<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Ici et ailleurs</title>
	<link>http://ici-et-ailleurs.org//</link>
	<description>pour une philosophie nomade</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>




<item xml:lang="fr">
		<title>&quot;Politiques de la violence&quot; de C&#233;dric Cagnat</title>
		<link>http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article310</link>
		<guid isPermaLink="true">http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article310</guid>
		<dc:date>2013-05-11T18:23:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Roy</dc:creator>



		<description>C&#233;dric Cagnat (2012). Politiques de la violence. Essai sur l'impuissance citoyenne (Pr&#233;face d'Alain Brossat). Paris : L'Harmattan, 189 p. Le livre de C&#233;dric Cagnat n'a pas seulement pour but d'&#233;tablir que la condamnation actuelle de la violence par le pouvoir (mais surtout et cons&#233;quemment par tous), sous la figure de ce qu'il appelle &#171; le d&#233;mocratisme &#187;, dissimule et entretient celle de ce m&#234;me pouvoir. Il montre surtout comment s'effectue ce stratag&#232;me et, bien plus, il en explique m&#233;ticuleusement (...)

-
&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;46. Publications&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;dric Cagnat&lt;/strong&gt; (2012).&lt;i&gt; &lt;strong&gt; Politiques de la violence. Essai sur l'impuissance citoyenne&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; (Pr&#233;face d'Alain Brossat). Paris : L'Harmattan, 189 p.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le livre de C&#233;dric Cagnat n'a pas seulement pour but d'&#233;tablir que la condamnation actuelle de la violence par le pouvoir (mais surtout et cons&#233;quemment par tous), sous la figure de ce qu'il appelle &#171; le d&#233;mocratisme &#187;, dissimule et entretient celle de ce m&#234;me pouvoir. Il montre surtout &lt;i&gt;comment&lt;/i&gt; s'effectue ce stratag&#232;me et, bien plus, il en explique m&#233;ticuleusement la g&#233;n&#233;alogie. Et ceci dans une prose qui allie la rigueur des d&#233;monstrations et la vigueur de la lettre. Les phrases poss&#233;dant par l&#224; un certain piquant. Car il en faut ! La machinerie propre au d&#233;mocratisme &#233;tant d'ordre langagier, brassant des id&#233;ologies, des terminologies, des mythes, des &#233;critures (dont celle du droit), d'o&#249; d&#233;coulent appr&#233;ciations et d&#233;pr&#233;ciations. Ce brassage ayant pour fonction principale de r&#233;duire toute action politique qui, comme oxyd&#233;e par l'air des paroles ambiantes, n'est plus que ce que l'on dit d'elle. Ainsi, une action violente (un &#233;v&#233;nement politique) sera qualifi&#233;e comme &#233;tant &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; la violence (une sorte de substance toxique), r&#233;duite et oxyd&#233;e par le discours qui la disqualifie et qui &#233;vacue sa port&#233;e politique comme une fum&#233;e sans feu. Le d&#233;mocratisme chantant un air subtil puisqu'il &lt;i&gt;autorise&lt;/i&gt; une forme d'opposition sous le nom de &#171; &lt;i&gt;contestation&lt;/i&gt; &#187;. Le brassage ne va donc pas sans tri.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi les forces d'opposition seront disqualifi&#233;es celles qui r&#233;ellement s'opposent, qui sont donc, par nature, violentes. De l'autre c&#244;t&#233;, les oppositions &lt;i&gt;contestatrices&lt;/i&gt; seront celles qui s'adressent au pouvoir, veulent n&#233;gocier et trouver un compromis avec lui. En somme, elles lui sont ajust&#233;es. Par ce traitement, la division fondamentale entre dominants et domin&#233;s, entre opposants &lt;i&gt;v&#233;ritables&lt;/i&gt;, prend une autre figure, excluant ce qui rend consistante une des deux moiti&#233;s de la division, celle des dominants restant intacte. Autant dire qu'il n'y a plus de division du tout. Plus exactement, l'exclusion suppose l'image invers&#233;e d'un pr&#233;l&#232;vement. Seule sera pr&#233;lev&#233;e la part contestataire qui demande ponctuellement &#224; &#234;tre entendue, la part qui au fond recherche l'entente, la part du &lt;i&gt;partenaire&lt;/i&gt;, avec &#224; l'horizon un r&#234;ve : que tout conflit ne se r&#232;gle plus qu'entre partenaires sociaux. Observons ce qu'il se passe depuis quelques ann&#233;es, ce sont les ministres qui prennent en charge les contestations elles-m&#234;mes, dossier en main.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peut-&#234;tre dira-t-on, car on le dit, qu'il n'y a plus &#224; proprement parler de domination, que nos soci&#233;t&#233;s sont unifi&#233;es, &#233;galitaires. Pourtant, qui peut nier que la nature du pouvoir actuel est &#171; cette connivence oligarchique entre des appareils &#233;conomiques et m&#233;diatiques et une noblesse d'&#201;tat inamovible &#187; (p. 26) ? Comment en sommes-nous arriv&#233;s &#224; ne pas dire ce qu'on ne peut pas nier ? Parce que nos discours sont ceux que nous fait d&#233;biter le d&#233;mocratisme. Le traitement que l'on fait subir &#224; tout langage politique n'en fait plus qu'une &#171; arme indolore &#187; (p. 118). Le v&#233;ritable ennemi de cette machine &#224; parler, &#224; penser, est donc son autre : l'action. On comprendra donc qu'un des d&#233;fis de &lt;i&gt;Politiques de la violence&lt;/i&gt;, tr&#232;s bien relev&#233;, est de redonner la parole &#224; l'action (et r&#233;ciproquement l'action &#224; la parole), car &#171; notre passivit&#233; n'a plus d'excuse &#187; (p. 26). Mais l'action de qui, pour quoi ? Celle de la souverainet&#233; populaire, celle d'un peuple pour un peuple. Un peuple n'existant pas hors de ses souveraines actions : &#171; Le peuple [&#8230;] est ce qui n'appara&#238;t que ponctuellement, en cela que c'est l'instance, toujours provisoire, de ce qui fait &lt;i&gt;&#233;v&#233;nement&lt;/i&gt;. &#187; (p. 87, soulign&#233; par l'auteur) Surgit alors ce que C&#233;dric Cagnat appelle un &#171; moment-monde &#187;, qui est un des plus beaux concepts du livre : &#171; Lorsqu'un sujet collectif vient &#224; l'existence par une action authentique en cr&#233;ant un monde qui &#233;tait inexistant et dont la possibilit&#233; &#233;tait jusque-l&#224; inconnue, alors surgit un &#8220; moment-monde &#8221;, c'est-&#224;-dire que font effraction dans le r&#233;el cat&#233;goris&#233; de la r&#233;p&#233;tition, &lt;i&gt;un&lt;/i&gt; peuple et son &#233;v&#233;nement. &#187; (p. 88)
Telle est la grande ligne de l'analyse de C&#233;dric Cagnat. Or, elle ne peut exister que parce qu'elle est tiss&#233;e d'autres lignes. Ces lignes sont comme des lignes d'&#233;criture qui viennent former le grand texte que nous r&#233;citons. C&#233;dric Cagnat en propose des analyses m&#233;ticuleuses, limpides, qui vont mettre au jour une fonction commune. Evoquons pour commencer le r&#244;le des id&#233;ologies philosophiques, surtout celle de Hobbes, qui &#224; la fois exclut l'action violente contre l'&#201;tat et renvoie cette violence &#224; la nature humaine. La violence de celui qui s'oppose &#224; l'&#201;tat provient de cette &#171; mauvaise &#187; nature. Avec Hobbes s'instaure l'id&#233;ologie selon laquelle la division est hors de la politique puisque cette derni&#232;re pr&#233;tend y mettre fin. La division fondamentale est donc encore convertie en une division d'exclusion d'une moiti&#233; (le mauvais reste est le reste de mauvais). Ce qui justifie aussi qu'il faut &#234;tre violent envers toute violence et qu'&#224; l'horizon c'est l'annihilation de toute la moiti&#233; exclue qui est vis&#233;e. On atteindrait alors la violence la plus absolue puisqu'elle aurait supprim&#233; toute opposition. D'o&#249; le paradoxe mis en lumi&#232;re par C&#233;dric Cagnat : &#171; la volont&#233; d'absence de violence aboutirait &#224; la violence absolue. &#187; (p. 106) C&#233;dric Cagnat s'&#233;vertue donc &#224; suivre &#224; la trace ce geste d'exclusion d'une moiti&#233; de la division (qui est donc aussi le geste de suppression de la division), en le rep&#233;rant dans le partage entre experts de la politique et le peuple (n&#233;cessairement mauvais, brutal, b&#234;te, etc.), que l'on retrouve m&#234;me au sein du peuple entre &#171; bon &#187; et &#171; mauvais &#187; peuple (Peuple/pl&#232;be). Il le rep&#232;re aussi dans le passage du populisme valoris&#233; au populisme actuel, n&#233;cessairement &#171; mauvais &#187;, ou dans le partage entre l'individu-masse (celui du XXe si&#232;cle et des consommateurs actuels) et le bon individu-citoyen. Tous ces partages ont donc comme fonction de d&#233;signer la partie dont il faut se &lt;i&gt;d&#233;partir&lt;/i&gt;. Et l'auteur de montrer que ce &#171; &lt;i&gt;d&#233;partir de&lt;/i&gt; &#187; est l'objet des discours tenus par des &#233;crivains, des &#171; intellectuels &#187;, des journalistes, etc. La forte audience de toute cette caste contribuant &#224; faire de nous leurs ventriloques et m&#234;me &#224; emprunter leurs interpr&#233;tations pour requalifier tout &#233;v&#233;nement. Ainsi &#171; &#733;terrorisme&#733; est devenu le nom de bapt&#234;me donn&#233; &#224; toute intrusion d'un &lt;i&gt;dehors&lt;/i&gt;. La nomination est l'une des modalit&#233;s de l'absorption de l'&#233;v&#233;nement au sein de la machine, f&#251;t-ce pour l'exclure apr&#232;s-coup en le criminalisant &#187; (p. 107).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si bien que, ventriloqu&#233;s, les opposants s'acculent de plus en plus &#224; tenir un discours qui va &#224; l'encontre de leur lutte : celui de la non-violence. Le discours de la non-violence est la protection la mieux distill&#233;e pour que l'ordre actuel ne soit pas remis en question. &#171; Les manifestants se retrouvent en nombre pour ne plus faire autre chose que se compter, ou que de s'exposer au d&#233;compte des autorit&#233;s. &#187; (p. 133) Ne nous &#233;tonnons pas alors qu'apparaisse maintenant la figure de l'&lt;i&gt;homo festivus&lt;/i&gt;. &#171; Le ludique et le festif tels qu'ils se donnent &#224; voir de mani&#232;re exemplaire dans cette nouvelle contestation sont les formes que rev&#234;t une existence d'o&#249; l'&#233;v&#233;nement, au sens plein du terme, est exclu. &#187; (p. 132) M&#234;me ceux, c'est-&#224;-dire une grande majorit&#233;, qui subissent la violence syst&#233;mique du d&#233;mocratisme la d&#233;nient : &#171; F&#233;rocit&#233; d'une &#233;poque o&#249; la disparition de la lutte physique a engendr&#233; une violence syst&#233;mique d'autant plus inou&#239;e que nombreux sont ceux qui continuent d'en d&#233;nier l'existence et d'ignorer d'en &#234;tre l'objet. &#187; (p. 142)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la machine &#224; parler ne va pas sans la machine scripturaire du droit et sa mythologie, reposant sur le couplage d'un fondement id&#233;ologique hobbesien (mythe de la violence naturelle de l'homme, anthropologie pessimiste) et du libre enrichissement du lib&#233;ralisme soi-disant pacificateur (le mythe du &#171; doux commerce &#187;). C&#233;dric Cagnat d&#233;crit alors brillamment la pente qui conduit au pluralisme tol&#233;rant, administr&#233; par le parlementarisme du d&#233;mocratisme, qui est un des meilleurs remparts pour les dominants. &#171; Ainsi la non-violence &#233;rig&#233;e en pr&#233;suppos&#233; fondamental de la sph&#232;re politique, n'importe quelle structure de domination peut, apr&#232;s avoir vaincu par la force, perdurer sans craindre la concurrence, en favorisant m&#234;me le pluralisme des valeurs, apparaissant ainsi comme un pouvoir p&#233;tri d'ouverture et de tol&#233;rance, &#233;tant assur&#233; que ses plus vigoureux opposants s'interdiront &#224; eux-m&#234;mes la voie par laquelle s'est &#233;tablie la puissance qu'ils honnissent. &#187; (p. 101)
C&#233;dric Cagnat, en qualifiant tour &#224; tour le d&#233;mocratisme de machine, de syst&#232;me ou de structure, t&#233;moigne d'une volont&#233; de saisir la modalit&#233; de pens&#233;e la plus adapt&#233;e pour comprendre le montage du d&#233;mocratisme et donc pour mieux le d&#233;monter. C&#233;dric Cagnat est souvent pris d'une forme de stup&#233;faction : comment une machination pareille est-elle possible, comment pouvons-nous avaler tous ces paralogismes politiques ? Le plus gros &#233;tant celui qui consiste &#224; d&#233;montrer que le d&#233;mocratisme ne doit pas &#234;tre d&#233;mocratique (puisque la d&#233;mocratie suppose que tout le monde peut &#234;tre tour &#224; tour dirig&#233; et dirigeant, le tirage au sort &#233;tant son essence). C&#233;dric Cagnat ridiculise, avec un humour corrosif, des raisonnements comme celui du professeur Tenzer qui n'a qu'un but : d&#233;montrer que &#171; le pouvoir ne doit revenir qu'&#224; ceux qui savent, c'est-&#224;-dire, notamment, au professeur Tenzer et &#224; ses semblables &#187; (p. 52). Le syst&#232;me doit sa conservation &#224; ces l&#233;gionnaires du &#171; savoir &#187;, &#171; car le professeur Tenzer, en r&#233;alit&#233;, s'appelle l&#233;gion &#187; (p. 52). On laissera au lecteur la d&#233;couverte d'autres traits d'humour, comme celui qui ponctue une critique de l'analyse de Delmas-Marty, souffrant de &#171; monomanie scripturaire &#187; (p. 114), par un &#171; nous voil&#224; rassur&#233;s&#8230; &#187; ravageur (p. 115). De m&#234;me le r&#233;publicanisme n'est pas sans s'opposer &#224; ce qu'il est en sous-main : un individualisme. &#171; Deux versants de l'individualisme pr&#233;sident donc &#224; la construction de l'id&#233;e r&#233;publicaine : le &lt;i&gt;versant interne&lt;/i&gt; d'o&#249; est issue la conception de l'individu autonome, et le &lt;i&gt;versant externe&lt;/i&gt; par lequel se d&#233;finit l'unit&#233; nationale [&#8230;] Aussi le r&#233;publicanisme trouve-t-il sa source dans les deux configurations id&#233;ologiques qui donnent naissance aux deux postures contre lesquelles elle pr&#233;tend s'&#233;lever : l'individualisme interne qui est au principe du lib&#233;ralisme, l'individualisme externe qui fa&#231;onne les unit&#233;s closes du communautarisme. &#187; (p. 158) Un d&#233;mocratisme qui s'oppose &#224; la d&#233;mocratie, un r&#233;publicanisme qui s'oppose &#224; ce qui lui ressemble, voil&#224; bien des contorsions qui appellent le philosophe &#224; comprendre d'o&#249; elles tirent leur efficience.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C&#233;dric Cagnat remet &#224; un autre ouvrage l'approfondissement de ce qu'il d&#233;cide au final d'appeler, suivant Niklas Luhmann, &#171; une machine syst&#233;mique &#187;. Il nous en donne cependant d&#233;j&#224; un avant-go&#251;t. C'est qu'en effet &#171; la soci&#233;t&#233; comme machine syst&#233;mique pr&#233;suppose la convergence et la coh&#233;rence actionnelles des parties greff&#233;es sur un consensus id&#233;ologique massif [&#8230;], o&#249; est rendue possible &#8220;l'&#233;vacuation de l'id&#233;ologie et de la politique elle-m&#234;me&#8221; &#187; (p. 153, la citation est de Saint-Simon dans le livre de Pierre Birnbaum,&lt;i&gt; La fin du politique&lt;/i&gt;). Ces consensus id&#233;ologiques sont donc le d&#233;mocratisme, le r&#233;publicanisme et autres machines en &#171; isme &#187;. Se comprend alors l'importance de cette suffixation, qui les substantifie comme un ciment social. Et de l'int&#233;rieur, d&#233;mocratisme et r&#233;publicanisme s'immunisent contre toute critique en critiquant leur pr&#233;tendu mauvais double, d&#233;tournant ainsi la critique de ce qu'ils sont et faisant &lt;i&gt;&#224; la fois&lt;/i&gt; leur autopromotion, puisqu'ils se pr&#233;sentent comme les meilleurs dans ce m&#234;me registre. &#171; Le traitement et le r&#232;glement du conflit jouent comme confirmation de la fonctionnalit&#233; du syst&#232;me, ce que Luhmann nomme pr&#233;cis&#233;ment l'&#8220;autopo&#239;&#232;se&#8221;. &#187; (p.182)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On se demandera toutefois si un syst&#232;me informationnel ne fait pas trop abstraction de ce qui concerne les &lt;i&gt;conduites&lt;/i&gt; des individus. Par exemple, l'individualisme r&#233;publicaniste n'est pas qu'une id&#233;ologie mais bien aussi et surtout une certaine mani&#232;re de se comporter soi-m&#234;me et avec les autres. Peut-on d&#233;tacher le traitement de l'information des mani&#232;res de vivre ? N'est-ce pas la condition pour que l'information soit signifiante ? Est-ce que l'id&#233;ologie seule est suffisante pour diriger les conduites ? On peut supposer que C&#233;dric Cagnat abordera ces questions dans ses &#233;laborations conceptuelles &#224; venir. Et que, comme il le fait dans &lt;i&gt;Politiques de la violence&lt;/i&gt;, son analyse de l'impuissance citoyenne aura pour vertu de nous redonner de la puissance, puisqu'elle cernera encore l'ennemi. A l'inverse de notre &#233;poque o&#249; &#171; toute tentative de r&#233;sistance se trouve confront&#233;e &#224; une absence d'ennemi clairement identifi&#233; et o&#249; tous les coups assen&#233;s portent contre un vide b&#233;ant, comme ceux que donnerait un boxeur luttant contre le vent &#187; (p. 142). La maltraitance politique que l'on s'inflige ne peut plus durer. A la violence de cette politique r&#233;pondons par la violence pour &lt;i&gt;notre&lt;/i&gt; politique. Ce &#171; nous-peuple &#187; et cette politique ne se d&#233;couvrant qu'avec l'action d'un moment-monde. La machine pourra chercher ses mots, elle ne les trouvera pas, de toute fa&#231;on on ne l'&#233;coutera plus. Et cela va sans dire, C&#233;dric Cagnat en fera au contraire tout un po&#232;me. Tendez bien l'oreille, son livre le laisse d&#233;j&#224; entendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Philippe Roy&lt;/strong&gt;
Professeur de philosophie en Bourgogne
Doctorant en philosophie &#224; l'universit&#233; Paris 8
Auteur de &#171; Trouer la membrane. Penser et vivre la politique par des gestes &#187;. L'Harmattan. 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LES SERVITEURS SONT FATIGU&#201;S (Les ma&#238;tres aussi) Alain Brossat</title>
		<link>http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article305</link>
		<guid isPermaLink="true">http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article305</guid>
		<dc:date>2013-04-26T12:32:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie Parquet</dc:creator>



		<description>LES SERVITEURS SONT FATIGU&#201;S (Les ma&#238;tres aussi) Alain Brossat Collection Quelle dr&#244;le d'&#233;poque ! ISBN : 978-2-336-00860-8 &#8226; avril 2013 &#8226; 68 pages Prix &#233;diteur : 10,5 &#8364; Cet essai d&#233;crit le retour de la figure tr&#232;s ancienne de l'affrontement du serviteur avec son ma&#238;tre, au c&#339;ur des rapports capitalistes contemporains, au temps de la crise sans fi n de la d&#233;mocratie lib&#233;rale. La d&#233;r&#233;gulation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des relations entre le capital et le travail, la disparition toujours acc&#233;l&#233;r&#233;e des emplois &#224; statut, la (...)

-
&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;46. Publications&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L91xH150/arton305-f53ae.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='91' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:91px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;LES SERVITEURS SONT FATIGU&#201;S&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(Les ma&#238;tres aussi)&lt;/strong&gt;
&lt;strong&gt;Alain Brossat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Collection Quelle dr&#244;le d'&#233;poque !
ISBN : 978-2-336-00860-8 &#8226; avril 2013 &#8226; 68 pages Prix &#233;diteur : 10,5 &#8364;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet essai d&#233;crit le retour de la figure tr&#232;s ancienne de l'affrontement du serviteur avec son ma&#238;tre, au c&#339;ur des rapports capitalistes contemporains, au temps de la crise sans fi n de la d&#233;mocratie lib&#233;rale. La d&#233;r&#233;gulation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des relations entre le capital et le travail, la disparition toujours acc&#233;l&#233;r&#233;e des emplois &#224; statut, la &#171; flexibilisation &#187; du travail (c'est-&#224;-dire la pr&#233;carisation croissante des salari&#233;s), se conjuguent avec la crise de la repr&#233;sentation qui d&#233;pouille les couches populaires de ce qui leur restait de capacit&#233; politique. C'est dans ces conditions que revient en force, avec les nouvelles formes d'exploitation, d'ali&#233;nation et de m&#233;pris social, la figure du serviteur. C'est ainsi que se dessine, au fil du processus de globalisation, le nouveau visage de la subalternit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Alain Brossat&lt;/strong&gt; est professeur &#233;m&#233;rite au d&#233;partement de philosophie de l'universit&#233; Paris-8 Saint-Denis. Ses recherches portent sur les formes de violence modernes, les technologies de pouvoir, les probl&#232;mes de la d&#233;mocratie contemporaine. Son dernier ouvrage paru est Autochtone imaginaire, &#233;tranger imagin&#233; &#8211; retours sur la x&#233;nophobie ambiante (&#201;ditions du Souffle, Bruxelles).
Photographie de couverture : Hui-Chen&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;EXTRAIT&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La division, soutient Marx dans les premi&#232;res lignes du Manifeste du Parti communiste, est l'imm&#233;morial, le toujours d&#233;j&#224;- l&#224;, serti dans la vie sociale1. La vie que l'on dit commune, c'est la vie d'embl&#233;e divis&#233;e par la lutte, l'affrontement, une sorte de guerre &#8211; la lutte des classes. Dan le Discours sur la premi&#232;re d&#233;cade de Tite-Live, Machiavel ne disait pas autre chose : simplement, il nommait &#171; tumultes &#187; ce que Marx place sous le signe de la lutte des classes. Les tumultes, plut&#244;t que les bonnes lois, comme fondement de l'exemplarit&#233; et des vertus de la R&#233;publique romaine2. Plut&#244;t qu'origine, sc&#232;ne originaire ancestrale vers laquelle il conviendrait de remonter pour comprendre les encha&#238;nements de causes et d'effets dont notre pr&#233;sent serait le r&#233;sultat, la division est ici pos&#233;e comme une condition et une provenance (Herkunft) auxquelles il nous faut sans cesse revenir lorsque nous tentons de nous donner prise sur notre propre actualit&#233;. La lutte des classes, dit Marx, c'est l'histoire des encha&#238;nements ininterrompus entre diff&#233;rentes figures de la division, chacune correspondant &#224; une formation historique et sociale : &#171; homme libre et esclave, patricien et pl&#233;b&#233;ien, baron et serf, ma&#238;tre de jurande et compagnon&#8230; &#187;. L'&#233;l&#233;ment invariant, c'est &#171; l'oppression &#187;, toute histoire &#233;tant histoire de l'oppression, l'un suppos&#233; de la vie commune, de l'existence sociale en partage, se divise toujours en deux, sur un mode qui est celui de l'antagonisme et de l'affrontement &#8211; des &#171; oppresseurs &#187; d'un c&#244;t&#233;, des &#171; opprim&#233;s &#187; de l'autre. La division n'est pas ici un simple principe de r&#233;partition ou de s&#233;paration, elle est un principe dynamique dont l'&#233;l&#233;ment moteur est &#171; la lutte &#187;, &#171; l'opposition perp&#233;tuelle &#187; des uns et des autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;BON DE COMMANDE&lt;/strong&gt;
A retourner &#224; L'HARMATTAN, 7 rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris
Veuillez me faire parvenir ....... exemplaire(s) du livre
LES SERVITEURS SONT FATIGU&#201;S
au prix unitaire de 10,5 &#8364; + 3 &#8364; de frais de port, + 0,80&#8364; de frais de port par ouvrage suppl&#233;mentaire, soit un total de ......... &#8364;.
NOM :
ADRESSE :
Ci-joint un ch&#232;que de ............ &#8364;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; en euros sur ch&#232;ques domicili&#233;s sur banque fran&#231;aise.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; par virement en euros sur notre CCP 20041 00001 2362544 N 020 11 Paris
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; par carte bancaire Visa N&#176;................................ date d'expiration...../...../...../ et le num&#233;ro CVx2 (les 3 derniers chiffres au dos de votre carte, &#224; gauche de votre signature) :&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Presentaci&#243;n del libro de Jos&#233; Ignacio Benito sobre Orlan</title>
		<link>http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article297</link>
		<guid isPermaLink="true">http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article297</guid>
		<dc:date>2013-03-24T20:11:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>

-
&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;46. Publications&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton297-fd7f6.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='113' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:113px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_153 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/contraportada.jpg&quot; title='JPEG - 92.9 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L113xH150/contraportada-a8b56-eed8c.jpg' width='113' height='150' alt='JPEG - 92.9 ko' style='height:150px;width:113px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Autochtone imaginaire, &#233;tranger imagin&#233; Retours sur la x&#233;nophobie ambiante. Alain Brossat</title>
		<link>http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article279</link>
		<guid isPermaLink="true">http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article279</guid>
		<dc:date>2012-12-24T08:41:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie Parquet</dc:creator>



		<description>Les &#233;ditions du souffle pr&#233;sentent le dernier essai de Alain Brossat. &#171; Cet essai, construit en &#233;toile est compos&#233; de textes (...) qui, &#224; d&#233;faut de s'encha&#238;ner les uns aux autres, se r&#233;pondent et communiquent par diff&#233;rents &#8220;passages&#8221;, selon la m&#233;thode mise en oeuvre par Walter Benjamin dans son Paris capitale du XIXe si&#232;cle. Il s'agit (...) de probl&#233;matiser une question destin&#233;e &#224; nous reconduire &#224; notre objet, &#224; son coeur &#8211; pourquoi la question de l&#8216;&#233;tranger tend-t-elle &#224; devenir, sous nos latitudes, (...)

-
&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;46. Publications&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton279-834af.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='106' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:106px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_142 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/ditions_du_souffle-2.jpg&quot; title='JPEG - 30.8 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L150xH33/ditions_du_souffle-2-30c31-5fd70.jpg' width='150' height='33' alt='JPEG - 30.8 ko' style='height:33px;width:150px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;ditions du souffle pr&#233;sentent le dernier essai de Alain Brossat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Cet essai, construit en &#233;toile est compos&#233; de textes (...) qui, &#224; d&#233;faut de s'encha&#238;ner les uns aux autres, se r&#233;pondent et communiquent par diff&#233;rents &#8220;passages&#8221;, selon la m&#233;thode mise en oeuvre par Walter Benjamin dans son Paris capitale du XIXe si&#232;cle.
Il s'agit (...) de probl&#233;matiser une question destin&#233;e &#224; nous reconduire &#224; notre objet, &#224; son coeur &#8211; pourquoi la question de l&#8216;&#233;tranger tend-t-elle &#224; devenir, sous nos latitudes, l'obses- sion des pouvoirs contemporains ? Au travers de cette question, qui n'en est une pour nous qu'autant que les m&#233;faits des sorci&#232;res en &#233;taient une pour un certain XVIe si&#232;cle, n'est-ce pas plut&#244;t la question du pouvoir et la question des discours qui se trouvent pos&#233;es ? &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alain Brossat&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_141 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L500xH100/ditions_du_souffle2-2-6a952.jpg' width='500' height='100' alt=&quot;&quot; style='height:100px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En pierres denses et compactes, la langue d'Alain Brossat se r&#233;v&#232;le contondante, r&#233;para- trice &#224; force de ne pas se plier &#224; l'esprit du temps, d'y r&#233;pondre sans formes prescriptives, sans marche &#224; suivre. S'il figure quelques pistes pour des mouvements salvateurs, l'action principale consiste &#224; re-tracer l'absurde d'une s&#233;rie d'&#233;nonc&#233;s en mati&#232;re d'hospitalit&#233; et d'identit&#233;. En y intercalant des rappels historiques et en repeuplant les apories des discours en la mati&#232;re, l'auteur nous donne la possibilit&#233; d'en faire autant : restaurer nos percepts et affects. En dix chapitres, Alain Brossat revient patiemment sur ce que nous entraperce- vions en acc&#233;l&#233;r&#233; et de mani&#232;re de plus en plus marqu&#233;e : l'Europe forteresse d&#233;clin&#233;e en cinq chapitres philosophiques, deux textes de circonstance consacr&#233;s &#224; Mohamed Merah et DSK, une c&#233;l&#233;bration singuli&#232;re de l'anniversaire de l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie, deux tableaux politiques du cin&#233;ma et &#171; Qui a tu&#233; Walter Benjamin ? &#187; ou le r&#233;cit du verrouillage de toutes les portes, mentales, physiques, politiques.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_137 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/porte.jpg&quot; title='JPEG - 39.5 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L150xH101/porte-c63f7-80a9e.jpg' width='150' height='101' alt='JPEG - 39.5 ko' style='height:101px;width:150px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TABLE DES MATIERES &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Entrer sans frapper. Avertissement. Raconter des histoires qui comptent
Qui a tu&#233; Walter Benjamin ? Contre la d&#233;mocratie de l'entre soi L'hospitalit&#233; comme cristal
De Welcome &#224; Go home :
Comment le th&#232;me du demandeur d'asile hante le cin&#233;ma aujourd'hui. L'arch&#233;ologie d'un silence, suivi de l'Exp&#233;rience du CADA.
Cin&#233;ma et guerres des esp&#232;ces.
La fable DSK. De Toulouse &#224; Peshawar, en passant par Gaza : l'affaire Merah.
Nommer les crimes d'&#201;tat &#224; S&#233;tif et &#224; Guelma.
Sortie
Index des illustrations.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_136 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/transistor.jpg&quot; title='JPEG - 36.6 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L150xH85/transistor-e8bc5-282ed.jpg' width='150' height='85' alt='JPEG - 36.6 ko' style='height:85px;width:150px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;EXTRAITS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raconter des histoires qui comptent&lt;/strong&gt; &#171; La langue des vaincus a-t-elle jamais exist&#233; ? &#187;, se demandait un jour Michel Foucault recourant au vocabulaire de Walter Benjamin ? La r&#233;ponse pourrait &#234;tre double : ces vaincus, cette p&#232;be ne sont &#224; prop rement parler audibles que pour autant qu'ils s'expriment dans un cadre fix&#233; par l'autorit&#233; &#8211; en r&#233;pondant, pour l'essentiel, aux questions qu'elle leur pose ; mais le plus souvent, leur acc&#232;s au langage est limit&#233; &#224; la bonne &#233;coute, celle qui leur permet de se comporter selon les consignes et injonctions qui leurs sont adress&#233;es. Dans ce registre, on pourrait dire que cette pl&#232;be est moins muette que programm&#233;e pour s'exprimer a minima et faire ce qu'elle a &#224; faire aux conditions de ceux qui entendent la gouverner. Sa parole et ses discours, de ce point de vue, lui &#233;chappent radi- calement, &#233;tant constamment d&#233;termin&#233;s par les conditions de leur h&#233;t&#233;ronomie. &#187; p.28&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui a tu&#233; Walter Benjamin ?&lt;/strong&gt; &#171; De quoi est faite la mort de Walter Benjamin, pour que la disparition violente et pr&#233;matur&#233;e d'un des plus &#233;minents philosophes du XXe si&#232;cle se trouve &#224; tout jamais associ&#233;e	&#224; &#171; la fronti&#232;re &#187; ? &#187; p. 47
&#171; Cette sorte de pers&#233;cution, plus ou moins &#171; douce &#187; mais tenace, &#224; laquelle doivent faire face les r&#233;fugi&#233;s a pour effet la multiplication des &#171; probl&#232;mes d'intendance &#187;. Se loger, entreprendre un voyage, trouver un emploi... Tout devient compliqu&#233;, infiniment plus compliqu&#233; que pour les autres, selon une double modalit&#233; funeste : d'une part, elle produit des effets particuliers d'usure psychique et de l'autre, elle ne peut pas faire l'objet d'un &#171; partage &#187; avec les autres, les suppos&#233;s autochtones pour lesquels ces complications n'existent pas. &#187; p. 58-59&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre la d&#233;mocratie de l'entre-soi&lt;/strong&gt; &#171; Le partage entre ceux qui, dans nos soci&#233;t&#233;s, occupent fantasmatiquement la place de l'autochtone et tous les autres est l'un des plus d&#233;cisifs, les plus efficaces et fonctionnels parmi ces &#171; gestes &#187; du gouvernement des vivants. Une population ne peut &#234;tre gouvern&#233;e (ici, &#224; l'&#233;gal d'un territoire) qu'&#224; la condition de ce travail intense d'organisation et de r&#233;partition que le pouvoir (les gouvernants) op&#232;rent sur elle, qu'&#224; la condition d'&#234;tre saisie par la multitude de ces gestes de diff&#233;renciation. D'un point de vue politique et juridique, il importe donc que le syst&#232;me d'&#233;galisation formelle entre les individus (en principe tous &#233;gaux devant la loi quelle que soit leur puissance sociale et &#233;gaux de m&#234;me en tant qu'&#233;lecteurs) trouve sa contrepartie et son compl&#233;ment dans le syst&#232;me qui institue des in&#233;galit&#233;s fonctionnelles et structurelles entre des cat&#233;gories h&#233;t&#233;rog&#232;nes : le ressortissant fran- &#231;ais et l'immigr&#233; maghr&#233;bin, le demandeur d'asile et Mme Bettancourt, etc. &#187; p. 77&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'hospitalit&#233; comme cristal&lt;/strong&gt; &#171; Toute r&#233;glementation ou restriction apport&#233;e au principe d'hospitalit&#233; tue l'hospitalit&#233;. &#187; p. 90
&#171; Par cons&#233;quent, ce que nous sommes en droit d'exiger de la part de nos gouvernants, de nos &#201;tats pour autant que ceux-ci se targuent d'&#234;tre &#171; d&#233;mocratiques &#187;, c'est une politique civili- s&#233;e de l'&#233;tranger, une politique &#233;clair&#233;e des circulations de personnes, pas une hospitalit&#233; in- conditionnelle, laquelle, pour cette raison m&#234;me, peut a contrario &#234;tre le fait des personnes et des communaut&#233;s &#8211; pas celui des &#201;tats, des gouvernements, des administrations. Pour dire les choses abruptement et comme par anticipation sur ce qui va suivre : l'hospitalit&#233; est un cris- tal trop pur pour &#234;tre confi&#233; aux &#201;tats, &#224; l'administration, aux pouvoirs modernes. &#187; p. 91&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Welcome &#224; Go home&lt;/strong&gt; &#171; Partons d'une remarque tr&#232;s g&#233;n&#233;rale : le cin&#233;ma peut &#234;tre d&#233;fini entre autres comme un dispositif g&#233;n&#233;ral d'apprivoisement. Une de ses vocations est de rendre pr&#233;sentables pour nous, c'est &#224;-dire compatibles avec les conditions du contemporain, avec les normes et les sensibilit&#233;s, avec l'ordre des discours, toutes sortes de figures, de sc&#232;nes du pass&#233; ou du pr&#233;sent qui, de par leurs caract&#233;- ristiques propres, entretiennent un litige violent avec ces conditions m&#234;mes. Le cin&#233;ma, comme appareil culturel, apprivoise l'intol&#233;rable, &#233;labore l'impr&#233;sentable envers et contre cette &#171; impr&#233;sen- tabilit&#233; &#187; m&#234;me, en cr&#233;ant les conditions de sa narrativit&#233; ou plut&#244;t de sa narrabilit&#233;. &#187; p. 111-112&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'arch&#233;ologie du silence&lt;/strong&gt; / (dans le prolongement de Anderlecht, printemps 2008, les limites des situa- tions d'enqu&#234;te)
&#171; Tr&#232;s rapidement, s'est impos&#233;e cette &#233;vidence (comme souvent, comme toujours peut-&#234;tre...) : ce n'est pas l'enqu&#234;teur qui d&#233;cide de la tournure que prendra son investigation, c'est l'enqu&#234;te elle- m&#234;me qui dicte ses conditions, qui &#171; pose les questions &#187;. &#187; p.132
&quot;Le demandeur sait, en g&#233;n&#233;ral, que le pur et simple r&#233;cit sobre et factuel, sinon objectif, des circonstances qui l'ont conduit &#224; quitter son pays et &#224; se r&#233;fugier en France a fort peu de chances de co&#239;ncider avec les crit&#232;res fix&#233;s par l'OFPRA ou le service des &#233;trangers des pr&#233;fectures. Il sait, ou il devine donc, que son r&#233;cit doit &#234;tre &#171; am&#233;lior&#233; &#187; ou mis en conformit&#233; avec l'attente suppos&#233;e de l'autorit&#233;. Mais, pr&#233;cis&#233;ment, la d&#233;couverte de cette r&#232;gle du jeu &#171; cach&#233;e &#187; par le demandeur et les conclusions qu'il va en tirer seront susceptibles de se retourner contre lui en toutes circonstances : les divers arrangements cosm&#233;tiques que subiront les r&#233;cits vont constituer pour l'administration une in&#233;puisable r&#233;serve de m&#233;fiance organis&#233;e et syst&#233;matique, un motif permanent pour discr&#233;diter, disqualifier ces r&#233;cits et consid&#233;rer a priori le demandeur comme un affabulateur. &#187; p.134-135&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cin&#233;ma et guerre des esp&#232;ces&lt;/strong&gt; &#171; C'est l&#224; &#224; la fois la puissance sp&#233;cifique du cin&#233;ma et ce que l'on pourrait appeler sa duplicit&#233; constitutive : une &#233;vidence imm&#233;diate des corps qui s'impose &#224; nous avec une force telle que nous ne sommes gu&#232;re port&#233;s &#224; nous demander ce que nous &#171; disent &#187; ces corps, ce qui se signifie effec- tivement dans la mise en place de la configuration o&#249; ils se c&#244;toient, se rencontrent, se heurtent, etc. &#192; ce titre, dans cette dimension, le cin&#233;ma, ou plus pr&#233;cis&#233;ment, un certain cin&#233;ma industriel, soumis &#224; des normes sp&#233;cifiques (ce qui ne veut pas du tout dire sans qualit&#233;s artistiques &#8211; cf. John Ford), peut &#234;tre d&#233;crit comme la fabrique des messages inavouables, n&#233;cessairement subliminaires, directement v&#233;hicul&#233;s par une grammaire corporelle et ph&#233;notypique et d'autant plus aptes &#224; irri- guer les strates profondes de la psych&#233; du spectateur. &#187; p.153-154&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fable DSK&lt;/strong&gt; &#171; Il s'agit de d&#233;tecter la fa&#231;on dont l'histoire de la &#171; post-colonie &#187; continue de s'&#233;crire au pr&#233;sent sur un mode compact ou diffus, massif ou infinit&#233;simal, comme histoire coloniale infinie et ind&#233;finie, au fil d'un chapelet d'incidents ou d'&#233;v&#233;nements disparates : de la &#171; bavure &#187; polici&#232;re en banlieue &#224; la &#171; sortie &#187; intempestive d'un rappeur d'origine africaine contre les homosexuels, en passant par les &#171; pri&#232;res de rue &#187; des musulmans de la Goutte d'Or et l'anniversaire d'un massacre colonial (le 17 octobre 1961). En ce sens d'un &#233;ternel retour dans le pr&#233;sent du rapport colonial, diffract&#233; et red&#233;ploy&#233; aux conditions de l'actualit&#233;, la &#171; post-colonie &#187; peut &#234;tre nomm&#233;e &#171; n&#233;o-colonie &#187; ou &#171; toujours-colonie &#187;. Le &#171; post- &#187; &#233;tant, comme dans la figure du post-moderne, une modalit&#233; du m&#234;me r&#233;activ&#233; selon des modalit&#233;s nouvelles, et aucunement ce qui succ&#232;de, vient apr&#232;s, quand la s&#233;quence est close et la parenth&#232;se referm&#233;e. &#187; p. 177-178&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Toulouse &#224; Peshawar, en passant par Gaza : l'affaire Merah&lt;/strong&gt; &#171; La prise en charge purement et simplement s&#233;curitaire de l'&#233;v&#233;nement, plac&#233;e sous le signe des agissements impr&#233;visibles, stup&#233;fiants et inhumains du monstre, est destin&#233;e &#224; emp&#234;cher que s'ins- taure &#224; ce propos une discussion publique qui pourrait donner lieu &#224; des encha&#238;nements, des rap- prochements entre ces crimes &#171; aberrants &#187; et des facteurs de natures diverses : la r&#233;cente liquida- tion de Ben Laden au Pakistan, l'intervention occidentale en Afghanistan, les menaces d'agression r&#233;it&#233;r&#233;es de l'&#201;tat d'Isra&#235;l contre l'Iran et, je l'ai dit plus haut, le diff&#233;rend francoalg&#233;rien &#224; propos des crimes de la colonisation. La rh&#233;torique du monstre qui tend toujours &#224; faire du criminel un homme seul, du crime une aberration absolue, proc&#232;de ainsi par effets de d&#233;contextualisation mas- sifs, de mani&#232;re &#224; &#233;tablir l'autorit&#233; de pures tautologies au degr&#233; z&#233;ro de la pens&#233;e : le monstre est celui qui commet des actions monstrueuses et celles-ci administrent en retour la preuve qu'il est un monstre et rien d'autre. &#187; p. 207-208&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nommer les crimes d'&#233;tat&lt;/strong&gt; &#171; Il existe, si l'on peut dire les choses ainsi, une propension naturelle des &#201;tats, une sorte d'instinct de conservation, qui les conduit &#224; lier le motif de leur int&#233;grit&#233; et de la perp&#233;tuation de leur renom ou de leur gloire (qui est &#224; peu pr&#232;s indistinct de celui de l'int&#233;grit&#233;) &#224; celui de leur impunit&#233; pour les crimes commis en leur nom dans le pass&#233;. Constamment, cette propension fait fond et sur la dif- ficult&#233; d'&#233;tablir les faits &#8211; la possibilit&#233; infinie d'agencer des r&#233;cits de diversion &#8211; et sur les d&#233;nis de continuit&#233; en rapport aux diff&#233;rentes s&#233;quences qui s'encha&#238;nent dans son histoire. Concernant le premier aspect, le livre de Jean-Louis Planche a montr&#233; combien la fable de l'insurrection concer- t&#233;e des populations musulmanes du Constantinois a eu la vie dure dans le r&#233;cit franco-fran&#231;ais des &#233;v&#233;nements de mai 1945, tout comme le d&#233;ni de l'ampleur des massacres perp&#233;tr&#233;s par l'arm&#233;e et les milices form&#233;es par les colons3. Concernant le second aspect, nul n'ignore qu'il n'aura pas fallu moins d'un demi- si&#232;cle pour que la R&#233;publique accepte la charge des crimes commis par le r&#233;gime de Vichy dans le contexte des pers&#233;cutions inflig&#233;es aux juifs, entre 1940 et 1944. &#187; p. 226-227&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sortie&lt;/strong&gt; &#171; Il faut donc le dire avec force : il n'y a pas davantage de &#171; question de l'&#233;tranger &#187; dans nos soci&#233;t&#233;s aujourd'hui (en Europe occidentale) qu'il n'y avait de &#171; question juive &#187; dans l'Allemagne de la fin des ann&#233;es 1920 et du d&#233;but des ann&#233;es 1930. Et il y a bien, oui, une s&#233;rieuse &#171; question de l'au- tochtone &#187; qui, sous l'effet des chocs cumul&#233;s et corr&#233;l&#233;s qu'il subit, voit se d&#233;liter son sentiment du &#171; propre &#187; &#8211; comme il y avait, assur&#233;ment, au tournant des ann&#233;es 1920, un s&#233;rieux &#171; probl&#232;me allemand &#187; (social, politique, historique) du fait de la succession des chocs apocalyptiques endur&#233;s par ce pays depuis 1914 (la guerre, la d&#233;faite, la chute de l'Empire, l'&#233;chec de la r&#233;volution de 1918- 19, le chaos des premi&#232;res ann&#233;es de Weimar, la crise de 1929...). La menace que constituerait la prolif&#233;ration de l'&#233;tranger-parmi-nous, telle que l'&#233;prouvent les plus fragiles des &#171; autochtones &#187; (un sentiment qui se condense dans la formule &#171; on n'est plus chez nous &#187;), est en v&#233;rit&#233; le pseudonyme du sentiment de d&#233;perdition du &#171; propre &#187; nourri en tout premier lieu par les ph&#233;nom&#232;nes de glo- balisation, de liqu&#233;faction des rapports sociaux, et bien s&#251;r, par la d&#233;qualification, la d&#233;saffiliation, la perte de statut, de reconnaissance, de dignit&#233;, de droits, etc. &#8211; tous ces &#171; chocs &#187; en s&#233;rie &#233;prouv&#233;s par ceux qu'on pourrait appeler les &#171; petits autochtones &#187; d'aujourd'hui (sur le mod&#232;le des petits Blancs du monde colonial). &#187; p. 237-238&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Captures de Marc BERNARDOT </title>
		<link>http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article278</link>
		<guid isPermaLink="true">http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article278</guid>
		<dc:date>2012-12-23T09:02:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie Parquet</dc:creator>



		<description>Captures Marc BERNARDOT collection Kriticos, &#233;ditions du Croquant 192 pages, 11 euros Depuis quelques d&#233;cennies, le contr&#244;le des fronti&#232;res et de l'acc&#232;s &#224; la citoyennet&#233; a &#233;t&#233; consid&#233;rablement renforc&#233; en Europe et ailleurs. Alors m&#234;me que se poursuit et s'acc&#233;l&#232;re un puissant processus de globalisation, les mobilit&#233;s humaines sont pour partie entrav&#233;es. Cet ouvrage propose d'interpr&#233;ter, &#224; la lumi&#232;re des anciennes guerres de capture d'esclaves, les dispositifs antimigratoires et d'analyser l'&#233;mergence (...)

-
&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;46. Publications&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L150xH127/arton278-26e5a.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='127' class='spip_logos' style='height:127px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Captures&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_135 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L150xH270/Captures_Couv-7ba52.jpg' width='150' height='270' alt=&quot;&quot; style='height:270px;width:150px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marc BERNARDOT
collection Kriticos, &#233;ditions du Croquant
192 pages, 11 euros&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis quelques d&#233;cennies, le contr&#244;le des fronti&#232;res et de l'acc&#232;s &#224; la citoyennet&#233; a &#233;t&#233; consid&#233;rablement renforc&#233; en Europe et ailleurs. Alors m&#234;me que se poursuit et s'acc&#233;l&#232;re un puissant processus de globalisation, les mobilit&#233;s humaines sont pour partie entrav&#233;es. Cet ouvrage propose d'interpr&#233;ter, &#224; la lumi&#232;re des anciennes guerres de capture d'esclaves, les dispositifs antimigratoires et d'analyser l'&#233;mergence de la figure du &#171; sans-papiers &#187; ou du &#171; clandestin &#187; qui n'est en fait qu'un &#233;tranger priv&#233; de ses droits. Ce mod&#232;le permet de r&#233;soudre la double contradiction apparente, d'une part entre les besoins av&#233;r&#233;s de main-d'&#339;uvre des pays occidentaux et ces politiques et, d'autre part, entre les fondements humanistes des d&#233;mocraties et le recours &#224; l'internement et &#224; &#173;l'expulsion de civils.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auteur&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marc Bernardot est professeur de sociologie &#224; l'universit&#233; du Havre. Il est membre du laboratoire CIRTAI et coanime l'&#233;quipe &#233;ditoriale du r&#233;seau TERRA. Sp&#233;cialiste de sociologie historique de l'&#201;tat et de l'espace, il travaille actuellement sur les politiques antimigratoires. Il est l'auteur de deux ouvrages de r&#233;f&#233;rence sur les institutions de gestion des migrations en France, Camps d'&#233;trangers et Loger les immigr&#233;s. La Sonacotra 1956&#8211;2006, publi&#233;s aux &#233;ditions du Croquant en 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contact email : cyberns@wanadoo.fr
192 pages - 10 x 18 - 11 &#8364;
&#201;ditions du Croquant Collection KRITICOS
ISBN : 9782365120159
Commander en ligne : &lt;a href='http://atheles.org/editionsducroquant/kriticos/captures/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://atheles.org/editionsducroqua...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lire le sommaire et l'introduction : &lt;a href='http://www.reseau-terra.eu/article1263.html' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.reseau-terra.eu/article1...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le livre imaginaire, ou comment oublier une le&#231;on de Foucault.</title>
		<link>http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article274</link>
		<guid isPermaLink="true">http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article274</guid>
		<dc:date>2012-12-07T17:23:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>Une r&#233;ponse de Diogo Sardinha &#224; la critique de son livre par Alain Brossat. Cf l'article : &quot; lectures de Foucault &quot;. Dans la critique, aussi g&#233;n&#233;reuse par sa longueur que d&#233;concertante par son contenu, qu'Alain Brossat fait de mon livre Ordre et temps dans la philosophie de Foucault, il m'impute des id&#233;es qui me sont pour le moins &#233;trang&#232;res, pour ne pas dire qu'elles correspondent parfois, et m&#234;me souvent, &#224; l'exact oppos&#233; non seulement de ce que je pense, mais encore de ce que j'ai &#233;crit. R&#233;fl&#233;chissant (...)

-
&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;46. Publications&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;ponse de Diogo Sardinha &#224; la critique de son livre par Alain Brossat. Cf l'article : &quot; lectures de Foucault &quot;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la critique, aussi g&#233;n&#233;reuse par sa longueur que d&#233;concertante par son contenu, qu'Alain Brossat fait de mon livre &lt;i&gt;Ordre et temps dans la philosophie de Foucault&lt;/i&gt;, il m'impute des id&#233;es qui me sont pour le moins &#233;trang&#232;res, pour ne pas dire qu'elles correspondent parfois, et m&#234;me souvent, &#224; l'exact oppos&#233; non seulement de ce que je pense, mais encore de ce que j'ai &#233;crit. R&#233;fl&#233;chissant au contenu de son texte, et pass&#233;e une certaine stupeur initiale, je me rends compte qu'il contient des contresens qui prennent une telle l'ampleur, qu'ils donnent vite l'impression que ce n'est pas de mon ouvrage qu'il est question, mais d'un autre. Au d&#233;but, je me suis demand&#233; si Alain Brossat avait vraiment lu ce que j'ai &#233;crit, ou bien s'il s'&#233;tait content&#233; d'y chercher ce qu'il avait trouv&#233; d&#233;j&#224;, avant m&#234;me d'ouvrir le volume. J'ai ensuite cru comprendre qu'il me juge d'apr&#232;s des intentions qu'il m'attribue, au lieu de me juger par mes analyses, ce qui, &#224; la fin, m'a pouss&#233; &#224; me poser une question : pour quelle raison n'a-t-il pas &#171; pu &#187; me lire, mais a plut&#244;t &#233;t&#233; victime d'une sorte d'obstacle qui s'est interpos&#233; entre son regard et mon ouvrage ? Ce sont ces aspects que je m'efforcerai d'&#233;claircir dans les lignes qui suivent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur mon attachement aux &#171; profondeurs de l'&#339;uvre &#187;
&lt;/strong&gt;D&#232;s que dans mon livre Alain Brossat trouve l'expression &#171; sens philosophique &lt;i&gt;profond&lt;/i&gt; &#187;, il l'interpr&#232;te comme &#171; les &lt;i&gt;profondeurs&lt;/i&gt; de l'&#339;uvre &#187; (c'est son mot, qu'il souligne). H&#233;las, les deux choses ne me semblent pas avoir beaucoup de rapport, puisque le &#171; sens philosophique &lt;i&gt;profond&lt;/i&gt; &#187; auquel je fais r&#233;f&#233;rence d&#233;signe tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment le mouvement intellectuel de Foucault, qui le m&#232;ne d'une pens&#233;e en termes de domaines (le savoir, le pouvoir et l'&#233;thique), con&#231;us &#224; chaque fois comme pourvus d'un fond d&#233;terminant d'une surface et, corr&#233;lativement, d'une surface d&#233;termin&#233;e par ce fond, vers une pens&#233;e en termes d'axes qui s'intriquent, pens&#233;e dont il affirme, dans &#171; Qu'est-ce que les Lumi&#232;res ? &#187; (paru l'ann&#233;e de sa mort : &lt;i&gt;Dits et &#233;crits&lt;/i&gt;, n&#176; 339), qu'elle est dou&#233;e d'une syst&#233;maticit&#233; (c'est son mot). Tout mon effort a consist&#233; &#224; comprendre comment, du premier r&#233;gime, Foucault est pass&#233; au second, le passage de l'un &#224; l'autre &#233;tant ce que je d&#233;signe tant&#244;t comme &#171; sens philosophique &lt;i&gt;profond&lt;/i&gt; &#187; (p. 29), tant&#244;t comme &#171; sens profond de sa philosophie &#187; (p. 227), expressions dans lesquelles le mot &#171; sens &#187; n'est pas l'&#233;quivalent de &#171; signification &#187;, mais d&#233;signe bien plut&#244;t une direction, une mouvement orient&#233;, allant &#171; de la d&#233;termination fondamentale des &#233;vidences superficielles &#187; (p. 29), qui est le mode sous lequel il pense d'abord le savoir, le pouvoir et l'&#233;tique ; &#171; pour en arriver &#224; une syst&#233;matique r&#233;invent&#233;e &#187; (p. 29), nouveau r&#233;gime de pens&#233;e qu'il propose &#224; la fin. Je ne vois donc pas en quoi mon approche concernerait des suppos&#233;es &#171; &lt;i&gt;profondeurs&lt;/i&gt; de l'&#339;uvre &#187;, mot qui, dans l'usage qu'en fait Alain Brossat, me semble d&#233;signer plut&#244;t quelque chose de myst&#233;rieux, d'inaccessible, voire de mystique, ce dont mon livre ne traite strictement &#224; aucun moment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; partir de l&#224;, une s&#233;rie d'interpr&#233;tations se d&#233;ploie, dans laquelle, au lieu de lire ce qui est &#233;crit, Alain Brossat m'impute des intentions, entre autres celle de pr&#233;tendre produire ce qu'il appelle &#171; une &lt;i&gt;intelligence vraie&lt;/i&gt; de cette philosophie originale &#187; (soulign&#233; par lui). Quoique la pens&#233;e de Foucault puisse &#234;tre lue comme une &#171; philosophie originale &#187; (ce que je crois r&#233;ellement), je vois mal comment on pourrait m'attribuer l'id&#233;e d'en proposer une &#171; &lt;i&gt; intelligence vraie&lt;/i&gt; &#187;, alors que j'insiste &#224; plusieurs reprises sur l'impossibilit&#233; de r&#233;duire cette &#339;uvre &#224; une v&#233;rit&#233;, soit quand j'&#233;cris que le &#171; sens fondamental &#187; sur lequel j'attire l'attention &#171; n'est pas le seul qu'on puisse d&#233;celer dans cette &#339;uvre, et sans doute ne la recouvre-t-il pas dans tous ses d&#233;tails &#187; (p. 29) ; soit lorsque je refuse &#171; le principe du sens unique d'un auteur &#187; qui &#171; n'est pas appropri&#233; &#224; l'intelligence d'une &#339;uvre qui d&#233;borde sur maints aspects la pr&#233;sence et le r&#244;le du rapport de fond &#187; (p. 221). En effet, comment une &#339;uvre si multiple pourrait-elle souffrir une intelligence vraie, &#224; l'aune de laquelle toutes les autres seraient fausses ? Il faudrait bien que j'aille &#224; l'encontre des &#233;vidences.
Les erreurs de lecture se prolongent, ensuite, dans l'id&#233;e, doublement inexacte, que selon moi &#171; toute la recherche de Foucault &lt;i&gt;converge&lt;/i&gt; vers la derni&#232;re partie de l'&#339;uvre, celle qui met en &#233;vidence la qualit&#233; propre du sujet &#233;thique &#187;. Si l'inexactitude est double, c'est parce que, premi&#232;rement, &#171; la derni&#232;re partie de l'&#339;uvre &#187; n'est justement pas celle qui traite du sujet &#233;thique, mais au contraire, quand on l'interroge (comme je l'ai fait) &#224; partir des probl&#232;mes de l'ordre de l'exp&#233;rience et de sa transformation dans le temps, celle dans laquelle Foucault passe outre le domaine &#233;thique, pour consid&#233;rer l'intrication des trois axes, &#233;thique, politique et &#233;pist&#233;mologique. Il est donc incorrect de dire que, pour moi, le traitement du sujet &#233;thique est le moment final de l'&#339;uvre, ce que d'ailleurs je r&#233;p&#232;te avec insistance : ce n'est pas un hasard si l'intrication des trois axes, et non l'&#233;thique et son sujet, constitue l'objet de tout le chapitre final du livre.
Secondement, si dans aucune circonstance je ne crois que &#171; toute la recherche de Foucault &lt;i&gt;converge&lt;/i&gt; vers &#187; quoi que ce soit, c'est (de mani&#232;re accessoire, et comme je l'ai &#233;crit plus haut) parce que je ne raisonne pas en termes de &#171; toute la recherche de Foucault &#187;, et me garde bien de pr&#233;tendre tout r&#233;sumer sous une v&#233;rit&#233; unique ; mais, essentiellement, parce que je ne fais pas de lecture t&#233;l&#233;ologique (Alain Brossat parle m&#234;me d'&#171; une tenace &lt;i&gt;t&#233;l&#233;ologie&lt;/i&gt; &#187;) et je ne suppose jamais que Foucault tient &#224; un moment un certain discours dans le but de parvenir, ult&#233;rieurement, &#224; une fin pr&#233;alablement d&#233;terminable. Au contraire, tout mon raisonnement s'appuie sur l'id&#233;e qu'il change de perspective et de domaine d'investigation pour, en partie du moins, chercher de nouvelles solutions aux probl&#232;mes qui d&#233;coulent des m&#233;thodes qu'il vient d'employer. Pour l'exprimer de fa&#231;on plus concr&#232;te, s'il passe des arch&#233;ologies du savoir, dans les ann&#233;es 1960, aux g&#233;n&#233;alogies du pouvoir-savoir dans les ann&#233;es 1970, c'est parce que la consid&#233;ration du savoir tout seul ne lui permettait pas de rendre compte de ses objets, parfois nouveaux, comme la prison et la punition. Le m&#234;me principe herm&#233;neutique vaut pour le passage du pouvoir-savoir &#224; l'&#233;thique des ann&#233;es 1980 : pour &#171; franchir la ligne &#187; du pouvoir (mot de Foucault qui a tant s&#233;duit Deleuze, comme je le rappelle p. 58), il cherche, dans le rapport &#224; soi, l'espace d'un libre exercice du choix sur ce qu'on est et sur ce qu'on souhaite devenir. Il n'y a donc pas de t&#233;l&#233;ologie, mais de l'effort pour r&#233;soudre des probl&#232;mes. Enfin, le passage final &#224; la syst&#233;maticit&#233; ne d&#233;coule pas d'une autre mani&#232;re de proc&#233;der : c'est le travail en parall&#232;le sur les trois domaines distincts (ou en accord &#224; deux, comme dans le cas du pouvoir-savoir) qui sugg&#232;re &#224; Foucault l'int&#233;r&#234;t de les traiter simultan&#233;ment et comme des axes qui s'intriquent, comme il l'&#233;crit dans le texte auquel j'ai fait allusion plus haut, &#171; Qu'est-ce que les Lumi&#232;res ? &#187;. En somme, non pas convergence de &#171; tout &#187; vers &#171; une seule chose &#187;, mais des solutions nouvelles &#224; des probl&#232;mes qui changent ; non pas t&#233;l&#233;ologie, mais recherche suivie. Ainsi, il devient manifeste que, de ses &#233;carts initiaux, la lecture propos&#233;e par Alain Brossat passe, graduellement, aux confusions de plus en plus facilement rep&#233;rables, &#224; tel point que, en un seul paragraphe, il en condense plusieurs et des plus frappantes. Voici ce qu'il &#233;crit, dans l'espoir peut-&#234;tre de montrer l'ind&#233;montrable :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Pour Diogo Sardinha, il ne fait aucun doute que le dernier chantier de Foucault, tout entier vou&#233; &#224; l'&#233;laboration des conditions dans lesquelles le sujet &#233;thique peut exercer sa libert&#233;, constitue le point d'aboutissement de toute la recherche de Foucault, ce lieu de la pens&#233;e o&#249; se d&#233;voile, dans sa substance intime, la logique et la coh&#233;rence de l'&#339;uvre : &#8216;&#8216;Foucault invite &#224; saisir &lt;i&gt;apr&#232;s coup&lt;/i&gt; [je souligne, AB] et comme un ensemble structur&#233; ce qui tout au long du chemin n'est apparu que comme des inflexions et des d&#233;tours''. L'auteur fait ici r&#233;f&#233;rence &#224; l'autorit&#233; de Pascal : &#8216;&#8216;Pour entendre le sens d'un auteur, il faut accorder tous les passages contraires (...) Tout auteur a un sens, auquel tous les passages contraires s'accordent, ou il n'a point de sens du tout'' (&lt;i&gt;Pens&#233;es et opuscules&lt;/i&gt;, fragment 684). &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; ce sujet, je me contenterai de faire trois br&#232;ves remarques. D'abord, on a d&#233;j&#224; compris qu'on fait un contresens en pr&#233;tendant que, dans mon livre, le sujet &#233;thique constitue le point d'aboutissement de la recherche de Foucault, raison pour laquelle je n'insisterai plus sur ce fait. Ensuite, on trouve une phrase retir&#233;e de son contexte, qui dans le livre traite de la fa&#231;on dont Foucault reconstitue son propre parcours, dans la premi&#232;re version de la Pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;L'Usage des plaisirs&lt;/i&gt; (j'invite le lecteur &#224; se reporter &#224; la p. 199 de mon &#233;crit). Enfin, une pens&#233;e de Pascal surgit qui, aux yeux d'Alain Brossat, synth&#233;tise l'esprit de mon travail, et que je cite en r&#233;alit&#233;, non pour souscrire au principe qu'elle &#233;nonce, mais afin de l'&#233;carter de mani&#232;re plus explicite ! &#192; cet extrait d'Alain Brossat, je compare le mien propre : &#171; Dans les &lt;i&gt;Pens&#233;es&lt;/i&gt;, Pascal &#233;crivait, au sujet des contradictions apparentes de l'&#201;criture, que &#8216;&#8216;tout auteur a un sens auquel tous les passages contraires s'accordent, ou il n'a point de sens du tout.'' Ce principe ne pourrait que trop difficilement orienter notre recherche &#187; (p. 200). Je cite donc Pascal, mais dans le but d'expliquer qu'il ne nous procure pas une m&#233;thode inspiratrice. Quelques pages plus loin, et toujours en r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#232;gle de lecture pascalienne, j'ajoute : &#171; Le principe du sens unique d'un auteur, auquel on a fait allusion plus haut, n'est pas appropri&#233; &#224; l'intelligence d'une &#339;uvre qui d&#233;borde sur maints aspects la pr&#233;sence et le r&#244;le du rapport de fond. &#187; (P. 221.) J'en conclus qu'Alain Brossat souhaite plier mon texte &#224; l'id&#233;e qu'il s'en fait, cette fois en me pr&#234;tant une r&#232;gle herm&#233;neutique que j'avais &#233;cart&#233;e sans ambages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur quelques-uns de mes &#171; &#233;nonc&#233;s flous &#187;&lt;/strong&gt;
Tout cela me porte &#224; croire que, au lieu de lire le livre qu'il a entre les mains, Alain Brossat pr&#233;f&#232;re en imaginer un autre, que dans un premier temps il se construit dans son esprit (ce qui, au demeurant, n'est pas bien grave), mais que dans un second temps il m'attribue (ce qui est plus f&#226;cheux). De l'impr&#233;cision de sa lecture, il d&#233;coule que certains termes ou &#233;nonc&#233;s lui apparaissent comme flous, entre autres &#171; syst&#233;maticit&#233; sans fin &#187;, &#171; jeu libre &#187;, &#171; sens fondamental &#187; ou &#171; syst&#233;maticit&#233; synth&#233;tique &#187;. Je ne reviendrai pas sur la signification de l'expression &#171; sens fondamental &#187;, que j'ai d&#233;j&#224; reprise ; mais afin de dissiper les doutes d'Alain Brossat, je reviens aux mots du livre au sujet des trois autres concepts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Premi&#232;rement, par syst&#233;maticit&#233; sans fin j'entends la compr&#233;hension du savoir, du pouvoir et de l'&#233;thique non pas comme des domaines plus ou mois s&#233;par&#233;s les uns des autres, mais comme des axes qui s'intriquent dans chaque forme d'exp&#233;rience (c'est ainsi que Foucault en parle, toujours dans &#171; Qu'est-ce que les Lumi&#232;res ? &#187;), en tant que cette compr&#233;hension ouvre la connaissance &#171; &#224; une recherche infinie, recherche non seulement &lt;i&gt;sans fin&lt;/i&gt;, mais aussi &lt;i&gt;sans autre finalit&#233;&lt;/i&gt; que celle de montrer ce que nous sommes &#224; chaque moment et ce que nous devenons &#187; (p. 219).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, jeu libre d&#233;signe le genre de rapport qui s'&#233;tablit, dans les derniers textes de Foucault, entre le savoir, le pouvoir et l'&#233;thique, lorsque ceux-ci ne sont plus envisag&#233;s comme des domaines diff&#233;rents, mais comme des parties d'un ensemble. C'est un mot, on l'a compris, que je puise chez Kant, en expliquant que, tout comme chez ce dernier &#171; s'&#233;tablit un libre jeu entre les facult&#233;s, de m&#234;me s'instaure chez Foucault un jeu entre les trois domaines. Au niveau de la logique d'ensemble, le jeu &#8211; et m&#234;me le jeu libre &#8211; se superpose au sch&#232;me fondamental, devenu incapable de fournir un mod&#232;le pour saisir la dynamique de l'exp&#233;rience. D&#232;s lors que le jeu est ouvert, ses r&#232;gles peuvent &#234;tre &#8211; mieux, sont toujours &#8211; modifi&#233;es en cours de partie : elles sont elles-m&#234;mes en jeu &#187; (p. 220).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Troisi&#232;mement, la syst&#233;maticit&#233; synth&#233;tique est, d'abord, &#171; la coh&#233;rence rendue possible par une affinit&#233; structurelle entre les domaines de l'exp&#233;rience &#187;, que sont le savoir, le pouvoir et l'&#233;thique (p. 218) ; &#171; et puis, elle est l'unit&#233; suscit&#233;e par la reconduction des recherches locales [sur la folie, le crime ou la sexualit&#233;, par exemple] &#224; la question &#8216;&#8216;que sommes-nous aujourd'hui ?'' &#187; (p. 218-219). Bien entendu, je n'attends pas qu'on saisisse enti&#232;rement la signification de ces expressions sans avoir parcouru le livre et seulement &#224; partir de ce que je viens d'en &#233;crire, puisque comme souvent en philosophie, elles se forment au cours de l'&#233;laboration critique et de l'argumentation, ce qui explique aussi qu'elles ne prennent leurs contours pr&#233;cis que dans le dernier chapitre de mon ouvrage. Il n'en reste par moins que je puis donner (et tout lecteur attentif, trouver) des r&#233;f&#233;rences concr&#232;tes, permettant de d&#233;terminer ce qu'Alain Brossat trouve vague.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur ma tentative de plier Foucault &#224; Kant&lt;/strong&gt;
Un autre malentendu, grave par cons&#233;quences qu'il entra&#238;ne, a trait &#224; l'usage que je fais de Kant, un usage je dis bien, qu'Alain Brossat confond avec une tentative (de ma part) pour, selon lui, &#171; faire entrer le parcours prolif&#233;rant de Foucault dans le sch&#233;ma rigide d'une copie conforme de l'architectonique rigoureuse de la pens&#233;e kantienne &#187;, ce qui, toujours d'apr&#232;s lui, &#171; conduit in&#233;luctablement &#224; des simplifications et des distorsions de sa pens&#233;e &#187;. On verra que c'est la lecture d'Alain Brossat qui simplifie et distord mon analyse, car jamais, dans mon recours &#224; certaines structures ou concepts kantiens, je ne confonds Kant et Foucault, prenant soin au contraire de les s&#233;parer, souvent m&#234;me de les opposer, dans un effort pour d&#233;gager des similarit&#233;s possibles entre eux et, simultan&#233;ment, mettre au jour ce qui les &#233;loigne l'un de l'autre. Pour &#233;claircir cette m&#233;thode de travail par un exemple extrait du livre, prenons un passage qui touche &#224; ce dont Alain Brossat m'accuse explicitement, vouloir plier ce que j'appelle la syst&#233;maticit&#233; du dernier Foucault &#224; l'architectonique kantienne. Apr&#232;s avoir trouv&#233; quelques ressemblances entre leurs grilles de pens&#233;e, je fais imm&#233;diatement une double restriction :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Cela veut-il dire que la nouvelle syst&#233;maticit&#233; se r&#233;duirait &#224; une architectonique trop connue ? Nullement. La Critique kantienne est d&#232;s le d&#233;part con&#231;ue en vue d'un syst&#232;me, alors que chez Foucault la pr&#233;occupation d'une coh&#233;rence synth&#233;tique n'arrive qu'&#224; la fin. Autrement plus r&#233;v&#233;latrice de leurs diff&#233;rences, l'architectonique pense l'affinit&#233; et la finalit&#233; ensemble, tandis que Foucault n'admet que la premi&#232;re. L'essentiel n'est donc pas de chercher, par des artifices, &#224; reconduire les propositions de &#8216;&#8216;Qu'est-ce que les Lumi&#232;res ?'' &#224; la conception kantienne du syst&#232;me, mais bien plut&#244;t de comprendre par quels chemins la syst&#233;maticit&#233; foucaldienne revendique l'affinit&#233; entre les trois domaines pr&#233;alablement mis au jour pour, &#224; partir de l&#224;, jeter les bases d'une architectonique qui lui est propre &#187; (p. 202).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En toute franchise, je comprends mal qu'on m'accuse de faire pr&#233;cis&#233;ment le contraire, alors que toute ma d&#233;marche consiste &#224; ne pas r&#233;duire Foucault &#224; d'autres, mais, au contraire, &#224; chercher dans l'histoire des exemples qui puissent servir d'inspiration pour &#8211; par contraste avec eux &#8211; &#171; faire ressortir avec encore plus de vivacit&#233; ce qui fait la singularit&#233; du sch&#232;me foucaldien &#187; (p. 202). Pas plus que, dans ma r&#233;f&#233;rence &#224; la m&#233;thode pascalienne d'ex&#233;g&#232;se biblique, il ne s'agit de r&#233;duire la multiplicit&#233; de sens du travail de Foucault &#224; l'id&#233;e d'un seul sens, qui bien &#233;videmment ne lui convient pas (c'est pourquoi j'&#233;carte Pascal, bien que Foucault se soit lui-m&#234;me servi de motifs pascaliens, comme je le rappelle p. 200-202) ; je ne pr&#233;tends, par mon recours &#224; Kant (dont Foucault &#233;tait pourtant un grand lecteur, et m&#234;me traducteur), r&#233;duire la coh&#233;rence de la d&#233;marche foucaldienne &#224; l'architectonique critique.
Pour la m&#234;me raison, il me semble un peu l&#233;ger de dire qu'il y aurait, pour moi, un &#171; Foucault de la &#8216;&#8216;Premi&#232;re Critique'' (&lt;i&gt;Les Mots et les choses&lt;/i&gt;...) &#187;, tant je m'efforce (apr&#232;s m'&#234;tre servi, p. 98-100, de passages de la&lt;i&gt; Critique de la raison pure&lt;/i&gt;, pour les comparer avec d'autres appartenant aux &lt;i&gt;Mots et les choses&lt;/i&gt;), de s&#233;parer ces deux livres, concluant que &#171; les traces du kantisme sous la forme de l'&lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; [historique] sont le d&#233;guisement du coup de gr&#226;ce qu'il re&#231;oit &#187; (p. 103).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur ma &#171; parfaite orthodoxie marxiste &#187;&lt;/strong&gt;
Un autre point surprenant concerne mon suppos&#233; rapport &#224; Marx et au marxisme. Le fait qu'il soit tr&#232;s peu question de Marx dans mon livre n'emp&#234;che pas Alain Brossat d'y reconna&#238;tre &#224; la fois une n&#233;gligence de ma part &#224; l'&#233;gard du r&#244;le que Foucault reconna&#238;t &#224; ce penseur (il compte, &#171; avec Nietzsche et Freud, parmi les &#8216;&#8216;fondateurs de la discursivit&#233;'' de notre &#233;poque &#187;), d'un c&#244;t&#233; ; puis, de l'autre c&#244;t&#233;, la &#171; parfaite orthodoxie marxiste &#187; dont pr&#233;tendument rel&#232;verait mon travail. Autrement dit, j'oublie Marx, tout en &#233;tant un marxiste orthodoxe. Si cela &#233;tait exact, on soup&#231;onnerait bien que je n'aurais pas proc&#233;d&#233; ainsi sans des intentions sournoises... Maintenant, en quoi suis-je un marxiste orthodoxe ? En ceci, que je rabats constamment la m&#233;thode g&#233;n&#233;alogique et arch&#233;ologique &#171; sur la bien connue &#8216;&#8216;d&#233;termination en derni&#232;re instance'' &#187;.
&#192; ce sujet, et bien que je doive rappeler qu'il n'y a, dans tout le livre, qu'une seule occurrence des termes &#171; derni&#232;re instance &#187; (p. 153) (et que cette occurrence n'est pas &#171; technique &#187;), on pourrait croire que le sch&#232;me y serait toutefois pr&#233;sent. Mais ce serait m&#233;conna&#238;tre mes efforts pour s&#233;parer ce que j'appelle &#171; le rapport fondamental &#187; chez Foucault, d'autres sch&#232;mes connus, parmi eux celui du rapport entre science et id&#233;ologie (avec ses r&#233;sonances althusseriennes, p. 49), v&#233;rit&#233; et apparence (p. 82), r&#233;el et illusion (p. 82) et encore cogito et domaine de la connaissance (p. 84). Bien plus, il n'est que dans &lt;i&gt;Les Mots et les choses&lt;/i&gt; que l'on peut trouver, peut-&#234;tre, quelque chose de semblable &#224; une &#171; d&#233;termination en derni&#232;re instance &#187;, car dans les livres des ann&#233;es 1970 sur le pouvoir-savoir, comme je l'&#233;cris, &#171; le bas est lui aussi affect&#233; par le haut, dans la mesure o&#249; les deux s'entrecroisent au niveau du dispositif, instance de leur interp&#233;n&#233;tration &#187; (p. 57). J'ai donc beau r&#233;p&#233;ter que &#171; la rationalit&#233; politique ne se concertera pas avec une instance unique d'explication des relations de pouvoir &#187; (p. 57) ; que, d'apr&#232;s Foucault, &#171; il n'est pas question de concevoir une instance unique de causalit&#233;, ni m&#234;me des rapports univoques d'une cause &#224; un effet, ou de causes multiples &#224; diff&#233;rents effets[, mais qu'] il est indispensable d'aller plus loin pour penser la d&#233;multiplication qui implique la plurivocit&#233; des mouvements et la prolif&#233;ration des points susceptibles de produire des effets &#187; (p. 83) &#8211; tout cela, Alain Brossat le laisse de c&#244;t&#233;, de m&#234;me qu'il s'arroge le droit de m&#233;connaitre la complexification que j'analyse d&#232;s que je passe aux livres sur l'&#233;thique, dans lesquels &#171; aucune instance ne joue un r&#244;le semblable &#224; celui de la disposition &#233;pist&#233;mologique ou du dispositif politique. Si bien qu'&#224; la libert&#233; de choisir vient s'ajouter une ind&#233;termination formelle, caract&#233;ris&#233;e par l'inexistence d'une instance ordinatrice &#187; (p. 177). Si cela est une approche relevant &#171; d'une parfaite orthodoxie marxiste &#187;, il faut que j'en prenne vite conscience, sans quoi je ne saurais faire mon autocritique...
(Soit dit au passage, ma d&#233;viation orthodoxe n'est pas mon seul d&#233;faut, mais &#8211; si je lis bien mon contempteur &#8211; je contribue en outre &#224; &#171; la croissante prosp&#233;rit&#233; de la foucaldologie et de la foucaldocratie &#187;, c'est-&#224;-dire aux &#233;tudes qui, traitant de Foucault, s&#233;parent la pens&#233;e de la vie et se r&#233;duisent &#224; une sorte de bureaucratie scolastique. Mais ce sont l&#224; de vagues injures, plus que des arguments ; ils ne m&#233;ritent donc pas que je m'y arr&#234;te.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur la passivit&#233; de Foucault devant l'histoire&lt;/strong&gt;
Enfin, je dois mettre en relief un dernier &#233;garement, qui vient s'ajouter &#224; ceux d&#233;j&#224; expos&#233;s, pour m'emp&#234;cher de v&#233;ritablement retenir les critiques qu'Alain Brossat formule &#224; mon encontre : il croit que, en rabaissant &#171; brutalement le motif de la r&#233;sistance &#187;, je transforme Foucault &#171; en spectateur passif du cours r&#233;p&#233;titif de l'Histoire &#187;. Alain Brossat commet ici une faute logique reconnaissable, consistant &#224; inf&#233;rer, d'une proposition vraie, une proposition fausse. Ainsi, il est vrai que, quand on cherche dans les livres publi&#233;s par Foucault les raisons qui expliquent comment d'une &#233;poque on passe &#224; l'autre (par exemple, de la Renaissance &#224; l'&#194;ge classique ou de celui-ci &#224; la modernit&#233;), ce n'est pas la r&#233;sistance active des individus (ni les petites luttes ni les grandes r&#233;volutions politiques) qui permet d'expliquer ces changements, mais tant&#244;t des ruptures d'&lt;i&gt;&#233;pist&#233;m&#232;&lt;/i&gt; (dans &lt;i&gt;Les Mots et les choses&lt;/i&gt;), tant&#244;t l'invention de nouvelles technologies politiques des corps (dans &lt;i&gt;Surveiller et punir&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Volont&#233; de savoir&lt;/i&gt;). En cela, Foucault est profond&#233;ment anti-humaniste : il n'y a aucun &#171; r&#244;le de l'Homme dans l'Histoire &#187;, tout simplement parce qu'il y a aussi peu d'&#171; Homme &#187; que d'&#171; Histoire &#187;. Maintenant, Alain Brossat croit que de l&#224; d&#233;coule l'id&#233;e que Foucault deviendrait un &#171; spectateur passif &#187;.
J'aurais souhait&#233; comprendre comment de la premi&#232;re id&#233;e il passe &#224; la seconde, parce que ce n'est s&#251;rement pas en s'appuyant sur mon livre. En effet, que &#171; l'Homme &#187; n'y soit pour rien dans les grandes tournants de &#171; l'Histoire &#187;, cela n'implique aucunement que chacun d'entre nous, &#224; partir des formes d'existence d&#233;termin&#233;es des savoirs et des pouvoirs &#224; un moment donn&#233;, ne puisse s'engager, lutter, r&#233;sister, ou encore exercer sa libert&#233;, comme Foucault lui-m&#234;me l'a fait, en vue de changer l'&#233;tat des choses, que ces &#171; choses &#187; soient &#233;pist&#233;mologiques, politiques, &#233;thiques ou autres. Pour ma part, je s&#233;pare volontiers deux versants qu'Alain Brossat m&#233;lange : d'un c&#244;t&#233;, la question de savoir comment d'une &#233;poque on passe &#224; une autre ; de l'autre c&#244;t&#233;, celle de savoir ce qu'on peut faire &#224; l'int&#233;rieur de son temps, voire contre son temps et m&#234;me au-del&#224; de son temps. Ces deux versants ne sont pas identiques, comme nous l'apprennent les textes et comme j'ai essay&#233; de le montrer. Si je m'&#233;tais demand&#233; &#171; que pouvons-nous faire aujourd'hui, en tant que nous sommes entour&#233;s de n&#233;cessit&#233;s et de contraintes impos&#233;es par les modes d'&#234;tre du savoir et du pouvoir, c'est-&#224;-dire par les dispositions, les dispositifs, par les codes moraux et sociaux aussi ? &#187;, alors la r&#233;ponse aurait s&#251;rement trouv&#233;, dans le motif de la r&#233;sistance, l'un de ses temps forts. Seulement, la question que je me suis pos&#233; se rapportait &#224; la fa&#231;on dont Foucault con&#231;oit aussi bien les m&#233;tamorphoses historiques que l'ordre int&#233;rieur de ces domaines singuliers que sont le savoir, le pouvoir et l'&#233;thique, et qui connaissent, chacun, des r&#233;gimes de transformation distincts. En suivant cette pente, j'ai d&#233;couvert l'id&#233;e du libre jeu entre les trois axes, qui est libre aussi dans la mesure o&#249; &#171; l'&#233;tablissement de ses r&#232;gles d&#233;pend en partie de nous : nous nous les donnons &#224; nous-m&#234;mes, individuellement et collectivement &#187; (p. 230). Voil&#224; une raison suppl&#233;mentaire pour que je regrette l'incompr&#233;hension d'Alain Brossat &#224; l'&#233;gard de mon usage de cette expression &#171; jeu libre &#187;, il est vrai puis&#233;e chez Kant, mais qui acquiert ici un tout autre sens, plus proche sans doute de ce qu'il cherche &#224; d&#233;signer par le terme &#171; r&#233;sistance &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un dernier mot sur l'&#233;thique et son sujet&lt;/strong&gt;
Au fond, je me demande si Alain Brossat n'aurait pas &#233;t&#233; victime d'un obstacle qui l'aurait emp&#234;ch&#233; de &#171; lire &#187; mon livre. Son insistance sur le fait que, pr&#233;tendument, le sujet &#233;thique repr&#233;senterait pour moi la derni&#232;re partie de l'&#339;uvre de Foucault, et ce vers quoi tout chez celui-ci convergerait, combin&#233;e avec l'accent qu'il met sur le peu de place que je fais au motif de la r&#233;sistance, me fait penser qu'il craint que je n'interpr&#232;te Foucault comme le penseur qui a ouvert grand la porte &#224; un repli sur soi, &#224; l'abandon de la politique qui en serait la cons&#233;quence, et, pis que cela, au triomphe d'un sujet lib&#233;ral, essentiellement caract&#233;ris&#233; par le fait qu'il &#171; peut exercer sa libert&#233; &#187;. Cependant, ces craintes n'ont pas lieu d'&#234;tre, pour deux raisons au moins. D'abord, j'explique que la syst&#233;maticit&#233; r&#233;invent&#233;e par le dernier Foucault passe par une intrication entre le savoir, le pouvoir et l'&#233;thique, ce qui n'exclue donc aucun de ces axes de l'exp&#233;rience, mais au contraire les combine et les comprend dans leur interaction (p. 219). Autrement dit, il n'est pas d'&#233;thique sans politique, mais pas davantage d'&#233;thique sans savoir, ni de savoir sans politique et &#233;thique, etc. Et ensuite, je souligne que ce qui int&#233;resse Foucault dans l'&#233;tude de l'&#233;thique n'est pas l'exercice d'une libert&#233; individuelle vers l'ext&#233;rieur de soi, ou ce qu'il appelle un &#171; comportement &#187;, mais l'exercice de cette libert&#233; comme aust&#233;rit&#233; sur soi-m&#234;me, ce qu'il d&#233;signe comme une &#171; attitude &#187; (sur ce point, voir mes &#167; 24-25). Ce qu'il d&#233;crit l&#224; est l'un des chemins possibles pour proc&#233;der &#224; la critique du sujet, ce qui distingue sa propre conception du sujet &#233;thique de celle, lib&#233;rale, de l'individu. Inutile donc d'avoir peur de l'int&#233;r&#234;t que pr&#234;te Foucault &#224; l'&#233;thique ancienne ou moderne ; inutile m&#234;me d'escamoter cet int&#233;r&#234;t, puisqu'&#224; bien y regarder, il est un nouveau levier pour condamner l'&#233;tat de choses pr&#233;sent, et non pour y souscrire.
En conclusion, Alain Brossat m'accuse de plier Foucault tant&#244;t &#224; Pascal, tant&#244;t &#224; Marx, tant&#244;t &#224; Kant, ce qui, de toute &#233;vidence, constituerait un tour de force bien au-del&#224; de mes capacit&#233;s &#8211; et, bien plus, de mes intentions, m&#234;me si la philosophie n'est pas une affaire d'intentions, mais d'arguments. Encore aurait-il fallu que je parvienne, d'une mani&#232;re ou d'une autre, &#224; accorder ces trois auteurs, faute de quoi la d&#233;marche qu'il m'attribue manquerait de toute solidit&#233;. Seulement, ce n'est pas ce que je fais, comme je crois l'avoir expliqu&#233; en rapprochant ce qu'il &#233;crit sur mon ouvrage, de ce qui s'y trouve effectivement. Tout ce que je regrette est qu'Alain Brossat n'ait pas lu ce livre comme quelqu'un qui ferait une exp&#233;rience, &#233;ventuellement transformatrice de soi ; mais que, &#224; la place, il ait pr&#233;f&#233;r&#233; rester le m&#234;me, en appliquant &#224; la lecture ce qu'il croyait savoir d&#233;j&#224;. Il a oubli&#233;, par l&#224;, l'une des le&#231;ons les plus m&#233;morables de Foucault.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&quot;Des corps subalternes&quot;. Migrations, exp&#233;riences, r&#233;cits&#8232; Sous la direction de Martine Lefeuvre-D&#233;otte&#8232;</title>
		<link>http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article269</link>
		<guid isPermaLink="true">http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article269</guid>
		<dc:date>2012-11-13T20:49:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie Parquet</dc:creator>



		<description>&#201;dition &#8211;Diffusion &#8232;5-7, rue de l'&#201;cole Polytechnique 75005 Paris T&#233;l. 01 40 46 79 20 (comptoir et renseignement libraires) T&#233;l. 01 40 46 79 14 (manuscrits et fabrication) &#8232;T&#233;l. 01 40 46 79 22 (service de promotion) &#8232;Fax 01 43 25 82 03 (commercial) Collection Esth&#233;tiques &#8232;ISBN : 978-2-296-99331-0 &#8226; septembre 2012 &#8226; 242 pages Prix &#233;diteur : 25 &#8364; La question n'est pas tant de savoir si les subalternes peuvent parler que celle de comprendre quelle relation s'&#233;tablit entre les mouvements migratoires dans (...)

-
&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;46. Publications&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;dition &#8211;Diffusion &#8232;5-7, rue de l'&#201;cole Polytechnique 75005 Paris
T&#233;l. 01 40 46 79 20 (comptoir et renseignement libraires) T&#233;l. 01 40 46 79 14 (manuscrits et fabrication) &#8232;T&#233;l. 01 40 46 79 22 (service de promotion) &#8232;Fax 01 43 25 82 03 (commercial)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Collection Esth&#233;tiques &#8232;ISBN : 978-2-296-99331-0 &#8226; septembre 2012 &#8226; 242 pages Prix &#233;diteur : 25 &#8364;
La question n'est pas tant de savoir si les subalternes peuvent parler que celle de comprendre quelle relation s'&#233;tablit entre les mouvements migratoires dans lesquels sont prises diff&#233;rentes cat&#233;gories de corps pr&#233;caires et la possibilit&#233; d'un r&#233;cit de ces &#233;preuves et de ces exp&#233;riences.
Les migrants qui se fraient leur chemin vers des pays dont les autorit&#233;s et les populations s'opposent ou rechignent &#224; leur faire place savent parler. Mais qui est pr&#234;t &#224; entendre, non seulement le r&#233;cit de leurs tribulations et leur t&#233;moignage sur leur condition de subalternit&#233;, mais surtout &#224; prendre en compte leurs r&#233;flexions sur cette position singuli&#232;re, qui est pr&#234;t &#224; prendre en consid&#233;ration cet excentr&#233;, ce stigmatis&#233;, ce dernier venu comme un sujet de pens&#233;e dont l'exp&#233;rience singuli&#232;re et la vision du monde nous importent ?
Des &#233;migr&#233;s p&#233;ruviens au Chili aux r&#233;fugi&#233;s tch&#233;tch&#232;nes &#171; retenus &#187; en Pologne, en passant par les jeunes Afghans aimant&#233;s par leur r&#234;ve d'Angleterre, ce livre collectif interroge toutes sortes de figures de ces migrations pr&#233;caires qui parlent, t&#233;moignent et r&#233;fl&#233;chissent sur leur propre parcours et sur l'&#233;tat du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Visitez notre site internet et commandez en ligne : &lt;a href='http://www.editions-harmattan.fr/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.editions-harmattan.fr&lt;/a&gt; Vous pouvez aussi commander cet ouvrage chez votre libraire habituel&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt; &#8232;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parcours d'exils&lt;/strong&gt;
&#8232;Les figures muettes de la migration. La parole aux femmes ! Letitia Trifanescu
&#8232;Tout le savoir des &#171; explorateurs &#187; J&#233;r&#244;me Mbiatong
&#8232;Regards sur l'exil : l'univers de la rel&#233;gation Ars&#232;ne Bolouvi&#8232;
Des immigr&#233;s p&#233;ruviens &#224; Santiago du Chili : la douleur des corps Maria Emilia Tijoux&#8232;
Ce que nous devons aux migrants tunisiens Federica Sossi&#8232;
Pour une esth&#233;tique anti-humanitaire Armelle Jayet et Denis Lemasson&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8232;&lt;strong&gt;Migrants au risque du cin&#233;ma&lt;/strong&gt;
&#8232;Des regards, des visages et des hommes Thierry Tartas
&#8232;V&#233;nus noire : un nouvel exotisme ? Martine Lefeuvre-D&#233;otte&#8232;
Jan Fabre fera-t-il le printemps chez nous ? Sylvia Klingberg
&#8232;Les Trois enterrements ou le parcours rembobin&#233; du clandestin Roman Domingez Jimenez Tout &#231;a c'est (pas) du cin&#233;ma ! Alain Brossat&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8232;La langue coup&#233;e&lt;/strong&gt;
&#8232;Quand le r&#233;cit doit faire preuve Christine Delory-Momberger&#8232;
Penser les migrations Rada Ivekovi&#263;&#8232;
R&#233;gimes de duplicit&#233;, espaces d&#233;sesth&#233;tis&#233;s Christiane Vollaire&#8232;
Face au dissemblable, &#171; Ich hab unger &#187; Philippe Hauser&#8232;
Dire ce qu'il n'est pas normal d'entendre Philippe Roy
Les auteurs&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;BON DE COMMANDE &#8232;A retourner &#224; L'HARMATTAN, 7 rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris&#8232;Veuillez me faire parvenir ....... exemplaire(s) du livre&#8232; DES CORPS SUBALTERNES
au prix unitaire de 25 &#8364; + 3 &#8364; de frais de port, + 0,80&#8364; de frais de port par ouvrage suppl&#233;mentaire, soit un total de ......... &#8364;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;NOM :&#8232;ADRESSE :&#8232; Ci-joint un ch&#232;que de ............ &#8364;.&#8232;- en euros sur ch&#232;ques domicili&#233;s sur banque fran&#231;aise.&#8232;- par virement en euros sur notre CCP 20041 00001 2362544 N 020 11 Paris&#8232;- par carte bancaire Visa N&#176;................................ date d'expiration...../...../...../ et le num&#233;ro CVx2 (les 3 derniers chiffres au dos de votre carte, &#224; gauche de votre signature) :................................&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Parution : &quot;les corps subalternes&quot;</title>
		<link>http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article268</link>
		<guid isPermaLink="true">http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article268</guid>
		<dc:date>2012-11-13T20:43:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvie Parquet</dc:creator>



		<description>Voici un livre au titre &#233;vocateur, Des corps subalternes : migrations, exp&#233;riences, r&#233;cits ; ces corps sont ceux de femmes immigr&#233;es en France, d'hommes, de femmes et d'enfants traversant les mers et les d&#233;serts, d'&#233;trangers franchissant une fronti&#232;re limitrophe, de ceux qui meurent en voyageant ou sont d&#233;truits arriv&#233;s &#224; destination par la haine et la b&#234;tise. Ils sont subalternes car ils n'ont aucune importance, aucune r&#233;alit&#233;, ils sont ni&#233;s ; on passe &#224; c&#244;t&#233; d'eux sans les voir, sans les entendre. De (...)

-
&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;46. Publications&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L98xH150/arton268-c355a.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='98' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:98px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici un livre au titre &#233;vocateur, &lt;i&gt;Des corps subalternes&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;migrations, exp&#233;riences, r&#233;cits&lt;/i&gt; ; ces corps sont ceux de femmes immigr&#233;es en France, d'hommes, de femmes et d'enfants traversant les mers et les d&#233;serts, d'&#233;trangers franchissant une fronti&#232;re limitrophe, de ceux qui meurent en voyageant ou sont d&#233;truits arriv&#233;s &#224; destination par la haine et la b&#234;tise. Ils sont subalternes car ils n'ont aucune importance, aucune r&#233;alit&#233;, ils sont ni&#233;s ; on passe &#224; c&#244;t&#233; d'eux sans les voir, sans les entendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De ceux-l&#224; que peut-on voir, que pourrait-on voir ? A travers les r&#233;cits, &#224; travers le cin&#233;ma ? Martine Lefeuvre-D&#233;otte a rassembl&#233; des contributions qui nous incitent &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ceux que nous ne remarquons pas ou plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la premi&#232;re partie nous d&#233;couvrons des parcours d'exils. Si les t&#233;moignages des femmes recueillis ici nous montrent &#224; quel point elles se r&#233;v&#232;lent toujours &#171; plus subalternes &#187; et soulignent leur absence de place pour elles-m&#234;mes puisque ces histoires sont la plupart du temps li&#233;es au couple, il nous faut comprendre aussi que pour certains les parcours ont &#224; voir avec une aventure. Aventure formatrice m&#234;me si le prix &#224; payer est bien lourd. Il faut inventer sans cesse une nouvelle solution, adapter son corps, son raisonnement, transformer ses savoirs, cette transformation se faisant aussi gr&#226;ce aux r&#233;seaux solidaires cr&#233;&#233;s ou existants. Ces savoirs d'hommes ou de femmes venus d'ailleurs et construits au fil des exp&#233;riences v&#233;cues ne sont jamais reconnus. Mais y aurait-il une nouvelle donne avec les nouveaux immigr&#233;s ? Depuis que la s&#233;paration du monde en deux blocs a disparu on aurait pu s'attendre &#224; l'av&#232;nement d'une libre circulation dans le monde. Mais le &#171; processus de mondialisation n&#233;olib&#233;ral qui fait du profit le seul crit&#232;re de r&#233;f&#233;rence &#187; n'a fait qu'accentuer la criminalisation des d&#233;placements. On peut s'interroger sur les motifs de d&#233;part, les formes de discrimination, le d&#233;senchantement qui sont attach&#233;s &#224; ce mode d'&#233;migration.
L'exemple des &#233;migr&#233;s p&#233;ruviens au Chili soul&#232;ve la question de la n&#233;cessit&#233; pour les Etats d'avoir des &#171; ennemis &#187; pour maintenir leur domination s&#233;curitaire. A travers les corps en d&#233;placements, ces corps &#171; &#233;trangers &#187;, se mat&#233;rialise cette politique de rejet et par extension un d&#233;sir pour eux-m&#234;me de dispara&#238;tre. Les nouveaux migrants tunisiens apr&#232;s leur &#171; printemps &#187;, ont-ils r&#233;ussi &#224; modifier les anciennes fronti&#232;res coloniales en bouleversant l'espace ? Y-aura-t-il un &#171; printemps &#187; des migrations ? Quant aux corps rejet&#233;s, aux corps assassin&#233;s, ils restent invisibles. Le terme de migrant &#224; connotation plus neutre pourrait-&#234;tre le nom donn&#233; &#224; ce corps qui ne part plus quelque part mais reste en perp&#233;tuel d&#233;placement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une deuxi&#232;me partie s'int&#233;resse &#224; la repr&#233;sentation de ces corps en mouvement. Quelle part a, ou pourrait avoir le cin&#233;ma dans l'exposition possible de ces hommes, femmes et enfants ? Connaissant &#171; le rapport de domination qui existe entre le cin&#233;aste et son sujet &#187; il faut se poser la question de la &quot;v&#233;racit&#233;&quot; de cette parole. Un bon exemple de ce regard insane port&#233; sur l'autre pourrait &#234;tre le film de Kechiche &lt;i&gt;V&#233;nus noire&lt;/i&gt; qui ne fait que reproduire le voyeurisme d'un si&#232;cle que l'on croyait r&#233;volu sur la Venus Hottentote en oubliant le calvaire v&#233;cu par cette &#171; femme sans voix &#187;. &lt;i&gt;Eden &#224; l'ouest&lt;/i&gt; de Costa-Gavras, d&#233;nonc&#233; dans cet ouvrage comme un &#171; fatras de clich&#233;s bavard &#187; donne l'occasion de revenir sur la d&#233;rive humanitaire qui ne s'int&#233;resse plus qu'aux individus et fait l'&#233;conomie d'une r&#233;flexion politique radicale.
Autour du film &lt;i&gt;Trois enterrements&lt;/i&gt; on s'interroge sur le spectre du migrant et la faillite de l'h&#233;ritage chr&#233;tien de l'hospitalit&#233; devenu abject. Pour l'auteur, la victoire de l'humanit&#233; serait de pouvoir &#171; partir et rentrer chez soi, intemporellement, sans cesse, sans faute ni crainte &#187;. La question du vocabulaire : clandestin, migrant, exil&#233;s&#8230; &#224; la lumi&#232;re d'Agier et Sa&#239;d n'est pas neutre, elle souligne bien la guerre aux migrants aux exil&#233;s jadis h&#233;ros de la d&#233;couverte ou de la r&#233;sistance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin autour du th&#232;me de la langue coup&#233;e nous sommes amen&#233;s &#224; voir ce qui est fait de la parole de ces migrants lorsqu'elle est entendue ou plut&#244;t cit&#233;e &#224; compara&#238;tre. C'est encore autre chose que de vouloir &#234;tre reconnu comme demandeur d'asile, l&#224; le discours doit se faire entendre comme un argumentaire impeccable, incontestable dans lequel la confiance sociale est primordiale. Mais comment s'instaurerait-elle dans un pays d'accueil si incompr&#233;hensible aux &#233;trangers alors m&#234;me qu'elle a tant fait d&#233;faut dans le pays d'origine ?
La situation politique, &#233;conomique, sociale est le produit d'une politique internationale dans laquelle le migrant se retrouve englu&#233; et qui engendre une impossibilit&#233; de partage de la parole faute de communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts. Le &#171; citoyen &#187; et le &#171; d&#233;racin&#233; &#187; ne se retrouve pas. Ce dernier est une figure criminalis&#233;e, objet de la biopolitique, exclu de la politique. La d&#233;raison des politiques mises en place ne peut toutefois emp&#234;cher totalement un d&#233;sir de survie physique bien s&#251;r mais aussi d'exister dans le plein sens du terme.
En regardant l'autre, le diff&#233;rent, nous est donn&#233;e la possibilit&#233; de comprendre ce qu'est son identit&#233;, identit&#233; dissemblable, v&#233;ritable alt&#233;rit&#233;. Et pourtant il est finalement &#171; citoyen du monde &#187; puisque d&#233;tach&#233; d'une identit&#233; nationale. La question des droits de l'homme reste justement parfaitement nationaliste, elle est rattach&#233;e, en France par exemple, aux droits du citoyen. In fine &#224; la normalisation, garante de la bonne conduite du troupeau. La constitution d'archives pourrait donner &#224; voir des singularit&#233;s, sensibiliser l'autre, permettre l'exposition et donc une certaine collectivit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Convoquant Foucault, Deuleuze, Guattari, Sayad, Bourdieu &#8230; cet ouvrage nous donne &#224; r&#233;fl&#233;chir sur notre vision de l'autre bien entendu, mais surtout il nous interroge sur notre pratique quotidienne, notre vision de la communaut&#233; des hommes et sur la question sans cesse mise en avant par les gouvernements d'une identit&#233; nationale. A nous de concevoir, gr&#226;ce aux figures &#233;tranges de ces nouveaux voyageurs et de leurs a&#239;euls, les &#171; gens du voyage &#187;, une autre vision de cette plan&#232;te &#224; partager et dont il faut s'emparer dans son enti&#232;ret&#233;, son &#233;tendue, sa diversit&#233;. L'autre c'est moi, c'est l'indispensable, il convient de chasser la peur. Le probl&#232;me n'est pas le migrant mais sa constitution en probl&#232;me. A nous, avec eux, de faire dispara&#238;tre ses pseudo-v&#233;rit&#233;s et pour se faire il convient en premier lieu d'entendre la parole de ces corps subalternes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Parution Walter Benjamin et la forme plastique</title>
		<link>http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article265</link>
		<guid isPermaLink="true">http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article265</guid>
		<dc:date>2012-11-05T18:39:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>W. Benjamin est un penseur essentiel de la technique comme d&#233;ploiement de la nature, c'est la raison pour laquelle il abordera la photographie, la radio, et le cin&#233;ma sans complexes. Mais on doit distinguer chez lui deux &#233;poques de la technique et de la transmission, suivant le crit&#232;re de l'&#233;v&#233;nementialit&#233; : soit les choses n'ont lieu qu'une fois, c'est l'&#233;poque du don, de l'artisanat et des narrations. Ce qui arrive a de l'aura. Soit tout est reproductible, on peut toujours tout recommencer, c'est (...)

-
&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;46. Publications&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L89xH150/arton265-3a2dc.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='89' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:89px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;W. Benjamin est un penseur essentiel de la technique comme d&#233;ploiement de la nature, c'est la raison pour laquelle il abordera la photographie, la radio, et le cin&#233;ma sans complexes. Mais on doit distinguer chez lui deux &#233;poques de la technique et de la transmission, suivant le crit&#232;re de l'&#233;v&#233;nementialit&#233; : soit les choses n'ont lieu qu'une fois, c'est l'&#233;poque du don, de l'artisanat et des narrations. Ce qui arrive a de l'aura. Soit tout est reproductible, on peut toujours tout recommencer, c'est l'&#233;poque de l'industrie, de la masse et du jeu cin&#233;matographique, seules les traces comptent. Or, c'est gr&#226;ce &#224; la lecture de l'historien de l'architecture S. Giedion, en 1929, qu'il va d&#233;couvrir l'architecture industrielle du XIX&#232;me si&#232;cle et ses prolongements modernes. Cette architecture apporte des solutions techniques nouvelles &#224; des probl&#232;mes classiques parce qu'elle inaugure un autre mode de la forme. Jusqu'ici la forme avait &#233;t&#233; pens&#233;e sous la d&#233;pendance de ce qui la nomme, le mod&#232;le &#233;tait th&#233;ologique. Dor&#233;navant, la forme technique (la forme plastique) r&#233;sout une difficult&#233; architectonique, mais en plus s'impose au monde de l'art et de la litt&#233;rature. En effet, la forme plastique &#233;rige en principe le montage par &#233;l&#233;ments constructifs. Les &#233;l&#233;ments d'un hall d'exposition ou d'un pont m&#233;tallique sont imm&#233;diatement saisissables, exposables. Transf&#233;rer au monde du texte, cela implique qu'il n'y a pas &#224; rechercher une v&#233;rit&#233; cach&#233;e. Il faut prendre les choses au pied de la lettre. Il en va de m&#234;me pour la traduction. W.Benjamin a ainsi jet&#233; les bases d'une esth&#233;tique topologique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J.L.D&#233;otte est professeur des Universit&#233;s &#224; Paris 8 Saint-Denis, membre du laboratoire GERPHAU (UMR LAVUE), responsable de th&#232;me de recherche &#224; la MSH Paris Nord et animateur de la revue en ligne &lt;appareil&gt; soutenue par la MSH.
(la lettre de W.Benjamin &#224; S. Giedion a &#233;t&#233; traduite par Laurent Stalder (gta, ETH, Z&#252;rich) et Georges Teyssot (Universit&#233; Laval, Qu&#233;bec) et reproduite avec l'aimable autorisation du gta Archiv/Benutzung de l'ETH de Z&#252;rich (D.Weiss).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Remerciements&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce livre est le r&#233;sultat des travaux de s&#233;minaires de doctorat de philosophie tenus &#224; la MSH Paris Nord depuis 2007. Je le d&#233;die aux doctoranrs. Certains chapitres furent &#224; l'origine des conf&#233;rence : dans le cadre de l'&#233;cole doctorale &lt;i&gt;&#171; Pratiques et th&#233;ories du sens &#187;&lt;/i&gt;, &#224; l'initiative de D.Tartakowsky &lt;i&gt;(La ville dans les sciences humaines&lt;/i&gt; ), dans celui de l'EHESS-INHA &#224; l'invitation de G.Didi-Huberman (&lt;i&gt;L'histoire de l'art depuis W.Benjamin&lt;/i&gt;), puis de Ch.Bernier &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al, de V.Campan &#224; l'Universit&#233; de Poitiers (&lt;i&gt;R&#233;fl&#233;chir la projection&lt;/i&gt;), de Maria Tortajada &#224; l'Universit&#233; de Lausanne ( &lt;i&gt;Cin&#233;ma et dispositifs audiovisuels)&lt;/i&gt;, de L.Andreotti &#224; l'Ecole Nationale Sup&#233;rieure d'Architecture de Paris la Villette (&lt;i&gt;Spielraum : W.Benjamin et l'architecture&lt;/i&gt;), de D.Skopin &#224; l'Universit&#233; de Nijni-Novgord (&lt;i&gt;La philosophie au croisement des cultures et des disciplines : &#224; partir de W.Benjamin&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le croisement des disciplines et des langues dont il se veut l'expression n'a &#233;t&#233; possible qu'au sein de la MSH Paris Nord, sous le l'&#339;il bienveillant de son directeur P. Moeglin et de son &#233;quipe (G. Popovici, A. Paly, Flavie Jeannin, S. Guindani, M. Porchet). C'est dans ce lieu exceptionnel que nous avons pu suivre les d&#233;veloppements des travaux de G.Teyssot, J.Boulet, J.H.Barth&#233;l&#233;my, A. S&#233;des, A. Brossat, Ph. Baudouin, D. Ledent, L. Odello, P. Szendy, A. Naze, S. Mariniello, E. M&#233;choulan, M. Hohlfeldt, B. Ochsner, A. Rieber, G.Roesz, M. Berdet, V. Fabbri, P.D. Huyghe, J.Lauxerois, G. Rockhill, E.Alloa, J.Ranci&#232;re, G. Didi-Huberman, M. Girard, D. Payot, L.Manesse-C&#233;sarini, S.Guindani.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Une pens&#233;e affectueuse &#224; mes relectrices : A.Roussel et L. Manesse-C&#233;sarini.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face &#224; faces de Philippe Bazin</title>
		<link>http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article262</link>
		<guid isPermaLink="true">http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article262</guid>
		<dc:date>2012-10-28T09:39:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>Collection Eidos S&#233;rie Photographie ISBN : 978-2-296-99166-8, 13.50 euros, 122 p. L'institutionnalisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de tous les moments de l'existence a transform&#233; la vie des hommes au XXe si&#232;cle, cr&#233;ant, apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, une situation in&#233;dite. Le monde m&#233;dical y a pris une part importante, comme beaucoup d'autres institutions qui semblent organiser un parcours o&#249; tous les moments de l'existence peuvent &#234;tre pris en charge. Le travail photographique de Philippe Bazin se veut critique (...)

-
&lt;a href="http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;46. Publications&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L101xH150/arton262-02ec4.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='101' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:101px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Collection Eidos S&#233;rie Photographie ISBN : 978-2-296-99166-8, 13.50 euros, 122 p.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'institutionnalisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de tous les moments de l'existence a transform&#233; la vie des hommes au XXe si&#232;cle, cr&#233;ant, apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, une situation in&#233;dite. Le monde m&#233;dical y a pris une part importante, comme beaucoup d'autres institutions qui semblent organiser un parcours o&#249; tous les moments de l'existence peuvent &#234;tre pris en charge. Le travail photographique de Philippe Bazin se veut critique de cette transformation, que ce soit &#224; travers un ensemble de faces photographi&#233;es dans des lieux institutionnels ou &#224; travers diff&#233;rents projets &#224; caract&#232;re documentaire. L'un des outils de cette critique passe ici par la rencontre, la discussion et la r&#233;flexion avec des journalistes, historiens et critiques d'art, des philosophes, psychanalystes et &#233;crivains.
Face &#224; faces
Philippe Bazin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
