Ici et ailleurs - commentaires Parce que jouer n'est pas faire semblant 2019-11-28T16:57:19Z https://ici-et-ailleurs.org/voyons-ou-la-philo-mene/article/parce-que-jouer-n-est-pas#comment57 2019-11-28T16:57:19Z <p>Je ne comprends pas d'où se déduit que les univers du jeu et du sérieux ne sont pas tout bonnement intriqués. <br class="autobr" /> Certes, penser c'est tracer des frontières. Mais est-il nécessaire d'avancer ses chevaux – de plomb, c'est bien compris – à coups de coquetteries militaires comme à un défilé du 14 juillet ?<br class="autobr" /> Car tout en se prémunissant d'une intention d'y mettre bon ordre (la modélisation de l'événementialité comme fantasme du sérieux), l'auteur agit ici à la manière des colonisateurs de fortune du <i>Congo</i> de Vuillard qui traçaient avec l'assurance du bien-fondé des frontières là où circulaient des peuples de langues différentes : si ni les uns ni les autres ne revendiquent un territoire, s'ils sont suffisamment ignorants les uns des autres pour s'entendre sur une territorialisation, alors je suis libre de dire que ce territoire, cet univers, est celui que je déclare.</p> <p>Parmi les définitions récurrentes du jeu, on trouve : ce que pratiquent les enfants, ce qui est reconnu par avance comme jeu par des partenaires qui décident d'être des joueurs pour un temps défini. Or ces délimitations posent problème.</p> <p>On peut admettre qu'il y a des gestes qui sont surtout sérieux, lorsqu'ils ont pour intention et pour effet de modifier l'univers du sérieux. Mais rien ne permet d'écarter totalement la possibilité que ces gestes constituent pour un autre un appui à son jeu. C'est quelque chose que l'on constate souvent, entre humains ou avec des animaux. Par exemple il arrive que je demande très sérieusement à mon chien de rentrer à la maison et que celui-ci adopte une posture de jeu et profite de l'enjeu (pour moi) pour s'offrir une partie de chat perché. Dans ce cas, le temps du jeu est indéfini, et même s'il arrive souvent que le jeu tourne mal ou finisse bien, on ne sait pas combien de temps il peut durer.</p> <p>Est-ce que le jeu de l'un transforme tout le réel, par suite de l'adaptation réciproque ? Cela dépend certes de la manière dont le recevant choisira de se prêter au jeu. De la même manière au théâtre le spectateur comprend qu'il est appelé à concevoir ce qu'on lui présente « comme si » c'était quelque chose de plus réel, de plus singulier et plus universel à la fois. Mais on ne peut accepter l'échange en refusant le pacte.</p> <p>Faire la part du jeu et du sérieux est un vrai problème, comme le dit l'auteur, pour celui qui revendique une position de puissance dans l'univers du sérieux. Car qui veut conserver une position de puissance doit s'assurer une maîtrise peut-être partielle mais le plus continuellement possible. Il découle de cet enjeu que tout geste qui peut faire effet dans l'univers du sérieux, c'est-à-dire tous sauf précisément par définition ceux des <i>infans</i>, est présumé sérieux. Comme en jugement de droit, cette présomption condamne le geste du fait que son auteur n'est pas reconnu comme enfant ou que le contexte probant n'est pas celui du jeu.</p> <p>Or si nous avons reconnu que le contexte pouvait varier de l'un à l'autre des protagonistes, effectuants et recevants, il reste à interroger la possibilité de se revendiquer de l'enfance. Le droit, la psychanalyse et tous autres univers du sérieux ont-ils légitimité à priver quiconque de sa part d'enfance ? Faut-il être présumé sérieux du fait d'avoir vécu ? A combien de cernes s'établiront alors les mesures de la culpabilité ? Si la raison se déduisait de l'âge, quels traceurs de frontières garderaient-ils légitimité dans leurs univers ?</p> <p>Parce que nous voulons jouer le monde, nous refusons que l'on nous assigne aux frontières. Et s'il en faut, qu'elles sachent reconnaître et protéger « ce pays qui nous réunit tous : l'Enfance » (manifeste du théâtre <i>Am Stram Gram</i>). Qu'elles s'élargissent à mesure des invitations au jeu ! <strong>Nous voulons jouer le monde !!!</strong></p> Le somnambulisme des mouvementistes 2019-11-20T00:31:59Z https://ici-et-ailleurs.org/contributions/actualite/article/le-somnambulisme-des#comment56 2019-11-20T00:31:59Z <p>Cet article est aux antipodes du travail de Brossat sur la violence, Foucault et Deleuze. Par ignorance ou par l'aveuglement de ses prénotions, il livre une analyse coloniale à rebours de tous ses idéaux, dans un élan désespéré de défendre une vision géopolitique dépassée. Et ce n'est pas moi qui le dit, mais les Hong-Kongais et Tawanais qui ont lu cet article. Ils apprécient de se savoir à ce point objectivés par des Européens qui pensent comprendre la situation Hong-Kongaise, mieux que les Hong-Kongais eux-même.</p> <p>Des précisions ci-dessous :</p> <p>Paris-Hong-Kong, 40 années lumière ?</p> <p>Depuis quelques mois, les manifestations Hong-Kongaises ont été largement commentées. Les lignes qui suivent sont le fruit d'un travail d'observation et d'échange, non seulement avec des commentateurs basés Européen, mais aussi avec des citoyen.nes. Hong-Kongais.es et/où Tawanais.es. Ces observations portent à croire que les quelques 10000 kilomètres qui séparent Paris de Honk-Kong sont en réalité 40 année lumière, tant les informations depuis la mort de Máo Zédōng semblent longues à nous parvenir. Après de nombreux échanges, notamment avec des militants du PCF, c'est l'article récent * de Alain Brossat qui a généré l'envie définitive d'écrire ces quelques lignes*.<br class="autobr" /> Cet article d'Alain Brossat se base sur le postulat qu'une polarisation orient/occident, USA/Chine, capitalisme/communisme, justifie encore en 2019 de soutenir un camps en se basant sur le principe selon lequel : « l'ennemi de mon ennemi est mon ami ». Ce soutien passerait par une dévalorisation et un mépris nécessaire des revendication du peuple Hong-Kongais au nom de la lutte contre l'impérialisme Américain. En relevant quelques adjectifs, le ton ne laisse que peu de doutes. La mobilisation Hong-Kongaise est ainsi décrite comme « forcenée » et « hystérique » ; le ton est donné. S'en suit, dans la droite lignée de ces jugements de valeur arbitraires, une description sociologique pour le moins discutable en terme de rigueur qui énonce une : « jeunesse bien propre sur elle, éduquée, et qui parle anglais, classe moyenne encravatée (…) d'une prodigieuse ignorance de l'histoire ». Notre auteur base-t-il ces affirmations sur une observation participantes ? Un cycle d'entretiens ? Une étude quantitative ? Rien de tout cela n'est évoqué. Bien au fait de l'Histoire, Alain Brossat semble pourtant ne pas réaliser à quel point il se contredit, puisqu'il n'hésite pas à affirmer plus loin que : « Ceux qui évoquent une terreur policière apocalyptique, de facture typiquement totalitaire à propos des affrontements qui, depuis de longues semaines, se déroulent dans les rues de Hong Kong ne savent pas de quoi ils parlent ou sont d'une mauvaise foi sans mesure ». Le problème est ainsi posé : les Hong-Kongais eux-même dénoncent les violences policières, ce qui pose une question essentielle : qui ne sait pas ici de quoi il parle et où est la mauvaise foi sans mesure ? Serait-ce là une illustration de la bonne vieille fable de l'arroseur arrosé ? C'est certes une grande tradition intellectuelle Française, de Jules Ferry à Bernard Henry-Levy, que d'aller dans le sens du pouvoir et de décider à la place des populations ce qui est bon pour elles. Alain Brossat, ici, qui nous a pourtant habitué à citer Deleuze et Foucault, ne fait rien de plus et rien de moins que de s'inscrire dans cette veine.<br class="autobr" /> Cette objectivation hasardeuse du mouvement Hong-Kongais basée sur des généralités sociologiques non-vérifiées et non étayées ne s'arrête pas là. Le texte nous explique (sans jamais le démontrer) que tout le mouvement s'explique par le fait que les Hong-Kongais qui manifestent sont des bourgeois, qu'à ce titre ils sont portés vers l'étranger (qu'ils sont donc des traitres à leur patrie) et qu'à ce titre ils sont télécommandés par les États-Unis. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette démonstration comporte beaucoup d'approximations et de raccourcis. Bien sûr, on ne peut résumer ainsi la complexité d'un espace social et encore moins en déduire une logique géopolitique. Et l'auteur ne s'arrête pas là : il nous explique aussi qu'il existe un racisme anti-mandarin très puissant et très violent. Il va d'ailleurs plus loin encore en expliquant sans hésiter que ce racisme justifierait que les Hong-Kongais soient dépossédés de leur territoire. Si tel est le cas, faut-il trouver dès maintenant une île pour les Français ? Les tensions inter-comunautaires existent de fait, et elles peuvent être expliquées par des causes historiques évidentes, mais suffisent-elles à résumer à elles seules les mouvements sociaux actuels ? Permettent-elles à elles seules de se forger une quelconque opinion positive ou négative ? Si le doute persiste, rappelons que cette tension entre Chinois continentaux et Hong-Kongais est sans doutes le symptôme d'un traumatisme anthropologique profond, mais précisément : ce traumatisme est lié à une colonisation Européenne. Il est donc pour le moins contradictoire, à plusieurs titres, de la part d'un universitaire Français (qui utilise par ailleurs toujours le terme colonial « Pékin » et non Bejing), de prétendre comprendre mieux que les Hong-Kongais et à la place des Hong-Kongais, ce qui est bon pour Hong-Kong. Comme dit l'auteur et comme il devrait se l'appliquer à lui-même : « qu'ils commencent par balayer devant la porte de leur histoire coloniale, ces donneurs de leçons ! ».<br class="autobr" /> Résumer les violences des habitants de Hong-Kong vis à vis des continentaux à une forme de racisme comparable à celle du Front National est en outre une aberration politique et sociologique doublé d'une contradiction flagrante (bien qu'on ne soit plus, à ce stade, à ça près). Comme le rappelle l'auteur, Hong-Kong est une ancienne colonie et ses habitants ont, à ce titre (parce que c'est ainsi que procèdent les colonies) longtemps été considérés comme des citoyens de seconde zone. Leur refus d'être à nouveau colonisés par un pouvoir qui n'a rien en commun avec leur espace social et politique peut-être étudié et problématisé, mais en aucun cas faire l'objet du jugement exogène de Français qui, rappelons-le, n'ont pas été dans la posture des colonisés, mais des colons. Dans son article, Alain Brossat n'envisage pas un instant et pas le temps d'une ligne, la possibilité que les Hong-Kongais aient leur mot à dire sur leur territoire. Dans la grande tradition coloniale, il les considère ainsi, comme le faisaient les Anglais et comme souhaiterait le faire le gouvernement de Bejing, comme des citoyens de seconde zone, n'ayant pas leur mot à dire.<br class="autobr" /> Faire du peuple Hong-Kongais les pions d'un champs de bataille géo-politique international, reprend grosso modo la base des mouvements coloniaux qui justifient l'annexion d'un territoire pour des raisons idéologiques au mépris de l'avis de ses habitants. Si il est difficile d'imaginer en retour les habitants de Chine, de Hong-Kong ou de n'importe quel territoire Asiatique commenter ainsi les mouvements sociaux Français ou Européens, c'est sans doute parce que la domination symbolique, par définition est unilatérale.<br class="autobr" /> On pourrait opposer à ces quelques lignes que prendre parti pour les Hong-Kongais est aussi, en-soi, une forme d'ingérence. C'est d'ailleurs l'accusation portée au mouvement Hong-Kongais : le mépris pour le peuple est tel, que l'on ne prend même pas la peine d'imaginer qu'il puisse exister par lui-même et être autre chose qu'une marionnette de la CIA. À cela il est facile de répondre par un rappel de ce qu'est un pouvoir. Citons le début de l'article lorsque l'auteur commence par énoncer l'anecdote d'un ami Taïwanais. Aujourd'hui 16 pays dans le monde reconnaissent la souveraineté de Taïwan *, c'est à dire l'idée pourtant évidente, que Taïwan appartient aux Taïwanais. Comment est-il possible qu'un territoire aussi important à bien des égards, ne soit pas reconnu par la communauté internationale ? Tout simplement parce que le gouvernement de Beijing interdit à tout pays qui entretiendrait des relations diplomatiques et commerciales avec lui de déroger à ses ambitions coloniales en termes de revendications territoriales.<br class="autobr" /> Derrière les division apparentes, la communauté internationale s'accorde sur une constante : un phénomène global de concentration sans précédent dans l'Histoire de capitaux économiques et symboliques ou en d'autres termes, de pouvoirs ; pouvoirs économiques donc, mais aussi médiatiques et par la même politiques. L'oligarchie est ce dénominateur commun qui explique le triomphe du néo-libéralisme partout dans le monde. Il en est lui-même à l'origine. En tant que « programme de destruction des structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur », ainsi que le rappelait Pierre Bourdieu dans un célèbre article *, le néo-libéralisme définit un projet politique qui s'étend bien au delà des frontières et dont l'un des symptômes est la fièvre nationaliste mondiale que l'on peut observer de Beijing à Washington en passant par la Russie, l'Inde, la Turquie, le Brésil et à peu près toute l'Europe (la liste est loin d'être exhaustive).<br class="autobr" /> Faire l'hypothèse que les mouvements sociaux se rejoignent potentiellement n'est donc pas absurde, même si il convient d'être extrêmement prudent et de ne jamais se repose sur ces certitudes. En effet, que peut-on trouver de commun entre le coup d'état de l'extrême droite en Bolivie et les manifestations en France ou en Algérie par exemple ? Certainement aucun. En revanche, face à la menace de pouvoirs totalitaires, à l'explosion des inégalités et au renforcement des sociétés de contrôle, les manifestants de Paris et de Hong-Kong se trouvent des causes communes, ce que l'on peut observer sur les panneaux des manifestants : résister aux pouvoirs totalitaires.<br class="autobr" /> Que l'auteur se sente obligé pour parachever sa démonstration, de minimiser les violences policières et de les relativiser en les comparant avec celles que subissent les gilets jaunes démontre bien une chose : sa démonstration est du côté du pouvoir. Ce sordide comparatif des violences policières et de leurs conséquences en terme de calcul comptable des morts et des éborgnés, tend à relativiser la répression policière, à la banaliser en lui ôtant sa gravité et in fine, à la rendre acceptable. Comble de l'absurde : Brossat accuse les journalistes d'être des mercenaires parce qu'ils sont payés pour faire leur travail. Il semble oublier par la même que c'est la définition même de l'aliénation, que d'être rattrapé par des conditions matérielles de subsistance et que cette limite définit précisément l'aliénation dans le travail. Et que dire des forces de police qui sont historiquement les forces du maintien de l'ordre social et économique ? Il y a, à Paris VIII où enseigne l'auteur, toute une tradition philosophique et sociologique qui s'est employée à le démontrer avec rigueur. Que ce même auteur participe à la banalisation de l'action policière en dit long sur un naufrage intellectuel individuel et collectif. <br class="autobr" /> Pour finir, est-il permis d'utiliser le terme « Chinazi » ? Pour les raisons sus-évoquées, pas de manière exogène sans doutes, pas par un Français. Mais venant des Hong-Kongais qui sont directement menacés par le gouvernement de Beijing, ce terme peut nous faire réfléchir sur le processus de totalitarisation d'un gouvernement qui restreint toute forme de diversité d'opinion et d'existence au nom d'une politique qui n'a plus rien de communiste depuis des décennies. Cela peut nous faire réfléchir sur le fait que cette tendance à la généralisation des sociétés de contrôle à l'ère du numérique n'est pas restreinte à la Chine et à son système de contrôle citoyen, mais que la menace de ce processus de normalisation social, médiatique et politique est mondial (on peut se demander au passage comment l'auteur peut en conscience citer Deleuze qu'il croit de son côté). Du côté des marges, le terme Chinazi, venant des Hong-Kongais, peut nous faire prendre conscience que le gouvernement nationaliste Chinois, entre autres actions, met en place des camps de concentration pour les minorités Ouïghours * et que cette tendance de gouvernements menaçant des minorités est là encore mondiale.<br class="autobr" /> Enfin, signe que l'auteur est décidément bien éloigné de l'Asie : Taiwan, à l'occasion des élections de Janvier est actuellement menacé par un regain du Kuomintang qui fait le double jeu de la collaboration en étant proche des États-Unis (leurs cadres sont nombreux à avoir des intérêts sur le territoire Américain), tout en favorisant un rapprochement avec le gouvernement de Beijing. C'est donc tout le contraire du portrait des “boute-feux de Taiwan” qui est présenté ici. L'opposition Historique entre le KMT et le gouvernement communiste de Beijing n'a plus lieu d'être puisque Beijing, gouvernement totalitaire et nationaliste n'a plus de communiste que le nom. <br class="autobr" /> Au final, les manifestations de Hong-Kong heurtent une certaine Europe ou plutôt une certaine vision qu'a l'Europe du monde, soit une vision dépassée de longue date où son avis était entendu de gré ou de force. Les grilles de lectures elle-mêmes sont moribondes et témoignent sans doutes d'avantage d'une nostalgie que des dynamiques réellement à l'oeuvre. De même que les chefs d'état néo-libéraux se prosternent à la queu leu leu devant le gouvernement de Bejing pour en obtenir les faveurs commerciales, le parti communiste Français représenté par Fabien Roussel annonçait même durant l'été 2019 sans aucune impudence et avec son inénarrable sens de l'à propos historique, en pleine crise Hong-Kongaise, que : « Le Parti communiste français apprécie hautement les résultats du développement de la Chine durant 70 ans ». <br class="autobr" /> Mais alors, peut-on concilier à la fois le soutien au peuple Hong-Kongais et l'adhésion à la doctrine marxiste ? C'est non seulement possible si l'on considère cette dernière comme un processus de déconcentration du pouvoir, mais aussi nécessaire compte tenu de la marche du monde où précisément, les pouvoirs atteignent comme nous l'avons vu des taux de concentration inédits. Cette approche suppose également d'interroger les grilles de lecture géopolitiques moribondes et nos tendances, fut-ce au nom de la lutte contre la domination, à vouloir dominer.<br class="autobr" /> « Face au réel, ce qu'on croit savoir offusque ce qu'on devrait savoir. Quand il se présente à la culture scientifique, l'esprit n'est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l'âge de ses préjugés. Accéder à la science, c'est, spirituellement rajeunir, c'est accepter une mutation brusque qui doit contredire un passé. » G. Bachelard : La formation de l'esprit scientifique (1938), Vrin, 1983 (p. 14)<br class="autobr" /> Ledit article : <a href="https://lundi.am/Le-somnambulisme-des-mouvementistes?fbclid=IwAR0zDnvMVON91Px3nEshtV9mfRNjWtpR4X5-SeLuDNTR8i7B602NMXXKJNg" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://lundi.am/Le-somnambulisme-des-mouvementistes?fbclid=IwAR0zDnvMVON91Px3nEshtV9mfRNjWtpR4X5-SeLuDNTR8i7B602NMXXKJNg</a><br class="autobr" /> Pour éluder les tentatives d'objectivation, précisons que l'auteur de ces lignes est anarcho-libertaire marxiste et qu'il a été fortement saisi par la présence Américaine lors de séjours à Okinawa et Séoul. Le discours présenté ici ne critique donc le gouvernement Chinois, que parce qu'il le considère comme étant aux antipodes depuis des décennies de ce que devrait être un projet communiste.<br class="autobr" /> la France, pays des droits de l'Homme abonné aux rendez-vous manqués avec l'Histoire, n'en fait évidemment pas partie<br class="autobr" /> <a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/3609" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/3609</a><br class="autobr" /> Citons pêle-mêle le fait que Taïwan est le premier pays Asiatique a avoir légalisé le mariage gay et qu'il est progressiste à bien des égards en terme d'égalité sociale (plus progressiste et plus égalitaire que la Chine), que son industrie participe largement à l'économie mondiale notamment en terme de produits high-tech, mais aussi culturel et, last but not least, que c'est un pays magnifique.<br class="autobr" /> <a href="https://www.liberation.fr/planete/2019/11/17/ouighours-opprimes-dans-le-xinjiang-soyez-sans-pitie-a-dit-xi-jinping_1763891" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.liberation.fr/planete/2019/11/17/ouighours-opprimes-dans-le-xinjiang-soyez-sans-pitie-a-dit-xi-jinping_1763891</a></p> Des philosophes qui font pas chier 2019-10-24T20:56:35Z https://ici-et-ailleurs.org/contributions/actualite/article/des-philosophes-qui-font-pas#comment49 2019-10-24T20:56:35Z <p>Liens vers quelques émissions avec Ferri.</p> <p>Vous évoquez les émissions avec le philosophe Ferri. Il y en a effectivement certaines, intéressantes, qui ont trait à la question des pénalités, et qui recoupent notamment l'interrogation en direction de l'abolition de la prison ou des peines alternatives. Par exemple, ces extraits :</p> <p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=jnWsJiCwbwo" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=jnWsJiCwbwo</a> (sur Radio Libertaire, en 2018).</p> <p> <a href="https://www.youtube.com/watch?v=zTAl3krSKFo" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=zTAl3krSKFo</a> (sur France Culture, en 2016).</p> <p>Cordialement.</p> Le différend culturel 2019-08-25T11:20:20Z https://ici-et-ailleurs.org/rencontres/article/le-differend-culturel#comment43 2019-08-25T11:20:20Z <p>la notion de différent recouvre simultatément celle du proche comme celle du lointain.<br class="autobr" /> celle du lointain nous est trop familière, celle du proche est particulièrement ambïgue.</p> Rencontre le mercredi 27 mars à la péniche Anako - Une histoire arménienne 2019-04-24T18:56:25Z https://ici-et-ailleurs.org/parutions/article/une-histoire-armenienne#comment27 2019-04-24T18:56:25Z <p>bonjour,<br class="autobr" /> j'ai trouvé par hasard votre article et je lis que vous mentionnez à juste titre l'existence d'éditeurs de cartes postales arméniens vivant à l'étranger.<br class="autobr" /> Je vous confirme que H.B. Manissadjian (Haigasoun Barsam Manissadjian est mon arrière grand-père) est bien le frère de Johannes Jacob Manissadjian.<br class="autobr" /> A la fin des années 1890 il émigra à Bâle en Suisse et après des études de photographie, il créa une imprimerie spécialisée dans la photo lithogravure. Pour l'anecdote il déposa des brevets sensés résoudre le problème de l'inflammabilité des pellicules.<br class="autobr" /> Dans ma toute petite collection de photos familiales, j'aime beaucoup les dessins et la calligraphie au dos des photos</p> <p>cordialement</p> Réponse à Alain Brossat - pour faire suite à « “Droit d'informer” et exception souveraine » 2019-04-19T22:21:00Z https://ici-et-ailleurs.org/contributions/actualite/article/reponse-a-alain-brossat-pour#comment26 2019-04-19T22:21:00Z <p>Une réaction quand même devant la naïveté du propos de Philippe Caumières : celui-ci semble adorer Mediapart au point de croire qu'il serait un site d'information ou d'investigation « alternatif », que l'ambition de ce site serait de servir avec force et fracas le bien commun, que sa rédaction serait même engagée dans des actions sacrificielles de contre-pouvoir, etc. A la bonne heure ! <br class="autobr" /> Tout à l'inverse, il y aurait lieu de prendre raisonnablement quelque distance face à cette illusion, non pas seulement parce qu'il est louable de se représenter ne serait-ce que l'éventualité que ce site n'est pas moins animé que les autres tendances journalistiques d'aujourd'hui par une volonté de pouvoir (la volonté de pouvoir est ici plus modestement et réalistement à entendre au sens d'une volonté de notoriété), mais encore parce que Edwy Plenel vient du quotidien Le Monde et qu'en conséquence son indépendance n'est apparemment pas complète ou réelle, à en juger d'après le débat qui a dernièrement rassemblé Fabrice Arfi, Aude Lancelin et Juan Branco, ces deux derniers accusant Mediapart d'avoir soutenu, au moins par omission volontaire, Emmanuel Macron durant sa campagne de 2017 et de compter parmi ses actionnaires principaux Xavier Niel, précisément le patron majoritaire, au sens financier du terme, également du journal Le Monde... Voici le lien vers ce débat : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=2HQQIyCbfvE" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=2HQQIyCbfvE</a> (durée de la vidéo : 7 minutes environ).</p> Le grand jeu du « fake » et du « true » 2019-04-14T14:24:56Z https://ici-et-ailleurs.org/contributions/actualite/article/le-grand-jeu-du-fake-et-du#comment24 2019-04-14T14:24:56Z <p>Le nombre d'images sur les toilettes en or est impressionnant !</p> <p>La première info, est amusante à rechercher, la deuxième est désespérante, alors ne recherchant que la première et ne trouvant pas de confirmations claires, et d'ailleurs pourquoi <strong>Bolkiak</strong> s'intéresserait-il aux luttes libératrices anti-coloniales ? À moins qu'il ne cherche à comprendre les forces à l'œuvre dans son peuple pour mieux contrôler le schmilblick ?</p> <p>Bref, j'en déduis que la deuxième info est probablement la correcte ?... C'est « amusant » le lien entre ces deux articles aux thèmes en apparence disjoints...</p> <p><i>Les damnés de la terre</i></p> <p>Ah si par hasard j'ai gagné, faites donc comme si je n'avais pas gagné ;)</p> La vente de gilets jaunes interdite dans trente départements 2019-03-29T12:59:09Z https://ici-et-ailleurs.org/contributions/actualite/article/la-vente-de-gilets-jaunes#comment23 2019-03-29T12:59:09Z <p>On nage dans l'absurde. Qu'arrivera-t-il aux citoyens européens qui seront surpris avec un gilet jaune (un vrai en nylon) dans leur véhicule ? J'en connais, Espagnols, Italiens etc. qui doivent bien rigoler...</p> <p>CL</p> Ivan Segré comme passe-partout : une opportunité pour Israël 2019-03-06T17:17:00Z https://ici-et-ailleurs.org/contributions/migrations-frontieres/article/ivan-segre-comme-passe#comment22 2019-03-06T17:17:00Z <p>MVL devrait arrêter de se prendre pour une juive qui aurait en plus des choses à dire sur le judaïsme. Sa référence à son père enterré en Israël, elle dit quoi ? Qu'elle aurait de la légitimité. Quand on fait de la réclame pour le PIR et ses pulsions antisémites meurtrières (le gamin à la kippa que la Bouteldja truciderait bien) et les "juifs" au service du PIR de l'U(j)FP, dont une dirigeante ose dire qu'elle a elle-même envie de crier "sale Juif" quand elle voit ce qu'il se passe à Gaza (où la justification de l'antisémitisme = collaboration), de la légitimité, on n'en a pas. Qu'elle ne vielle pas parler de la Diaspora, elle n'en fait pas partie.</p> Ivan Segré comme passe-partout : une opportunité pour Israël 2019-02-25T13:10:29Z https://ici-et-ailleurs.org/contributions/migrations-frontieres/article/ivan-segre-comme-passe#comment21 2019-02-25T13:10:29Z <p>Pour info, Ivan Segré a répondu ici à cet article : <a href="http://solitudesintangibles.fr/la-soupe-de-brossat-ivan-segre/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://solitudesintangibles.fr/la-soupe-de-brossat-ivan-segre/</a></p> Noyés dans la Méditerranée : aux origines de l'indifférence européenne 2019-02-11T18:40:14Z https://ici-et-ailleurs.org/contributions/migrations-frontieres/article/noyes-dans-la-mediterranee#comment20 2019-02-11T18:40:14Z <p>Voici un autre "effet littéraire" italien de cette affaire proprement fondatrice de la transformation de la Méditerranée de "mer pleine de poissons" qu'elle était pour Homère, en mer plein de cadavres :</p> <p>Erri De Luca<br class="autobr" /> <a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Le-Manteau-d-Arlequin-Theatre-francais-et-du-monde-entier/Le-dernier-voyage-de-Sindbad" class="spip_out" rel='nofollow external'><i>Le dernier voyage de Sindbad</i></a><br class="autobr" /> [L'ultimo viggio di Sindbad]</p> <p>Trad. de l'italien par Danièle Valin<br class="autobr" /> Collection Le Manteau d'Arlequin – Théâtre français et du monde entier, Gallimard<br class="autobr" /> Parution : 02-05-2016<br class="autobr" /> « J'ai écrit ce Sindbad en 2002. Les poissons de la Méditerranée se nourrissaient déjà de naufragés depuis cinq ans. Cela se passait à Pâques en 1997. Sur l'Adriatique, un navire de guerre italien essayait de bloquer la route d'un gros bateau albanais en éperonnant sa coque. Il coula à pic immédiatement et plus de quatre-vingts Albanais périrent. Le bateau s'appelait Kater I Rades et son naufrage inaugurait l'infamie.<br class="autobr" /> J'ai emprunté un marin aux Mille et Une Nuits pour le faire naviguer sur Notre Mer avec le chargement de la plus rentable des marchandises de contrebande : le corps humain. Il n'a pas besoin d'emballage, il s'entasse tout seul, son transport est payé d'avance et pas à la livraison.<br class="autobr" /> Ce Sindbad est un concentré de marins et d'histoires, depuis celle de Jonas, prophète avalé vivant par la baleine, à celles des émigrés italiens du vingtième siècle avalés vivants par les Amériques.<br class="autobr" /> Ici, Sindbad en est à son dernier voyage. Il transporte des passagers de la malchance vers nos côtes fermées par des barbelés. »<br class="autobr" /> Erri De Luca.</p> La majorité ou l'acceptation d'un conflit sans fin 2019-01-16T21:50:38Z https://ici-et-ailleurs.org/voyons-ou-la-philo-mene/article/la-majorite-ou-l-acceptation#comment19 2019-01-16T21:50:38Z <p>Sur les insuffisances du texte de Philippe Caumières.</p> <p>En réaction au texte de Philippe Caumières, il semble important de soulever quelques remarques et une objection fondamentale. En effet, il est saisissant de constater d'emblée que, si son écrit cite, interprète, paraphrase largement les thèses de Claude Lefort, il manque de produire une analyse critique authentique, qui permettrait d'abord de ne pas donner l'impression d'ensemble que son auteur les épouse sans regard distancé. De sorte que l'honnêteté commande d'indiquer que ce texte, aux accents d'exposé de l'approche politique de Claude Lefort, ressemble essentiellement à une dissertation destinée aux classes de l'enseignement de terminale et à la séduction de ses inspecteurs et jurys de concours.</p> <p>Il est aussi à remarquer qu'il est regrettable que cet écrit se constitue sur une lecture conceptuelle des auteurs convoqués, tels que Kant et Lefort, en dehors du contexte réel et des conditions historiques de production de leurs pensées. Il va de soi que la problématique kantienne de l'opposition entre la notion de majeur et celle de mineur est propre au siècle des Lumières et qu'elle ignore totalement l'enracinement ou l'engluement de la réflexion de Lefort dans un contexte de Guerre froide. Ce qui fait que l'auteur a autant beau jeu de reprocher à Kant de n'avoir pas appréhendé ce que Lefort aurait eu la clairvoyance de percevoir, avec l'avènement des totalitarismes, que mauvais jeu d'oublier, en s'appuyant avec excès sur Lefort, les particularités nouvelles actuelles liées aux structures inédites de notre époque et consécutives à l'écroulement du bloc de l'est, à l'émergence de la mondialisation, au renforcement aujourd'hui de la loi de la marchandisation de toute chose et de toute valeur et à l'apparition des procédures de (sur)-financiarisation de la vie publique, - la sphère publique, que l'auteur nomme après Lefort la « société politique » - étant désormais, à la suite d'opérations d'absorption agressives, presque totalement aux mains de la sphère privée.</p> <p>Il se dégage donc de ce texte le fait que, en se référant à l'ordre symbolique défini par Lefort comme fondement de l'ordre social, indépendamment, entre autre chose, de l'ordre économique et de l'ordre financier qui ne joueraient, selon lui, aucun rôle, l'auteur rate complètement la dimension historique et critique de la situation donnée comme actualité tenace, même s'il semble s'en remettre temporairement ou évasivement à Michel Foucault et à sa philosophie comme « pensée de l'actuel » et « analytique du pouvoir », mais pour mieux pouvoir écarter ensuite celle-ci, d'un geste par trop précipité.</p> <p>D'où il résulte l'absence, tant brillante que dommageable, au sein de cet écrit, d'une notion pourtant fondamentale lorsqu'il s'agit de tenter de penser l'ordre politique d'aujourd'hui. En effet, en mettant le focus comme le fait ce texte, avec un arrière-fond de louages, sur la notion lefortienne de démocratie comme forme d'indétermination, lieu vide de débats et espace conflictuel inappropriable, nulle part n'est alors développée la thématique de la domination qui affecte et compose pourtant indéfectiblement l'ensemble des régimes politiques, fussent-ils démocratiques ou totalitaires. En lieu et place d'une seule interrogation portant sur l'opposition entre majeur et mineur, il eût été souhaitable, pour que le change soit donné à cette prose, de convoquer, dans le même temps, les figures antinomiques et souterraines du maître et de l'esclave, du dominant et du dominé, telles qu'elles s'expriment aujourd'hui avec éclat, de manière variée, dans les différentes instances de la vie politique et sociale. Cela aurait alors peut-être permis à son auteur de relever, en nuançant ou contrariant Lefort, la réalité autrement actuelle de l'appropriation des lieux de parole, manifestée, entre autre chose, par le problème d'une accession égalitaire aux grands médias, caractérisée encore par la rhétorique habituelle entonnée par ceux qui se soucient de préserver avant tout leur pouvoir ou par les programmes délivrés dans les espaces publics comme l'école (cf. sur ce dernier point, les analyses de Pierre Bourdieu), ou consolidée par ceux-là même qui détiennent les commandes institutionnelles de la coercition. S'il est des démocrates qui vantent les mérites de la palabre sans fin (et sans faim, puisqu'ils peuvent se le permettre en ayant leur assiette bien remplie), reste que, dans le même temps, des gens souffrent dans leur chair, manquent quotidiennement du strict nécessaire, sont abandonnés ou muselés sous l'action des rapports de force et de l'écrasement. C'est ainsi que, percevant la nécessité de joindre le geste à la parole et la parole au geste, un ex-ministre de l'Éducation nationale (un ancien patron des enseignants à la tête de l'instruction publique), le nommé Luc Ferry, fort admirateur précisément de Lefort, a pu récemment en appeler à mobiliser l'armée pour renvoyer la plèbe et les gens d'en bas dans leurs banlieues obscures, et réprimer farouchement le mouvement de contestation des Gilets jaunes, sans s'inquiéter de tenir publiquement des propos on ne peut plus haineux, lorsque d'autres sont condamnés pour cela, et pas seulement dans l'ordre symbolique. Et que dire d'un Donald Trump qui, au nom de la sécurisation de l'espace démocratique national, ne répugne pas, au moyen d'une insigne intolérance face au désarroi des migrants, à vouloir faire bâtir, coûte que coûte, une espèce de mur de Berlin à la frontière mexicaine, et qui n'est même pas fâché, dans son art de la détestation d'autrui et à l'aide de ses mimiques d'hostilité, de laisser entendre qu'il se pourrait que le plus grand État démocratique de la planète en vienne à tirer à balles réelles sur les intrus malvenus, de condition inférieure, s'aventurant sur le territoire états-unien exemplairement tout propret ? Il va sans dire que les causes et les conséquences de pareilles options politiques ne sauraient se limiter au seul registre langagier...</p> <p>Enfin, s'il y a tout lieu de se demander dans quelle mesure et en quel sens le recours au qualificatif « dogmatique » est éclairant quand il s'agit de l'associer au régime despotique qui s'institue sous le sceau de la science, il n'en demeure pas moins que cette considération, pour importante qu'elle soit, ne dispense aucunement de conduire une réflexion précise sur le caractère pour le moins dangereusement ou injustement « arbitraire » d'un régime politique adossé au « règne de l'opinion » ou à une liberté de choix fondée sur aucune nécessité logique que celle qui sert des intérêts de groupe.</p> <p>Voici donc quelques références utiles pour rehausser les illustres « Cahiers de Philomène » : les travaux de Michel Foucault sur le pouvoir et ceux qui parcourent ses « Dits et écrits », les textes philosophiques de Karl Marx, et notamment son « Ébauche d'une critique de l'économie politique » (éditions Gallimard, coll. « Folio/Essais », 1994), le livre de Thierry Lodé et Tony Ferri « De la domination. Essai sur les falsifications du pouvoir » (éditions Libre et Solidaire, 2017), la pensée anarchiste de Proudhon et Bakounine.</p> <p>Alexandre Martineauve, correspondant à Raqqa pour le quotidien « Sidération » et à Dubaï pour le journal matinal « Niche Mâtin ».</p> ÉMERGENCE DES EQUIPEMENTS COLLECTIFS. État d'avancement des travaux 2018-12-10T21:22:33Z https://ici-et-ailleurs.org/contributions/politique-et-subjectivation/article/emergence-des-equipements#comment18 2018-12-10T21:22:33Z <p>Good afternoon. A information. This is the first footnote of the book Surveiller et punir :<br class="autobr" /> "1. De toute façon, je ne saurais mesurer par des références ou des citations ce que ce livre doit à G. Deleuze et au travail qu'il fait avec F. Guattari. J'aurais dû également citer aussi à bien des pages le Psychanalysme de R. Castel et dire combien j'étais redevable à P. Nora." (Surveiller et punir, p. 29)</p> Communiqué 2018-12-06T16:12:45Z https://ici-et-ailleurs.org/revue-casus-belli/article/communique#comment17 2018-12-06T16:12:45Z <p>Le comité albanais de Casus Belli se joint aux salutations fraternelles envers les Gilets jaunes du Puy-en-Velay pour leur belle prise, tout en rappelant le combat victorieux de nos camarades de Kukes, Tropoja, Has (Albanie de Nord) et du sud du Kosovo, ces Gilets Jaunes avant la lettre, qui mirent le feu récemment aux guichets destinés à recueillir le péage dans "l'autoroute" construite avec l'argent public, le plus gros ouvrage de corruption gouvernementale du pays :<br class="autobr" /> <a href="https://www.youtube.com/watch?v=HdDGxoeMl5g" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=HdDGxoeMl5g</a><br class="autobr" /> Ce péage aurait achevé d'étrangler les habitant des environs, des ploucs paysans sans valeur, dont la quatre voie en question est la seule voie de communication avec le reste du pays.<br class="autobr" /> <strong>Attention</strong> : les Gilets Jaunes dans l'image ne sont pas ceux qu'on pourrait croire apercevoir au premier abord.</p> ÉMERGENCE DES EQUIPEMENTS COLLECTIFS. État d'avancement des travaux 2018-11-18T11:12:22Z https://ici-et-ailleurs.org/contributions/politique-et-subjectivation/article/emergence-des-equipements#comment16 2018-11-18T11:12:22Z <p>Merci pour cette publication. Afin de compléter votre information, le CERFI a conjointement financé deux programmes de recherche cette année-là (1972-73), l'un sous la direction de Michel Foucault (les équipements du pouvoir) et l'autre sous celle de Gilles Deleuze (les machines de guerre). Chaque équipe était constituée de trois jeunes chercheurs. Les travaux de recherche de l'équipe dirigée par Gilles Deleuze n'ont donné lieu à aucune publication, ils ont sans doute donné matière à l'élaboration par Deleuze & Guattari de leur concept de machine de guerre dans<i> 1000 plateaux</i>.</p> Noyés dans la Méditerranée : aux origines de l'indifférence européenne 2018-11-07T10:33:33Z https://ici-et-ailleurs.org/contributions/migrations-frontieres/article/noyes-dans-la-mediterranee#comment15 2018-11-07T10:33:33Z <p>merci, cher Arnaud, pour ce beau texte qui m'a permis de découvrir le travail de Leogrande.</p> Littérature monde 2018-07-09T17:48:52Z https://ici-et-ailleurs.org/contributions/migrations-frontieres/article/litterature-monde#comment13 2018-07-09T17:48:52Z <p>Voir aussi dans le livre d'Hannah Arendt "La tradition cachée" deux textes sur les réfugiés et sur le Château de Kafka.</p> G - Grand Remplacement 2018-07-05T19:44:55Z https://ici-et-ailleurs.org/revue-casus-belli/article/g-grand-remplacement#comment12 2018-07-05T19:44:55Z <p>Czeslaw Milosz<br class="autobr" /> <strong>Campo dei Fiori</strong><br class="autobr" /> <i>Fragments de l'un des « Poèmes du ghetto de Varsovie » rassemblés et traduits par Irène Kaufer </i></p> <p>À Rome sur le Campo dei Fiori<br class="autobr" /> Corbeilles de citrons et d'olives,<br class="autobr" /> Le sol que le vin fait rougir.<br class="autobr" /> Les forains versent sur les tables<br class="autobr" /> Les roses des fruits de mer ;<br class="autobr" /> De lourdes grappes de raisin<br class="autobr" /> Écrasent les pêches duvetées.<br class="autobr" /> C'est bien ici, sur cette place<br class="autobr" /> Que mourut Giordano Bruno.<br class="autobr" /> Le bourreau éteignit le bûcher<br class="autobr" /> Au cercle des curieux badauds.<br class="autobr" /> À peine disparut la flamme<br class="autobr" /> Que se remplirent les tavernes,<br class="autobr" /> Remirent les porteurs sur leurs têtes<br class="autobr" /> Des paniers de citrons et d'olives.<br class="autobr" /> Je te vis, Campo dei Fiori,<br class="autobr" /> Un printemps à Varsovie.<br class="autobr" /> Près des gaies balançoires<br class="autobr" /> La vive mélodie faisait taire<br class="autobr" /> Les coups de canon au ghetto ;<br class="autobr" /> Très haut s'envolaient les couples,<br class="autobr" /> Jusqu'au milieu du ciel clair…<br class="autobr" /> Le vent des maisons en feu<br class="autobr" /> Levait les robes des jeunes filles<br class="autobr" /> Et riaient les foules insouciantes<br class="autobr" /> Du beau dimanche de Varsovie.<br class="autobr" /> D'aucuns diront peut-être :<br class="autobr" /> Le peuple de Varsovie ou de Rome<br class="autobr" /> Boit, vend, aime et s'amuse<br class="autobr" /> En fuyant les bûchers martyrs…<br class="autobr" /> Moi, je me disais alors<br class="autobr" /> Combien qui périt reste seul<br class="autobr" /> Et qu'au moment où Giordano<br class="autobr" /> Montait au sommet du bûcher<br class="autobr" /> S'était tue la langue humaine…<br class="autobr" /> Mais après des siècles entiers,<br class="autobr" /> Le plus grand des Campi dei Fiori<br class="autobr" /> Verra le bûcher de révolte<br class="autobr" /> Jailli des paroles du poète.</p> <p><i>Une autre traduction de ce poème emblématique</i></p> <p>A Rome au Campo dei Fiori<br class="autobr" /> Paniers d'olives et citrons,<br class="autobr" /> Le pavé est arrosé de vin,<br class="autobr" /> Couvert de débris de fleurs.<br class="autobr" /> A l'étal, les marchands versent<br class="autobr" /> Des fruits de mer roses ;<br class="autobr" /> Des poignées de raisins sombres<br class="autobr" /> Tombent sur le duvet des pêches.<br class="autobr" /> C'est ici, sur cette place,<br class="autobr" /> Qu'on a brûlé Giordano Bruno,<br class="autobr" /> Qu'entouré d'une foule curieuse<br class="autobr" /> Le bourreau alluma la flamme.<br class="autobr" /> A peine fut-elle éteinte<br class="autobr" /> Que les tavernes étaient pleines,<br class="autobr" /> Que les marchands portaient sur leurs têtes<br class="autobr" /> Les paniers d'olives et de citrons.<br class="autobr" /> J'ai repensé au Campo dei Fiori<br class="autobr" /> A Varsovie près d'un manège<br class="autobr" /> Par un beau soir de printemps<br class="autobr" /> Aux sons d'une musique joyeuse.<br class="autobr" /> Venant du ghetto, le bruit des salves<br class="autobr" /> Se perdait dans les rythmes allègres.<br class="autobr" /> Et sur le manège les couples<br class="autobr" /> S'envolaient dans un ciel serein.<br class="autobr" /> Le vent portait les sombres lambeaux<br class="autobr" /> Des maisons incendiées ;<br class="autobr" /> Ceux qui allaient au manège<br class="autobr" /> Touchaient des cendres dans l'air<br class="autobr" /> Et les robes des filles volaient<br class="autobr" /> Au vent des maisons en feu,<br class="autobr" /> Et les gens riaient, heureux,<br class="autobr" /> Ce beau dimanche à Varsovie.<br class="autobr" /> L'un en tirera la morale<br class="autobr" /> Que les gens d'ici ou de Rome<br class="autobr" /> S'affairent, s'amusent et aiment<br class="autobr" /> En passant près des bûchers.<br class="autobr" /> Un autre y lira peut-être<br class="autobr" /> La fuite des choses humaines,<br class="autobr" /> L'oubli qui recouvre les flammes<br class="autobr" /> Avant même qu'elles ne s'éteignent.<br class="autobr" /> Et moi je pensais<br class="autobr" /> A la solitude des victimes,<br class="autobr" /> Au fait que Giordano,<br class="autobr" /> Monté sur le bûcher,<br class="autobr" /> Ne trouva aucun mot<br class="autobr" /> En aucune langue humaine<br class="autobr" /> Pour prendre congé de l'humanité,<br class="autobr" /> Cette humanité qui dure.<br class="autobr" /> Et l'on courait verser le vin,<br class="autobr" /> Vendre de blanches étoiles de mer,<br class="autobr" /> Pendant qu'on portait dans la rumeur joyeuse<br class="autobr" /> Des paniers d'olives et de citrons.<br class="autobr" /> Et lui n'était pas loin, comme<br class="autobr" /> Si les siècles avaient déjà passé,<br class="autobr" /> Tandis qu'ils avaient à peine attendu<br class="autobr" /> Un moment, eux, son envol dans le feu.<br class="autobr" /> Notre langue s'est faite étrangère<br class="autobr" /> Comme d'une planète morte<br class="autobr" /> Pour ceux qui mouraient solitaires<br class="autobr" /> Promptement oubliés du monde.<br class="autobr" /> Enfin tout deviendra légende<br class="autobr" /> Et après bien des années<br class="autobr" /> Sur un nouveau Campo dei Fiori<br class="autobr" /> La révolte s'enflammera au verbe du poète.</p> <p><i>Varsovie, Pâques 1943.<br class="autobr" /> Version française de Frédéric Wandelère<br class="autobr" /> en coopération avec Rolf Fieguth</i></p> <p>Repris du site : "Esprits Nomades" : <a href="http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/milosz-czeslaw/milosz-czeslaw.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/milosz-czeslaw/milosz-czeslaw.html</a></p> G - Grand Remplacement 2018-07-05T19:23:47Z https://ici-et-ailleurs.org/revue-casus-belli/article/g-grand-remplacement#comment11 2018-07-05T19:23:47Z <p>Ma chère cousine, <br class="autobr" /> Chapeau pour ton plaidoyer auquel j'adhère, mais il faudrait que tu le fasses parvenir aux responsables irresponsables ! Sinon, tu ne toucheras qu'une petite partie de Français , déjà convaincus ! Je n'ai jamais voulu faire partie d'un mouvement, je suis libertaire , et j'ai toujours été active , dans l'ombre avec mon ex !Mais je suis horrifiée à l'idée que mes petits enfants vont vivre dans une société gangrénée par de fausses informations, alors que des gens meurent tous les jours dans les pires conditions, en nous racontant de fausses informations, et pire en pratiquant le politique de l'autruche...Comment veux-tu toucher des gens qui se bouchent les oreilles ! Je me mets très en colère parfois , en tenant tête à des pontes (beau -père de Georges).Et en me tirant de sa super maison pour aller camper, et en lui rappelant qu'il avait porter l'uniforme allemand, pendant la guerre.Moi, on ne m'achète pas...Il faudrait créer un journal, de lecture facile , pour toucher les gens, leurs expliquer ce qui les attends , non pas les culpabiliser mais leurs demander de se remuer un peu, pour les plus démunis.Car je t'ai lu, mais combien l'ont-ils fait !!! je suis de tout coeur avec toi, mais combien êtes-vous ? De ma génération, les "vieux" de "68" s'en fichent complètement. Je fais des textes sur Wordpress, et je me suis fait des amis , mais si peu...Je me sens complètement hors normes.Merci de t'exprimer ainsi, et de continuer à lutter pour les migrants.<br class="autobr" /> Bisous <br class="manualbr" />Dan</p> Des gestes de lecteurs : sortir du flou 2018-05-19T12:36:13Z https://ici-et-ailleurs.org/voyons-ou-la-philo-mene/article/des-gestes-de-lecteurs-sortir#comment10 2018-05-19T12:36:13Z <p>Peut-être cette conférence vous éclairera-t-elle sur le sujet ...</p> <p><a href="https://www.youtube.com/channel/UCFFb6Q1N2QbTH8OmZgcMlOQ" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/channel/UCFFb6Q1N2QbTH8OmZgcMlOQ</a></p> La production de l'ignorance. Carnet de bord 2018-05-13T19:08:35Z https://ici-et-ailleurs.org/voyons-ou-la-philo-mene/article/la-production-de-l-ignorance-685#comment9 2018-05-13T19:08:35Z <p>Preuve, s'il en fallait, de l'intérêt croissant pour la thématique de la production de l'ignorance, et preuve aussi, que les questionnement de nos week-ends plébéiens croisent la pointe de l'actualité du monde tel qu'il devient et qu'il dévie, il y a eu récemment un abondante production éditoriale et de publication autour de notre sujet. Je propose, pour les intéressés, et avec la voix, ce cycle de 4 documentaires sur France culture diffusé il y a quelques jours :<br class="autobr" /> <a href="https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/voyage-en-agnotologie-pays-de-la-science-et-de-lignorance-14-quand-les-industriels-nous-enfument" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/voyage-en-agnotologie-pays-de-la-science-et-de-lignorance-14-quand-les-industriels-nous-enfument</a><br class="autobr" /> orgest</p> « Et passez le sang aux seaux d'eau ! » 2017-10-17T06:07:05Z https://ici-et-ailleurs.org/contributions/migrations-frontieres/article/et-passez-le-sang-aux-seaux-d#comment8 2017-10-17T06:07:05Z <p>vous me faites dire que vous êtes le Noam Chomsky français. je ne sais pas qu' est ce que cela provoquerais chez vous. A chaque article mes respects pour vous augmente de beaucoup. Vive votre pensée et votre plum.</p> Manifeste contre la normalisation gay 2017-10-04T07:04:38Z https://ici-et-ailleurs.org/parutions/article/manifeste-contre-la#comment6 2017-10-04T07:04:38Z <p>Dans tous les cas, l'instrumentalisation de l'homosexualité dans des discours assertifs, qu'ils soient politiques ou religieux, mondialistes ou anti mondialistes est pénible.<br class="autobr" /> Que les hétéros qui excluent absolument pour eux mêmes le mariage à fins tactiques jettent la première pierre aux homos qui veulent pouvoir en faire autant.<br class="autobr" /> Que les anthropologues etles amis des indigènes qui dénoncent l'appauvrissement des formes de vie liées au modèle mondial LGTB s'emploient à faire sortir de l'ombre l'homosexualité dans les sociétés sans Etat ni banques ! <br class="autobr" /> Je garde à ce sujet un souvenir cuisant d'une conversation avec un anthropologue d'extrême gauche qui ne supportait pas que Malaurie ait mis à jour l'homosexualité de chamanes inuits !<br class="autobr" /> Si d'ailleurs le mariage est un cache sexe qui permet à l'ordre social de supporter la subversion passionnelle, l'interrogation de nouvelles normes doit elle laisser de coté la question de l'"amour liquide" même sous l'appelation de "polyamour" ou "camaraderie sexuelle" comme forme de consumérisme également mondialisée ?</p> Le mariage par tirage au sort, une alternative à la tyrannie des fatalités sociales 2017-08-21T00:07:20Z https://ici-et-ailleurs.org/contributions/politique-et-subjectivation/article/le-mariage-par-tirage-au-sort#comment5 2017-08-21T00:07:20Z <p>Cette proposition remplit bien le cahier des charges de toute "expérience de pensée" digne de ce nom : élaborer une fiction, même hautement improbable - ce qui n'est pas tout à fait le cas ici - à travers laquelle il devient possible d'entrapercevoir un fragment de réel qui, sans cette fiction, serait demeuré hors du champ de vision habituel. Preuve supplémentaire, s'il en fallait une, qu'un « récit » inventé de toutes pièces peut être opérateur de vérité.<br class="autobr" /> Mais pourquoi diable, en l'occurrence, s'arrêter en si bon chemin ? Le mariage par tirage au sort comme échappatoire à l'enfermement délétère dans sa propre sphère d'intérêts sociaux et économiques, puis de genre, avec l'extension suggérée par le second auteur - tout cela est bel et bon... Mais que faites-vous des barrières dressées entre les espèces ? Pourquoi limiter cette procédure stochastique à la seule cohabitation des humains alors que ces derniers partagent déjà amplement leurs existences avec d'autres formes de vie, mais avec lesquelles ils entretiennent des relations dissymétriques et de possession éthiquement peu justifiables ? Alors que si nous pouvions convoler en justes noces avec un-e chien-ne, un-e chat-te, ou un poisson rouge, selon les caprices du sort, cela changerait beaucoup de choses !</p>