mardi, 30 mai 2017|

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Le parasite en art et en politique, Séminaire de master sous la direction d’ A. Brossat et J.L. Déotte

« Un mardi par mois de 10 à 13h à la MSH Paris Nord »

Si l’on croit encore à la possibilité de l’événement en art comme en politique ou dans les sciences humaines, alors il faut parasiter. Parasiter, c’est ruser, car il s’agit bien d’une ruse qui consiste à donner le change. On fait mine d’accepte le cadre. Il n’est pas question de grands gestes de refus. Il ne s’agit pas de subversion. Comme le rappelle M.Serres dans Le Parasite (1997), le code génétique du parasite biologique devient compatible avec celui de l’organisme-hôte. Sinon les anti-corps de l’hôte veillent, et c’est la destruction. Cette association peut perdurer parce qu’elle est profitable aux deux organismes : c’est la formule du clientélisme romain. L’un trouve protection et nourriture, l’autre la reconnaissance sociale et politique. L’événement dans l’évolution surgit quand l’organisme-hôte s’adapte à son tour au code génétique du parasite et que surgit une structure totalement inattendue. Il faut préciser cette relation entre l’hôte et le parasite en dehors de la sphère biologique. Un bon parasite imite son hôte. C’est massivement le cas dans la sphère de l’éducation. Un bon étudiant est un parasite qui ne doit pas dévoiler trop tôt ses batteries, c’est-à-dire sa singularité, parce que l’institution veille.

Si maintenant on replace ces analyses dans le contexte des rapports entre industries culturelles et production artistique artisanale, depuis l’Ecole de Francfort et son ancêtre Kracauer, on a l’habitude d’entendre dire que les premières aliènent la seconde. En fait, si les industries culturelles se renouvellent en absorbant les nouveaux talents, ces derniers doivent considérer la culture au sens le plus large comme un terreau fertile. Toute l’oeuvre de Buren en témoigne, des proclamations incendiaires, anti-muséales des années 60 jusqu’au Double Plateau du Palais Royal, où les socles des statues devinrent des monolithes structurant la cour du Ministère de la Culture. On ne parlera pas de récupération. Car il y a du risque de chaque côté, voire du défi . Tartuffe s’installant dans une famille et c’est la ruine assurée. Mais encore fallait-il l’accueil favorable du maître de maison pour que la séduction de l’hypocrite puisse l’emporter. Le philosophe du Neveu de Rameau ne reste pas indemne d’une telle fréquentation : qui est cynique ?

Cela doit nous préparer à considérer qu’un artiste, à l’imitation de Descartes, ne peut monter sur la scène du monde sans être masqué. Mais il n’est pas le seul. C’est le cas aujourd’hui du philosophe qui ne peut survivre qu’appareillé du masque du chercheur en sciences humaines. Il y a des activités qu’on ne peut mener que masqué, le rapport au masque n’étant pas superficiel mais substantiel. La philosophie naissante avait besoin de la Cité politique pour se développer et trouver des adeptes, il lui fallait la possibilité des débats, des confrontations, du polémos, mais était-elle pour autant essentiellement politique ? Arendt ne le pense pas. Elle ajoute que la philosophie parce qu’elle était une théorie politique a plutôt contribué à étouffer la politique comme action. Autre temps, autre situation : comment continuer de philosopher alors que l’Université est chrétienne et que règne la théologie ? En adaptant Aristote à la problématique du dogme, comme le fit Saint Thomas, mais la philosophie, en elle-même ne relève pas de la foi, son rapport au livre n’est pas celui de la Révélation (Léo Strauss). Dans son dernier texte, Les thèses sur la philosophie de l’histoire, Benjamin qui a beaucoup payé de son oeuvre pour paraître marxiste, introduit un dernier parasite : la théologie. Et comme la théologie n’a alors que cette fonction, on n’en saura pas plus.

Pour le philosophe, il y aura toujours des interstices où faire passer une activité pensante non-politique, non-théologique, non-scientifique, non-artistique, non-humaniste, une sorte de nihilisme actif en somme ? «  Séances : les mardis matin de 10 à 13h : 16/XI, 30/XI, 7/XII, 11/I/2011, 15/II, 2/III, 22/III, 5/IV Lieu : MSH Paris Nord, salle C »

 
A propos de Ici et ailleurs
Il s’agirait moins de magnifier la diversité culturelle, d’exalter l’interculturalité, voire de s’émerveiller du métissage culturel en cours dans le contexte de la globalisation que de se poser, sur un mode moins béat, cette simple question : pourquoi est-il si difficile de s’entendre, pourquoi (...)
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