multiple ? Ou alors, ne risque-t-on pas de retrouver certaines formes de neutralisation, qui viendraient plut&#244;t confirmer une domination donn&#233;e, et &#233;touffer la chance du multiple ? C'est que le refus d'&#234;tre enferm&#233; dans un sexe peut aussi conduire &#224; la n&#233;gation des rapports actuellement existants entre les sexes, en d&#233;pla&#231;ant la question vers le genre (avec la prise en compte de la couleur, de la situation de classe, etc.), alors jug&#233; d&#233;terminant au d&#233;triment de l'appartenance sociale de sexe (&#224; distinguer de l'appartenance biologico-anatomique &#224; un sexe) ; c'est que le refus d'&#234;tre assign&#233; &#224; un sexe donn&#233; peut, par exemple, faire entrer en contradiction la logique queer et celle qui sous-tend les pratiques de transsexualit&#233;, etc. Mettre du jeu dans les rapports entre anciennes partitions binaires, c'est bien ce &#224; quoi participe la cat&#233;gorie du genre &#8211; peut-&#234;tre s'agirait-il &#224; pr&#233;sent de d&#233;placer l'accent vers les pratiques elles-m&#234;mes, pour en ressaisir le n&#233;cessaire ancrage, au minimum strat&#233;gique, sur les anciens partages : comment comprendre les d&#233;marches politiques transsexuelles sans une r&#233;f&#233;rence aux sexes ? La cat&#233;gorie du genre, si elle devenait h&#233;g&#233;monique d'un point de vue th&#233;orique, n'emp&#234;cherait-elle pas la saisie fine de ce qui se joue r&#233;ellement ? L'assignation faite aux intersexu&#233;s d'opter pour l'un ou l'autre sexe rappelle cruellement l'efficience sociale maintenue de ces cat&#233;gories.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Programme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 21 juin&lt;/strong&gt; : accueil des h&#233;berg&#233;s au g&#238;te de Hautepierre-le-Ch&#226;telet (25) &#224; partir de 19h30 avec repas en continu.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong&gt;Samedi 22 juin&lt;/strong&gt; :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chaque intervention sera suivie d'une discussion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;9h30 &lt;strong&gt;&#171; Genres et classes &#187; Sylvie Parquet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En introduction &#224; ce week-end sur le genre je me propose de faire un petit rappel historique de la place de la femme dans la soci&#233;t&#233; puis de prendre en compte les diff&#233;rentes formes qu'a pris le f&#233;minisme au cours des XXe et XXIe si&#232;cles. Il s'agit ici, plus g&#233;n&#233;ralement, de s'interroger sur la question de la lutte des genres et de la lutte des classes dans leur imbrication.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;11h &lt;strong&gt;&#171; Les corps, les genres et le vrai sexe. Une approximation &#224; partir de la philosophie de Michel Foucault &#187; Rosa Maria Rodriguez Magda&lt;/strong&gt; (Directrice de l'Aire de la Pens&#233;e de L'Intituci&#243; Alfons el Magn&#224;nim. CECEL-CSIC).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le corps comme lieu de r&#233;sistance. Le dispositif de sexualit&#233;. Les corps et la diff&#233;rence sexuelle. Sexe / genre. Est-ce que nous avons un &#171; vrai sexe &#187; ? Qu'est qu'il y a de dangereux dans une vision ouverte des genres ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;13h &lt;strong&gt;Repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;14h30&lt;strong&gt; Balade dans les environs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;16h &lt;strong&gt;&#171; Il n'y a tout simplement pas de nature &#187; Vincent Douris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(Cette intervention comportera une projection de photographies)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malaise dans le genre : je ne sais pas si l'on doit s'attendre &#224; la rencontre fortuite entre Freud et Butler, mais je peux dire quelques mots sur la fa&#231;on dont on comprend g&#233;n&#233;ralement, en France, Trouble dans le genre. On insiste sur la capacit&#233; de tout un chacun &#224; performer son genre en fonction de ce qui en est attendu, mais on ne retient rien de ce qui permet &#224; l'&#233;nonc&#233; (ici, &#224; l'expression du genre) de r&#233;ussir comme d'&#233;chouer. On ne retient pas plus le projet du second livre, Ces corps qui comptent, dans lequel Butler cherche &#224; dissiper tout malentendu : il n'y a pas de genre que l'on pourrait comprendre comme trait de la culture par rapport au sexe, qui rel&#232;verait de la nature, parce qu'il n'y a simplement pas de nature.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Prenons maintenant le malaise au regard de l'actualit&#233;, mais pas tant du c&#244;t&#233; des manifestations de rue contre le mariage gay qu'au regard d'une stup&#233;faction qui s'&#233;nonce &#224; demi mot : comment se fait-il que le motif de l'&#233;galit&#233; des droits puisse &#224; ce point faire oublier le versant subversif que l'on pr&#234;tait volontiers &#224; l'homosexualit&#233; ? Cette nostalgie n'est-elle pas le pendant de la critique des mouvements de promotion des droits, qui entend de mani&#232;re exclusive cette derni&#232;re comme alli&#233;e d'un imp&#233;rialisme culturel ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La pr&#233;sentation de travaux de trois artistes sud africains peut illustrer certains des motifs esquiss&#233;s ici. Le travail de Sabelo Mlangeni montre que l'expression de l'homosexualit&#233; ne suppose pas n&#233;cessairement l'industrialisation des capitales dans un pays, L'Afrique du Sud, o&#249; la constitution prot&#232;ge les droits des homosexuels et o&#249; la loi autorise le mariage entre personnes du m&#234;me sexe. La violence a l'&#233;gard des lesbiennes y est pourtant sans pareil &#8211; c'est l'un des motifs du travail de Zanele Muholi &#8211; et tend &#224; faire entendre le droit comme une abstraction loin d'&#234;tre accessible &#224; l'ensemble de ses sujets. Enfin, le travail de Robert Hamblin expose l'intrication de la race et de la classe. Transsexuel, mais outsider quand il photographie les travailleuses du sexe de Cape Town, il ne documente pas mais cherche &#224; montrer comment les corps produisent le genre sans m&#234;me les artifices d'un contexte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;18h &lt;strong&gt;&#171; Trans, logos, praxis &#187; H&#233;l&#232;ne Hazera (&lt;/strong&gt;n&#233;e en 1952 a fait sa transition trans en 1975.S&#233;ropositive elle fait partie de la commission trans d'act up Paris. Elle est productrice radio)&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Les situationistes divisaient les penseurs en deux groupes : les &quot;th&#233;oriciens&quot; (eux) et les &quot;id&#233;ologues&quot; (tous les autres). Cette causerie ne parlera pas de l'Internationale situationiste, mais du rapport entre l'&#233;mancipation de la population trans (transsexuelLLE et Trangenre) avec les chercheurs universitaires pour la plupart, qui se penchent ou croient se pencher sur le sujet, ou pire en pr&#233;tendent parler &#224; la place des trans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des t&#233;moignages les plus anciens (une tombe pr&#233;historique o&#249; repose la plus ancienne transgenre de l'histoire r&#233;pertori&#233;e, la pr&#233;sence des trans &#224; Sumer, la plus ancienne civilisation de l'&#233;crit) au tabou biblique et de toutes les religions abrahamique (avec des nuances). On parlera d'antropologie, des ph&#233;nom&#232;nes transgenres chez les am&#233;rindiens, les polyn&#233;siens, dans le sous continent indien, et des peuplades africaines. Comment les b&#251;chers de l'inquisition sont pass&#233;s &#224; une m&#233;decine coercitive, allant jusqu'&#224; la barbarie (&#233;lectrochocs, lobotomie)...et &#224; toutes sortes de malversation &quot;pour leur bien&quot;, &#233;videmment. On opposera Magnus Hirshfeld &#224; Sigmund Freud (Lacan encore plus), en remettant dans le contexte les discours et les actions de Stoller et ses amis, celles d'une Colette Chilland qui elle bascule dans la r&#233;action. La pens&#233;e Queer (si diverse) qui semble attaquer cette &#233;cole est-elle une lib&#233;ration pour les trans ? Pourquoi est-elle plus encline &#224; &quot;d&#233;construire le genre&quot; qu'&#224; parler de la r&#233;alit&#233; de la vie des trans et de leurs besoins (sida, pr&#233;carit&#233;, discriminations, violences, acc&#232;s au monde du travail etc.)...Le chercheur parle-t-il de lui ou des autres... Et a-t-il le droit de parler &#224; la place des autres en disant &quot;je suis un peu trans quelque part&quot; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;20h &lt;strong&gt;Repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong&gt;Dimanche 24 f&#233;vrier&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;10h &lt;strong&gt;&#171; Faut-il noyer le sexe dans l'eau du genre ? &#187; Alain Naze&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Si la cat&#233;gorie du genre, en tant que construite, pr&#233;sente un int&#233;r&#234;t th&#233;orique et pratique, qui &#233;vite notamment de tomber dans une forme de naturalisation du sexe, n'y a-t-il pas un risque, qui consisterait &#224; maintenir l'id&#233;e que le sexe, lui, est ant&#233;rieur &#224; toute construction ? Et alors, on assisterait &#224; un retour de l'essentialisme du sexe (reconduit &#224; une question d'anatomie et de biologie). Si, &#224; l'inverse, le genre essaie d'absorber la cat&#233;gorie du sexe, ne risque-t-on pas de minimiser, de fait, une ind&#233;niable dissym&#233;trie des sexes ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans r&#233;introduire la cat&#233;gorie du sexe &#224; titre d'essence, on doit en effet au moins remarquer que des individus sont identifi&#233;s, socialement, comme femmes, d'autres comme hommes &#8211; et cette distinction est bien sexuelle, qui s&#233;pare les &#171; dits &#187; hommes et les &#171; dites &#187; femmes. En effet, si une pens&#233;e du social en termes de genres permet d'affiner les analyses, en croisant les crit&#232;res, notamment en consid&#233;rant que la figure de l'homme blanc, h&#233;t&#233;rosexuel, riche constitue le mod&#232;le du genre dominant, class&#233; du c&#244;t&#233; du masculin (il suffit d'envisager les pratiques r&#233;currentes de f&#233;minisation de l'ennemi, pour saisir la valorisation sociale du masculin), alors que le mod&#232;le du domin&#233; est f&#233;minin, &#224; travers la figure de la femme non blanche, pauvre, non occidentale, en revanche, cette grille de lecture risque de nous faire passer &#224; c&#244;t&#233; de certaines sp&#233;cificit&#233;s propres aux rapports entre les sexes. Autrement dit, il s'agirait d'essayer de penser les rapports entre genre et sexe, en profitant des apports du premier, sans pour autant se priver de la cat&#233;gorie du sexe, qui est peut-&#234;tre, pr&#233;cis&#233;ment, celle qu'il faudrait travailler &#224; pr&#233;sent (la d&#233;construire sans la supprimer), en vue d'en r&#233;v&#233;ler les puissances d&#233;territorialisantes, de d&#233;placement, contre toute attente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;12h &lt;strong&gt;Repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;Tarifs&lt;/strong&gt; : 110 euros avec h&#233;bergement et repas, ap&#233;ros, petits-d&#233;jeuners compris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; 80 euros pour les samedi, dimanche sans h&#233;bergement avec repas, ap&#233;ros compris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; (possibilit&#233; de paiement fractionn&#233;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Renseignement(s) et inscription aupr&#232;s de Philippe Roy :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;voyonsoulaphilomene@gmail.com ou 06 51 38 43 45&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Page de l'association sur le site de &#171; Ici et ailleurs &#187; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;a href='http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique31' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://ici-et-ailleurs.org/spip.php...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Conseil d'Administration du 24 mai 2013</title>
		<link>http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article313</link>
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		<dc:date>2013-05-27T14:37:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie Parquet</dc:creator>



		<description>&#8226;	L'association Philom&#232;ne. Pas de grave probl&#232;me financier mais difficult&#233;s pour trouver un &#233;quilibre. La participation n'est pas suffisante, le public bisontin n'est pas au rendez vous de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re. Une subvention pourrait peut-&#234;tre venir d'un fond culturel de la r&#233;gion&#8230; Il y aura un CA de Philom&#232;ne pour traiter toutes ces questions en partenariat avec IetA. &#8226;	Le bilan financier de IetA nous permet d'avoir toujours une petite marge de man&#339;uvre pour diff&#233;rentes initiatives. &#8226;	Publications : (...)

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&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Compte-rendus de CA et d'AG&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8226;	L'association Philom&#232;ne.
Pas de grave probl&#232;me financier mais difficult&#233;s pour trouver un &#233;quilibre.
La participation n'est pas suffisante, le public bisontin n'est pas au rendez vous de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re. Une subvention pourrait peut-&#234;tre venir d'un fond culturel de la r&#233;gion&#8230;
Il y aura un CA de Philom&#232;ne pour traiter toutes ces questions en partenariat avec IetA.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	Le bilan financier de IetA nous permet d'avoir toujours une petite marge de man&#339;uvre pour diff&#233;rentes initiatives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	Publications :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'association ach&#232;te quelques livres &#224; chaque parution afin de pouvoir les faire conna&#238;tre lors de nos initiatives. Tombeau pour Pierre Rivi&#232;re, Les serviteurs sont fatigu&#233;s, M. Foucault et la g&#233;n&#233;alogie des sexes&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	Salons
Plusieurs salons se sont tenus cette ann&#233;e &#224; l'Harmattan. Pr&#233;voir pour la rentr&#233;e un salon sur le sport avec Patrick Vassort, un autre sur Fukushima avec Fr&#233;d&#233;ric Lemarchand. Dans d'autres lieux &#233;ventuellement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	Universit&#233; d'&#233;t&#233; en Albanie
Usage politique des corps
Le site doit &#234;tre aliment&#233;. Texte de pr&#233;sentation en albanais &#224; venir.
Recherche de budgets : Universit&#233; albanaise, un fond de formation, ambassade de France.
Participants : Kosovo, Gr&#232;ce, Italie, Espagne, Ta&#239;wan, Portugal&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	Proposition d'une rencontre dans la Ni&#232;vre chez Christiane et Philippe sur Orwell : les dissensus du sens commun fin aout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sylvie Parquet Secr&#233;taire de l'Association&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&quot;Tombeau pour Pierre Rivi&#232;re&quot; Philippe Roy, Alain Brossat</title>
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		<dc:date>2013-05-27T09:20:38Z</dc:date>
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		<dc:creator>Sylvie Parquet</dc:creator>



		<description>Remettre nos pas dans ceux de ceux qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;s, f&#251;t-ce pour nous en s&#233;parer un peu plus loin &#8211; n'est-ce pas l&#224; le premier mouvement, le geste par excellence de la philosophie ? C'est en tout cas ce que nous entreprenons dans ce volume collectif consacr&#233; &#224; une relecture critique de la d&#233;couverte par Michel Foucault et d'autres chercheurs du m&#233;moire que r&#233;digea Pierre Rivi&#232;re en prison, apr&#232;s avoir assassin&#233; sa m&#232;re, sa s&#339;ur et son fr&#232;re. Il s'agit, en premier lieu, de se livrer &#224; un examen (...)

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&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;46. Publications&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Remettre nos pas dans ceux de ceux qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;s, f&#251;t-ce pour nous en s&#233;parer un peu plus loin &#8211; n'est-ce pas l&#224; le premier mouvement, le geste par excellence de la philosophie ? C'est en tout cas ce que nous entreprenons dans ce volume collectif consacr&#233; &#224; une relecture critique de la d&#233;couverte par Michel Foucault et d'autres chercheurs du m&#233;moire que r&#233;digea Pierre Rivi&#232;re en prison, apr&#232;s avoir assassin&#233; sa m&#232;re, sa s&#339;ur et son fr&#232;re. Il s'agit, en premier lieu, de se livrer &#224; un examen r&#233;trospectif de l'approche de ce crime et de ce texte propos&#233;e, il y a pr&#232;s de 40 ans d&#233;j&#224;, par Foucault et ses collaborateurs, en faisant retour aussi sur le beau film de Ren&#233; Allio ; mais les analyses ici rassembl&#233;es ont &#233;galement vocation &#224; ouvrir des pistes nouvelles, &#224; montrer que dans ce qu'il est convenu de nommer &#171; l'affaire Rivi&#232;re &#187; se d&#233;voilent, d&#232;s lors que sont en question le crime, la folie, la famille, la Justice, la m&#233;decine (etc.), des puissances litt&#233;ralement infinies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain Brossat &lt;/strong&gt;est professeur de philosophie (&#233;m&#233;rite), Universit&#233; Paris 8. Il vient de publier Autochtone imaginaire, &#233;tranger imagin&#233;, retours sur la x&#233;nophobie ambiante, Editions du Souffle, Bruxelles, 2012.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Philippe Roy&lt;/strong&gt; est professeur de philosophie en Bourgogne, il est doctorant en philosophie &#224; l'Universit&#233; de Paris 8, il a publi&#233; Trouer la membrane. Penser et vivre la politique par des gestes, Editions L'Harmattan, 2012.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Illustration de couverture : St&#233;phane Blondeau&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cahier N&#176; 5 : POUVOIRS DE LA MUSIQUE</title>
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		<dc:date>2013-05-24T05:13:32Z</dc:date>
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		<dc:creator>Sylvie Parquet</dc:creator>



		<description>Voici le contenu de ce cinqui&#232;me cahier que vous trouverez ci dessous en format PDF. Ciprian Stancu : Musique et influence David Ledent : Le pouvoir du concert public : histoire et fonction d'une institution moderne Joachim Dupuis : Ritournelles contemporaines : Glen Gould, Steve Reich C&#233;dric Cagnat : Lutter en chansons ...et rebonds Vous pouvez &#233;galement &#233;couter et regarder cette vid&#233;o de Flora / Miles gr&#226;ce &#224; ce lien : (...)

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&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique31" rel="directory"&gt;47. Association &quot;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&quot;&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L150xH92/arton312-6b600.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='92' class='spip_logos' style='height:92px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici le contenu de ce cinqui&#232;me cahier que vous trouverez ci dessous en format PDF.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ciprian Stancu&lt;/strong&gt; : Musique et influence&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;David Ledent&lt;/strong&gt; : Le pouvoir du concert public : histoire et fonction d'une institution moderne&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Joachim Dupuis&lt;/strong&gt; : Ritournelles contemporaines : Glen Gould, Steve Reich&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;dric Cagnat&lt;/strong&gt; : Lutter en chansons&lt;/p&gt; &lt;p&gt;...et &lt;strong&gt;rebonds&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous pouvez &#233;galement &#233;couter et regarder cette vid&#233;o de &lt;i&gt;Flora / Miles&lt;/i&gt; gr&#226;ce &#224; ce lien :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.youtube.com/watch?v=wzWigIQxehQ' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.youtube.com/watch?v=wzWi...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_160 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/IMG/pdf/Cahier_5-1.pdf&quot; title='PDF - 1009 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 1009 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>S&#233;minaire : De la traductibilit&#233; des &#171; Lumi&#232;res chinoises &#187;</title>
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		<dc:date>2013-05-17T16:13:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Sylvie Parquet</dc:creator>



		<description>Un s&#233;minaire a eu lieu le mardi 21 mai A la MSH Paris Nor Avec Julien Quelennec : De la traductibilit&#233; des &#171; Lumi&#232;res chinoises &#187; Dans cette pr&#233;sentation, il s'agira de reposer la question des Lumi&#232;res comme probl&#232;me, non comme doctrine, ou comme moment historique, &#224; travers un d&#233;tour par ce que l'on appellera provisoirement l'exp&#233;rience chinoise de la modernit&#233;. Nous disons provisoirement car ce qui nous semble &#234;tre &#224; la source de nombreuses difficult&#233;s, c'est la d&#233;termination nationale de cette (...)

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&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;44. Agenda&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L150xH104/arton306-b0c99.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='104' class='spip_logos' style='height:104px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un s&#233;minaire a eu lieu le mardi 21 mai
A la MSH Paris Nor&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec &lt;strong&gt;Julien Quelennec&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la traductibilit&#233; des &#171; Lumi&#232;res chinoises &#187;&lt;/strong&gt;
Dans cette pr&#233;sentation, il s'agira de reposer la question des Lumi&#232;res comme probl&#232;me, non comme doctrine, ou comme moment historique, &#224; travers un d&#233;tour par ce que l'on appellera provisoirement l'exp&#233;rience chinoise de la modernit&#233;. Nous disons provisoirement car ce qui nous semble &#234;tre &#224; la source de nombreuses difficult&#233;s, c'est la d&#233;termination nationale de cette exp&#233;rience. La question de la traductibilit&#233; est pr&#233;cis&#233;ment avanc&#233;e dans la mesure o&#249; elle permet de reconsid&#233;rer la forme d'&#233;vidence teint&#233;e d'ignorance avec laquelle le qualificatif de chinois est accept&#233;. En fait, l'expression &#171; Lumi&#232;res chinoises &#187; est d&#233;j&#224; une traduction, ou plut&#244;t est d&#233;j&#224; inscrit dans un processus complexe et multiple de traductions. Le terme chinois pour Lumi&#232;res est qimeng (&#21855;&#33945;), de la m&#234;me mani&#232;re qu'en allemand on utilise le mot Auflaklarung, et en anglais Enlightenment. Il est de plus issu d'une transposition du kanji japonais. C'est une traduction de traduction de... Ce que nous proposons, c'est de reconsid&#233;rer l'id&#233;e de diffusion des Lumi&#232;res en tant qu'elle s'agence au pr&#233;suppos&#233; de son origine europ&#233;enne, c'est-&#224;-dire &#224; une histoire universelle occidentale. Cela ne signifie pas que l'origine des Lumi&#232;res est chinoise. Il ne s'agit pas de remplacer un euro-centrisme par un sino-centrisme. Un tel mouvement ne ferait que reproduire un mod&#232;le d'&#233;quivalence et de transparence pr&#233;supposant un universalisme apriori des Lumi&#232;res. Or, ce qui nous int&#233;resse, c'est de penser un rapport aux Lumi&#232;res qui s'&#233;laborerait autour d'une diff&#233;rentiation non r&#233;ductible &#224; une unit&#233; sup&#233;rieure. C'est en cela que les Lumi&#232;res deviennent probl&#232;me. De sorte que les &#171; Lumi&#232;res chinoises &#187; ne se r&#233;sument pas &#224; une version chinoise des Lumi&#232;res mais permettent peut-&#234;tre de comprendre un peu mieux le fonctionnement du tropisme op&#233;r&#233; par ce terme, en particulier dans la mani&#232;re dont il participe &#224; la production du savoir, et dans notre cas du savoir sur la Chine. N'&#233;tant pas sinologue mais d&#233;couvrant ce champs de connaissance, c'est aussi une r&#233;flexion sur le sens de &#171; mon &#187; exp&#233;rience chinoise qu'il s'agira de probl&#233;matiser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et &lt;strong&gt;Jean Claude No&#235;l&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le corps comme virtualit&#233; et spatialit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On sait tous la place du corps dans l'&#339;uvre de Sade. Celui-ci avec le concept de nature occupe en effet une place de choix notamment dans Les 120 journ&#233;es. Dans ce roman inachev&#233; que le divin marquis consid&#233;rait comme son chef-d'&#339;uvre, tourne &#8211; et tout y tourne d'ailleurs &#8211; autour de la question du corps, dont il faut saisir le myst&#232;re, c'est-&#224;-dire la nature. Dans ce trait&#233; des passions que constitue Les 120 journ&#233;es des passions, le corps est &#224; la fois virtualit&#233; et spatialit&#233;. C'est en effet parce que le corps est spatialit&#233; qu'il est virtualit&#233;, c'est-&#224;-dire qu'il peut &#234;tre objet politique au sens foucaldien du terme et s'inscrit ainsi au c&#339;ur de la biopolitique : le gouvernement des corps. Comprendre et d&#233;crire les passions (du corps) permet ainsi de le cerner en tant que possibilit&#233; (manipulable) et lieu d'exp&#233;rimentation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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