L’autre jour, en sortant de la piscine, j’avise mon pote Ali sur le trottoir d’en face. Je lui fais signe, il s’apprête à traverser et je vois tout de suite qu’il y a quelque chose qui cloche. Il a bien son masque scotché sur le nez et qui descend jusqu’au bas du menton, réglementaire – mais ça ne fait pas le compte... – Dis donc, Ali, mon ami, je lui fais, t’es quand même un peu gonflé de sortir comme ça, sans ton croissant vert... – Mets une sourdine, qu’il me fait à son tour, jetant un (…)
Association pour une Philosophie Nomade
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Le croissant vert
30 octobre 2020, par Karolina Fuks -
Mort pour rien
21 octobre 2020, par Sylvie ParquetAvoir affaire à des juges est d’un grand danger aujourd’hui. Le procès de Farid Ikken condamné par une juridiction spéciale en est un exemple des plus frappants. Voir l’article d’Alain Brossat : https://ici-et-ailleurs.org/contributions/actualite/article/l-accuse-ne-regardait-pas-ses
Pour autant, ce qui vient d’arriver à l‘assassin du professeur d’histoire, assassinat des plus immondes s’il en est, donne à penser sur l’état de notre société. Quelle qu’aurait été la juridiction devant (…) -
Les temps funestes : censure, exclusion, stigmatisation
21 octobre 2020, par Sophie TreganD’abord il y a eu la sidération, la tristesse et l’incompréhension face à la mort d’un professeur tué par un extrémiste - soi-disant - au nom de l’islam. Déséquilibré sociopathe qui n’avait certainement pas lu le verset 32 de la sourate 5 : « Celui qui a tué un homme qui lui-même n’a pas tué, ou qui n’a pas commis des violences sur terre, est considéré comme s’il avait tué tous les hommes ; et celui qui sauve un seul homme est considéré comme s’il avait sauvé tous les hommes. » Puis (…)
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L’accusé ne regardait pas ses chaussures
18 octobre 2020, par Alain BrossatOn a pu s’étonner, au fort de la première vague des manifestations des Gilets jaunes, du parti pris ouvertement manifesté par la presse de référence en faveur de la répression (mémorables éditoriaux du Monde...) et parler à ce propos de violences médiatiques, moins visiblement contondantes que les violences policières – mais pas moins révoltantes pour autant. La chose étrange est la radicale absence, sur la palette des formes de violence(s) qui peuplent densément l’actualité aujourd’hui (…)
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Grand espace et guerre froide – un voyage en compagnie de l’infréquentable Carl Schmitt au pays de l’impérialisme universaliste
14 octobre 2020, par Alain BrossatLe concept de "grand espace" (Grossraum) dans la philosophie du droit de Carl Schmitt et son écho dans le présent en Asie orientale
Lorsque Carl Schmitt écrit son essai consacré à la notion de "grand espace" (Grossraum) au printemps 1939, il entend manifestement mettre son talent et sa compétence de juriste au service des visées expansionnistes du Führer, en Europe de l’Est tout particulièrement, ceci quelques mois seulement avant l’invasion de la Pologne par la Wehrmacht. La notion de (…) -
Ode à Octave Mirbeau. Du "Concombre fugitif" à Dingo, son chien
6 octobre 2020, par Catherine PinguetNombreux ont été les combats d’Octave Mirbeau (que le correcteur automatique d’orthographe, à désactiver sur le champ, s’obstine à orthographier Mirabeau), pamphlétaire, polémiste redoutable et redouté, écrivain, dramaturge, critique d’art, très célèbre en son temps et qui s’est pourtant vu reléguer aux oubliettes, peu après sa mort, en 1917. Il faut dire que nombreux (ceux qu’il n’avait cessé d’éreinter) avaient à y gagner, a fortiori en pleine guerre. Il faut aussi préciser que des (…)
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Atelier de philosophie plébéienne - ÉcologieS : changer de monde pour le sauver ?
5 octobre 2020Gîte Le Closet Fertans (17-19 gde rue, 25330) Samedi 17 octobre 2020 À la salle des fêtes de Fertans (gde rue) Jauge à 30 en raison de la crise sanitaire
Atelier... cela veut dire un essai d’abandon de l’autorité du maître et de la posture d’élève au profit d’une tentative de production en commun.
Centre de Réflexion et de Documentation sur les Philosophies Plébéiennes de l’association « Voyons où la philo mène... »
Un spectre hante le monde : celui d’un monde fini, fourbu, foutu. (…) -
Le « style tardif » de la biopolitique
26 septembre 2020, par Alain BrossatDans ce pays, comme, je l’imagine, dans beaucoup d’autres, s’est improvisée au cours des mois où la pandémie covidienne s’est trouvée hors contrôle (mars, avril, mai, en gros), une sorte de médecine de catastrophe, une médecine de guerre dont l’apparition pourrait bien constituer un tournant affectant, en ce Nord global, les conditions générales de ce que Foucault appelle le gouvernement des vivants. Le geste premier de cette médecine placée sous le régime non pas seulement de l’urgence mais (…)
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Confession et récit romanesque chez Proust
21 septembre 2020, par Mehmet AydinPosons la question d’emblée. Le style d’écriture de Marcel Proust ne comporte-t-il pas en lui l’autobiographie, l’aveu et la confession à la fois ? Car dès qu’il est question de Proust, il y a cette hypothèse qu’il a voulu imiter et prendre pour modèle les Confessions de Rousseau. Depuis la publication de A la recherche du temps perdu, l’intertextualité entre l’œuvre de Marcel Proust et de Jean-Jacques Rousseau est en débat. Il y a chez Proust, un certain paradoxe du « Je », comme s’il (…)
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Vient de paraître - Saul Bass. Cinéma et écologie
19 septembre 2020, par Joachim DupuisEn 1968, avec des réalisateurs comme George Romero ou Stanley Kubrick, le cinéma intègre l’idée que l’humain peut et doit changer. Le « changement » est un prétexte pour faire réfléchir le spectateur sur la place qu’il occupe dans la société ou dans l’univers. Dans la continuité, Saul Bass, graphiste surdoué, sort en 1974, en collaboration avec Mayo Simon, son unique long métrage : Phase IV. Suite à un événement cosmique (solaire), des fourmis deviennent plus intelligentes, plus sociales (…)
Ici et ailleurs